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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Shining (Stanley Kubrick)

Publié par copa738 sur 15 Janvier 2011, 20:55pm

Catégories : #Films (Horreur)

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Synopsis : Jack Torrance, gardien d'un hôtel fermé l'hiver, sa femme et son fils Danny s'apprêtent à vivre de longs mois de solitude. Danny, qui possède un don de médium, le "Shining", est effrayé à l'idée d'habiter ce lieu, théâtre marqué par de terribles évènements passés...

Comme si Kubrick avait voulu, dans son film, nous faire basculer dans un autre monde. Comme si toute logique avait disparue, laissant place au néant, à l'abstrait. Comme si la vie et la mort ne faisait plus qu'un dans ce monde où le rationnel occupe une place bien trop importante. Comme si la fantastique avait pris le dessus devant les religions et tout ce qui est en mesure ''d'expliquer les choses dans le monde'' depuis la nuit des temps. Comme si Shining était le ''chaînon manquant'' du cinéma d'horreur, et du septième art tout court. Comme si ce chef d'œuvre était impérissable et qu'il fera encore passer des nuits blanches pendant des générations de cinéphiles avides de sensations fortes. Ou comment prouver par A+B que ce chef d'œuvre est tout simplement le meilleur film d'épouvante de tous les temps et que les scenarii de Inception, Shutter Island et Matrix font légèrement peine à voir devant l'histoire la plus folle et la plus dérangeant qui soit, j'ai nommé celle de Shining.

Comment faire pour qu'un film d'horreur ne dérange pas tant que ça au début (on notera qu'il fut particulièrement hué lors de sa sortie parce que le public n'avais pas assez ''frissonné'') pour qu'il fascine 30 ans après sa sortie ? Stanley Kubrick l'a tout de suite compris. Il fallait marier une quantité indéchiffrable d'éléments horrifiques qui ne se remarquent pas qu'à la première vision. Voilà pourquoi il est important (''indispensable'' serait plus approprié) de voire, revoir, re-re-revoir ce chef d'œuvre du septième art, pour comprendre ses pensées, ses ambitions, ce qu'il veut expliquer. Le problème, c'est qu'il n'y a pas d'explications. Au diable les films où tout est concret de la première à la dernière seconde. Au diable ces films d'épouvantes peu réfléchis qui balancent du gore et de la musique qui fout les boules à tour de bras pour te faire sursauter à des moments ô combien prévisibles. Shining est imprévisible, indéfinissable. Tellement abstrait que ça finirai par t'énerver. On ne comprends rien de ce qu'il se passe, on subit quasiment tout le film sans avoir le temps de respirer, ou de s'interroger. Dans une paralysie presque totale, Kubrick nous emmène dans les limites du supportable : une femme dans une baignoire, une chambre maudite, des fantômes que seul Jack peut voir, le fameux don du ''Shining'', une mère terrifiée et un père qui devient fou. Des ingrédients qui peuvent paraître d'une banalité déconcertante, surtout dans une histoire de fantômes. Mais là où le spectateur fait sa plus grosse erreur, c'est lorsqu'il se laisse croire que Shining est un film de spectres où le fantastique tient une part bien importante que l'on croit.

Nous essayons toujours de trouver une solution, une explication à quelque chose, mais le metteur en scène parvient à nous faire douter, et surtout à brouiller les pistes. Jamais on avait pu voir un scénario d'une telle complexité, jamais il nous est possible de s'attarder sur des explications sans queue ni tête. Inutile également d'essayer de faire un lien avec le livre de Stephen King qui laissait une place trop conséquente à l'irrationnel alors que le film de Kubrick joue sans cesse avec le vrai et le faux. Mais est-ce que tout cela aurait été possible sans la superbe interprétation d'un Jack Nicholson sensationnel, froid et possédé ? La position de ses yeux, sa coiffure, son sourire et l'expression de son visage mènent l'acteur au sommet de son art, dans une performance digne de celle d'Anthony Perkins de Psychose. En poussant Shelley Duvall à la crise de nerf, Kubrick parvient à faire des cris et des pleures de l'actrice un véritable supplice pour un public qui subit déjà les multiples assauts de la folie de Nicholson, jusqu'aux ambiguïtés du scénario. Et que dire de Danny Lloyd, ce jeune enfant choisir parmi des milliers qui semble pétrifié par les lieux.

Ce qui est saisissant dans Shining, c'est la façon de faire du figuratif avec une pensée abstraite. Le réalisateur qui n'a jamais voulut expliquer le véritable sens à son œuvre en connaissait-il plus que nous, simples mortels qui nous acharnons, en bons cinéphiles de se lancer dans la recherche (désespérée) de trouver des solutions plausibles à cette foutue histoire qui nous fait vieillir plus vite qu'on ne devrait ? Dans une version longue (sortie en Europe depuis peu) où quelques zones d'ombres sont éclaircies, les spectateurs râlent et trouvent parfaitement idiot de vouloir trouver une explication à Shining. Alors que veut finalement le public ? Se faire sa propre idée sur ce qui peut-être une opinion parmi des centaines possibles sur une histoire tordue ? Ou alors savoir à tout prix la vérité, sans vraiment savoir s'il y en a une ? Quoi qu'il en soit, le meilleur film du maître Stanley continuera de faire trembler, se questionner, paniquer, pétrifier, paralyser les cinéphiles sur des dizaines de générations. Et ce n'est pas pour rien que Shining repose au panthéon du cinéma mondial. Kubrick n'a vraiment pas à rougir, ou à se retourner dans sa tombe. Puisque le génie visuel trop vite partit a donné avec ce film de 1980 une véritable leçon de cinéma à tous les cinéastes de ce pays, d'hier, d'aujourd'hui et de demain. Mais il a aussi infligé une véritable claque à des millions de spectateurs qui ne peuvent que s'agenouiller devant ce sublime exploit cinématographique, j'ai nommé Shining.

En résumé, souvent considéré comme le meilleur film d'horreur de tous les temps, Shining nous plonge au cœurs d'un traquenard terrifiant dans lequel on ne peut sortir indemne, même si on ne tremble pas tout le temps, même si le tempo est lent et que le film prend du temps avant de trouver le chemin de la peur, on reste bouche-bée devant ce chef d'œuvre du cinéma d'horreur qui sera toujours sous-estimé.

5 e¦ütoiles 

 

Commenter cet article

Chris 16/01/2011 22:26

C'est amusant je cite Shining dans mon article sur Black swan, je trouve qu'il y a des points communs entre les deux films...

Casino en Ligne 13/12/2010 13:16

Coucou, jsuis atterie par hasard vers ton site a l'occasion d une visite au sein de google. J'vais aller voir rapidement tes différents posts, merci pour ton interessant travail. Bonne journée ! Gabrielle

bond123 18/07/2010 11:04

Comme toujours, Stanley Kubrick nous offrait ici un film parfait!
Certain lui reproche de ne pas être fidèle au livre de King perso je trouve que c'est une bonne chose (le livre m'ayant pas mal déçut contrairement à beaucoup)
Le film de Kubrick est une vraie merveille!
Une oeuvre magistral !

jean-michelsalgon 17/01/2010 12:31

Très bon film,Shining est une oeuvre impressionnante,angoissante.Kubrick redéfinie avec brio un genre formaté.Sans oublier,l'interprétation halluciné et imposante de Jack Nicholson dans son plus grand rôle.

Kubrickconnection 20/12/2009 11:48

KubrickconnectionC'est vrai que tu a d'excellent goùt.
Mais mon Stanley Kubrick préféré a toutjours été "2001".
"Shining" est tout de même absolument génial !!

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