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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Signature

Publié par copa738 sur 8 Juin 2011, 17:27pm

Catégories : #Séries

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Avec un pitch alléchant, une bonne distribution et un format allégé (seulement 6 épisodes), on n'attendait pas des miracles avec Signature, mais tout de même un niveau assez élevé. En y réfléchissant bien, on pourra retrouver des similitudes flagrantes avec Dexterdans Signature. Pour ne citer que quelques exemples de coïncidences troublantes entre les deux séries, il y a d'abord des parallèles entre deux extrêmes : Dexter Morgan vit à Miami, le summum de l'urbanisation et de la pollution ; de l'autre côté, Toman vit sur l'île de la Réunion, paradis exotique rural, à l'abri de tous regards et dominé par un silence de cathédrale. Ensuite, on a un Dexter qui tue méthodiquement (aucun indice laissé derrière lui, étude de sa future victime, procédure du meurtre, etc), puis un Toman qui y va au talent (n'hésitant pas à tuer à mains nues, laissant son instinct dominer). Après, il y a de nombreuses similitudes : Justin, le détective habillé quotidiennement de chemises hawaïennes est la copie conforme d'Angel Batista ; les deux tueurs, Dexter et Toman suivent un ''code'' (le premier tue les meurtriers, l'autre assassine ceux qui s'en prennent aux enfants) et ils ont tous les deux assistés à la mort de leurs parents étant petits. Mais ça ne s'arrête pas là : il y a aussi ce parallèle frère-caché pour Dexter, puis père-caché pour Toman, sans oublier le fait que, au cours des épisodes, les cadavres laissés par les deux assassins (Dex dans des sacs-poubelle en plein large, Tom enterrés dans une grotte) ont été retrouvés par la police. Dans la saison 2 de Dexter, ce dernier avait enfermé son collègue James Doakes dans une cage, Toman fera de même avec le petit copain de sa voisine. Et enfin, il faudrait être aveugle pour ne pas avoir remarqué un lieu matériel qui unit les deux personnes : en effet, Toman est marin-pêcheur (on le voit souvent sur sa barque) et Dexter passe beaucoup de temps sur son bateau (sorties pour se détendre, dissimulation de preuve, parties de pêche, …). La mini-série événement se présentait donc face à la meilleure de tous les temps, soit en voulant retrouver les ingrédients miracle de la série de Showtime, soit en guise de pastiche. Ce qui est sûr, c'est que la barre était placée très haute dès le début.

Après deux premiers épisodes assez mous du genou, la série prend vite une ampleur dramatique insurmontable. Le rythme s'accélère, le suspense grandit à chaque seconde, et les personnages sont de plus en plus attachants. Chaque choix faits par Toman agit sur nous. La tournure des évènements nous fait ressentir les choses, et nous fait basculer dans un autre monde. En oubliant tout ce que l'on savait sur les meurtriers, les scénaristes provoquent la même sensation qu'on avait pu avoir avec Dexter, c'est à dire : même s'il est mauvais, même si ses choix ne sont pas les bons et qu'il a un mauvais fond, le personnage principal nous a tapé dans l'œil, et chaque moment où il souffre, échappe à la mort ou découvre des choses, est un pur supplice pour les nerfs. En emboitant une bonne quantité de sous-intrigues entre elles, les scénaristes font encore une belle opération. Car chaque zone d'ombre doit être éclairée, et vu le nombre incalculable de mystère qui plane sur cette série, chaque rebondissement est un pur moment de joie, même si cela enfonce encore plus Signature dans le domaine de l'indescriptible.

On aime ou on aime pas. Mais quand une série marie à peu près tous les bons ingrédients (décors, personnages provocant de l'empathie, suspense, violence, bonne réalisation, scénario parfaitement mis en place, rythme entrainant, etc) et parvient à loger une intrigue aussi complexe en 6 épisodes de 50 minutes, on ne peut qu'éprouver de l'admiration pour toutes les personnes qui se trouvent derrière le projet (mention spéciale à Sami Bouajila, qui campe son personnage comme personne ne l'a jamais fait auparavant). Car ils ont fait preuve de maitrise, et n'ont pas hésité à rendre la tâche difficile aux spectateurs (d'ailleurs, la fin du dernier épisode nous montre la facilité des scénaristes à se ''jouer de nous'' : le générique de début raconte directement ce qui se passe à la fin), tout en maintenant le cap, avec, en plus du suspense, de l'amour, de la tendresse, du drame et une légère pointe d'humour. C'est donc avec les honneurs qu'on repart de ce fabuleux périple, les mains encore humides, avec cette sensation à la fois moite et chaude en nous. Sans toucher les étoiles comme Dexter peut le faire, Signature marque merveilleusement une nouvelle aire dans le monde de la série française. Car, malgré la concurrence américaine, le pays des droits de l'homme peut encore faire rêver, autrement qu'avec des soaps et autres feuilletons réalistes. Et tout ceci est très encourageant pour la suite : merci France 2.

4 e¦ütoiles 

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