Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Splice (Vincenzo Natali)

Publié le 2 Juillet 2010, 11:35am

Catégories : #Films (Fantastique)

 

Synopsis : Clive et Elsa sont des superstars de la science : ils ont réussi à combiner l’ADN de différentes espèces animales pour obtenir de fantastiques hybrides. Ils sont amoureux l’un de l’autre autant que de leur travail et veulent à présent passer à l’étape suivante : fusionner de l’ADN animal et de l’ADN humain. Lorsque le laboratoire pharmaceutique qui les finance refuse de les soutenir, Clive et Elsa décident de poursuivre leurs expériences en secret. Ils créent Dren, une créature étonnante dont la croissance rapide la fait devenir adulte en quelques mois. Alors qu’ils redoublent d’efforts pour préserver leur secret, leur intérêt scientifique pour Dren se mue peu à peu en attachement. Dren finira par dépasser les rêves les plus fous du couple… et leurs pires cauchemars.

On a connu Vincenzo Natali pour ces films oppressants aux cadres symétriques et artificiels. Lui qui a toujours dit que sa passion pour le cinéma est née le jour où il a vu La Guerre des Étoiles pour la première fois. Lui qui est connu pour ses films aux couleurs sombres et teintées. Lui qui réalisa en 2010 un film étrange du nom de Splice, une œuvre de SF particulièrement flippant.

Personnellement, je ne sais pas qui est cet abrutit qui a fait la bande annonce de Splice mais elle est tout sauf alléchante. On a l'impression de voir toutes les images du film mais sans comprendre ce qui se passe. Ainsi, pendant tout la durée de Splice au cinéma, on est déjà prévenu de quelques scènes d'anthologie d'horreur. Après avoir vu cette BA ratée, je ne pouvais qu'appréhender pendant le générique de début. D'ailleurs, parlons-en du générique de début. C'est ça qui donne envie de voir le film. C'est une sorte d'exploration corporelle (de l'intérieur) d'une des bêtes transgéniques de ce laboratoire malfaisant. On explore ses entrailles, et les noms des acteurs s'affichent sur les parois internes sous formes d'artères recomposées. Mmmm, rien que ça nous donne envie d'aller plus loin dans l'horreur. Évènement de cet été, Splice doit s'apprécier comme un film fantastique où l'horreur vient progressivement. Commençant son film en montrant ces deux créatures (Fred et Ginger), deux limaces potelées sans queues ni tête, particulièrement dégoutantes et répugnantes, Natali enlise déjà son public dans ce milieu étrange de la science. C'est ça la création de nos deux chers protagonistes. Mais comme il faut que l'histoire soit plus palpitante encore, la fille décide d'en faire une autre clandestinement avec de l'ADN humain. Y en a qui ont des idées, je vous jure ! Et c'est parti pour de péripéties surréalistes avec un monstre qui se développe trop vite. Elsa doit le sortir de son fœtus, horreur, elle se fait bouffer la main. Pas de panique, Clive arrive en sauveur. Et une piqûre dans la cuisse et elle est sauvée. Il est pas censée être vachement venimeux ce mutant ? Bon maintenant que je vous ai parlé de ce petit effet anachronique (voir burlesque) de début de film je vais pouvoir faire la synthèse complète du film.

Dans le fond, Splice est finalement un subtil et maladroit mélange des genres (on passe de la SF au drame des mœurs familiaux, pour enfin finir sur une touche d'épouvante). Après tout, moi ça ne me dérange pas de varier les styles dans un seul film, mais soit on s'y investit, soit on laisse tomber. Parce que ce mélange s'enchaine trop (ou pas assez) brutalement. La croissance morale et physique de Dren est éclipsée en seulement quelques scènes explicatives qui préfèrent démontrer les histoires de couple de nos deux chimistes. Interprétée par Delphine Chanéac, cette mutante fantasmagorique en devient attachante par moment mais repoussante la plupart du temps. Que je regrette que Natali ai fait l'impasse sur l'évolution du «bébé», on aurait pu au moins s'attacher à elle pour être encore plus dégouté du final (à glacer le sang). Enfin, si on lui met une très longue robe qui dissimule ses affreuses jambes courbées et qu'on lui pause une perruque sur son crâne luisant, Dren en devient une femme tout à fait charmante. Et c'est sur cette ressemblance physique avec l'humain que le réalisateur joue pour accentuer le côté dramatique du couple. Elsa ne veut pas avoir la haute responsabilité de porter un enfant. C'est pour ça qu'elle est un peu à froid avec Clive (qui veut absolument en avoir un). Alors, pour combler ce manque, elle prend Dren pour sa fille. Bons nombres de dialogues, de répliques, de gestes le prouve. C'est à la fois inquiétant et flippant. Car comme une bonne mère qui élève sa fille, dès que son enfant fait une bêtise elle se voit dans l'obligation de la punir. Mais comment un monstre quasi-incontrôlable peut réagir à une baffe ?

Réalisé en plein hiver, Splice est filmé avec des couleurs sombres et froides qui nous préparent au final époustouflant dans une forêt sombre et menaçante tapissée d'une neige immaculée. L'horreur ne se déclare qu'en fin de film même s'il est présent dans quelques scènes de début.

Si Natali prend son temps pour nous dévoiler le fin-fond de son histoire, la lenteur du film contribue largement au bon déroulement du suspense. Évoquant les relations hommes-mutants tel un Frankenstein moderne, accentuant la psychologie du monstre tel un La Mouche stylisé, et développant toutes les facettes répugnantes et agressives du spécimen tel un Alien terrestre, le réalisateur donne à Splice un cocktail stupéfiant de plusieurs films du genre. Seulement, la morale de l'histoire n'est pas aussi flagrante qu'on puisse l'espérer et le message métaphorique n'est pas très clair. Cependant, le divertissement est là, pas une seconde je ne me suis ennuyé et j'avoue avoir eu plusieurs fois la chair de poule. Donnant à Dren des allures d'un Voldemort charmant ou d'un Gollum efféminé, Natali orchestre son film grâce à des effets visuels remarquables et donne naissance à l'un des monstres les plus fascinants de l'histoire du cinéma sans oublier de nous faire voir à l'écran quelques scènes perverses et particulièrement dérangeantes.

En résumé, un petit mélange fouillis de plusieurs genres horrifiques et esthétiques tout cela fait avec le plus grand soin, le suspense est maintenu jusqu'à un final haletant mais qui laisse cependant une petite impression d'inachevée pour ce film malsain et oppressant.

Ma note : 7/10



Commenter cet article

Corsu61 03/07/2010 22:39

Je découvre ton blog après ton petit mot sympa sur celui de palilia et je dois dire qu'il s'agit pour moi d'une très agréable surprise. Ton style est précis, amusant, jamais ennuyeux et l'on dévore ta prose avec plaisir. Je reviendrai souvent te lire et disséquer ce blog qui m'a l'air particulièrement intéressant. Félicitations !

MillionDollrasBaby 03/07/2010 10:58

Ah tu l'as vu ! J'espère aller le voir bientôt, il me tente vraiment !

Nous sommes sociaux !