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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Toy Story 3 (Lee Unkrich)

Publié le 16 Juillet 2010, 08:42am

Catégories : #Films (Animation)

 

Synopsis : Les créateurs des très populaires films Toy Story ouvrent à nouveau le coffre à jouets et invitent les spectateurs à retrouver le monde délicieusement magique de Woody et Buzz au moment où Andy s'apprête à partir pour l'université. Délaissée, la plus célèbre bande de jouets se retrouve... à la crèche ! Les bambins déchaînés et leurs petits doigts capables de tout arracher sont une vraie menace pour nos amis ! Il devient urgent d'échafauder un plan pour leur échapper au plus vite. Quelques nouveaux venus vont se joindre à la Grande évasion, dont l'éternel séducteur et célibataire Ken, compagnon de Barbie, un hérisson comédien nommé Larosse, et un ours rose parfumé à la fraise appelé Lotso.

On en parlait comme de l'évènement de l'année. On disait que ce dernier bijou d'animation des studios Pixar allait littéralement écraser la concurrence. Balayant ainsi la Dreamworks et son Shrek périmé. Tranchant la gorge des studios Disney avec leurs banals dessins à la main. Donnant un bon coup de vieux à un Miyazaki qui souffre de l'apparition prodigieuse des images de synthèses. Toy Story 3 sonne comme un renouveau dans l'ère de l'animation. Une gigantesque bouffée d'air frais qui va à son tour contaminé le monde entier (si ce n'est pas déjà fait). Déjà fan des deux premiers volets de la saga d'animation la plus populaire et la plus réussite de tous les temps, j'ai trouvé ce troisième volet d'une technique remarquable et au trouvailles toujours aussi jouissives. Que dire de plus si ce n'est que Pixar ne font plus un seul faux-pas depuis des années ?

On assiste pour commencer à une énième tentative des jouets pour qu'Andy (leur maître chéri), âgé maintenant de 17 ans joue avec eux. Je ne vous apprends rien si je vous dit qu'elle échoue lamentablement. Les murs de la chambre du grand garçon (autrefois tapissés de posters de Buzz l'éclair et de Woody) sont maintenant remplis d'affiches de voitures de sports et autres images dont les adolescents sont friands. Il est temps de jeter les voiles, ce monde n'est plus à nous, une autre vie nous attends. Certains de la bande l'ont déjà faits de leur plein gré (la regrettée Bergère, ainsi que le tableau de bord et le charismatique Siffly), il est temps pour nous de trouver un nouveau foyer. Pour un de la troupe, il n'en est pas question : Woody décidément très (trop ?) attaché à Andy (il est d'ailleurs le seul jouet que le futur adulte a décidé d'emmener avec lui à l'université) veut que toute la bande reste aux côtés d'Andy (enfin, dans le grenier). On jurerai entendre des membres d'une secte : si il a dit ça, alors c'est de notre devoir de le faire. Mais il a raison, c'est Andy qui les a aimé, ils doivent lui rendre la pareil en faisant ce que leur maître pense être bien pour eux.

Après un monstrueux quiproquo, ils se retrouvent tous à la crèche (Woody les accompagne, toujours aussi solidaire celui-là). Ils sont chaleureusement accueillis mais vont vite subir le complot d'un ours Lotso dont les apparences sont trompeuses. A partir de ce moment-là, le film devient irrésistible. Gags burlesques et hilarants viennent s'ajouter à de sublimes blagues ludiques et subtiles. On retrouve comme toujours le sarcasme délicieux de Mr Patate, les calembours de Bayonne, le naïveté de Rex, les yeux doux de Pil-Poil ainsi que les autres protagonistes qui excellent dans leur rôle. Contrairement à Shrek, Toy Story 3 permet (en l'espace de trois épisodes) de se familiarisé avec tous les jouets. On connait toutes les facettes de la personnalité de chacun. C'est ça qui fait entre autres la force du film, c'est l'identification que le public fait avec les personnages.

Après de nombreux débats désopilants, quelques tentatives vaines et scène exécrablement tordantes, Unkrich nous plonge dans une évasion parodique dénuée de tout ennuie quelconque. Durant cet amusant parcours (qui reprends un à un les films et séries basés sur l'effraction d'une manière subtilement décalée), on peut y trouver un plan grotesque mais tellement inventif, tellement jouissif en son genre que chaque étape est un pur moment de plaisir. L'humour gestuelle se marie à la perfection avec des trouvailles scéniques croustillantes. On peut assister (avec une crampe aux zygomatiques) à des situations embarrassantes et terriblement marrantes : Buzz remis en mode espagnol (impossible de ne pas rire), Mr Patate qui quitte son beau corps en plastique pour se changer en Mr Tortilla (il se rabattra en Mr Concombre au final), un chimpanzé hystérique qui surveille attentivement les faits et gestes des prisonniers avec ses yeux cernés (faisant penser au fétiche qui voit tout dans Kirikou et la sorcière) scotché par nos deux jouets vaillants du nom de Zig-Zag et Woddy. Et je vous passe des explications qui risqueraient de vous faire une crampe aux muscles de la mâchoire.

L'humour est là, mais il faut savoir qu'il y a beaucoup de psychologie et de suspense. Qui n'a pas tremblé en voyant nos amis se faire emporter dans un incinérateur d'ordures. Qui n'a pas paniqué en les voyant tomber vers ce brasier infernal ou en les regardant courir à travers des tessons de verre luisants sous la lumière éblouissante d'une décharge effrayante. Qui n'a pas enragé en voyant Lotso tenter de sauver les jouets pour finalement se rétracter dans un sourire narquois. Qui n'a pas versé une petite larme en voyant une scène finale où Andy fait un ultime retour en enfance. Jouant comme au bon vieux temps avec ces jouets préférés. Dorénavant, les jouets vivent autre part, dans une maison avec une maitresse qui les aime de tous son cœur. Dans Toy Story 2, un vieux briscard du nom de Papy Pépite prédisait l'avenir de Woody et des siens. Il disait avec conviction qu'Andy allait finir par se lasser d'eux. Ce vieux dégénéré disait vrai. Sa fin tragi-comique dans le deuxième volet fait honteusement penser à celle de Lotso, reprenant ironiquement des ficelles déjà utilisées avant. La vie trouve toujours un chemin quand on est un jouet, cette fin joyeuse et prometteuse prédit peut-être (je croise les doigts) un quatrième épisode où on verra Woody et ses amis avoir de nouvelles aventures dans la maison de la douce Bonnie. Seul l'avenir nous le dira.

Pour finir, je tiens à dire que le court-métrage Jour et Nuit qui passe avant le film est excellent. Mariant à la fois couleurs vives et contrastés dans un schéma scénaristique original. J'aimerai aussi souligner le fait que Toy Story 3 est un chouillat moins drôle que ces prédécesseurs, un point sans grande importance puisque la différence est minime. Je voudrai aussi parler la scène d'entrée qui illustre dans une version animée ce qui se passe dans la tête d'un enfant pendant qu'il joue avec ces jouets : inventif et rigolo. Oh oui, et pour finir (je sais que je vous tiens la grappe depuis tout à l'heure), je tiens à dire que j'ai vu ce film en 2D. Je boycott depuis mon traumatisme Le Choc des Titans ce relief qui n'est qu'accessoire puéril au cinéma. Ce n'est qu'un pur joujou superflu qui ferait mieux de se trouver au Futuroscope que d'encombrer les salles obscures.

En résumé, trouvailles jouissives, graphismes magnifiques, couleurs vives, effets visuels impressionnants, aventure palpitante, rires et tendresse sont eu rendez-vous : que demander de plus ?

Ma note : 9/10



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anglais gratuit 20/12/2010 15:46

J\'adore votre travail, merci à vous pour l\'astuce, et je \"plussoie\" pleinement ce point de vue. Permettez-moi d\'insister, votre article est bon, votre site m\'a ouvert les yeux ! NB : Je vais vous faire un peu de publicité auprès de mes contacts, vous leméritez !

Magusneri 18/07/2010 18:33

Je dois absolument le voir, étant un grand fan de la saga. J'irai sûrement cette semaine ;)

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