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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street (Tim Burton)

Publié le 12 Octobre 2010, 17:30pm

Catégories : #Films (Musical)

 

Synopsis : Après avoir croupi pendant quinze ans dans une prison australienne, Benjamin Barker s'évade et regagne Londres avec une seule idée en tête : se venger de l'infâme Juge Turpin qui le condamna pour lui ravir sa femme, Lucy, et son bébé, Johanna. Adoptant le nom de Sweeney Todd, il reprend possession de son échoppe de barbier, située au-dessus de la boulangerie de Mme Nellie Lovett. Celle-ci l'informe que Lucy se donna la mort après avoir été violée par Turpin. Lorsque son flamboyant rival Pirelli menace de le démasquer, Sweeney est contraint de l'égorger. L'astucieuse Mme Lovett vole à son secours : pour le débarrasser de l'encombrant cadavre, elle lui propose d'en faire de la chair à pâté, ce qui relancera du même coup ses propres affaires. Sweeney découvre que Turpin a maintenant des visées sur Johanna, qu'il séquestre avec la complicité de son âme damnée, le Bailli Bamford. L'adolescente a attiré les regards d'un jeune marin, Anthony, celui-là même qui avait sauvé Sweeney lors de son évasion. Amoureux fou de la jeune innocente, Anthony se promet de l'épouser après l'avoir arrachée à Turpin. Pendant ce temps, le quartier de Fleet Street s'est entiché des "tartes" très spéciales de Mme Lovett, et celle-ci se prend à rêver d'une nouvelle vie, respectable et bourgeoise, avec Sweeney pour époux et Toby, l'ancien assistant de Pirelli, comme fils adoptif. Mais Sweeney est bien décidé à mener à terme sa vengeance, quel qu'en soit le coût...

Et oui, vous ne rêvez pas en voyant la catégorie de film de cette œuvre signée Tim Burton. C'est bien un film musical. Sang, humour noir, second degré et grandes performances d'acteurs : tous les ingrédients sont là pour en faire un pur chef d'œuvre. De plus, Johnny Depp maintient une nouvelle fois son génie et son aise devant son réalisateur fétiche. A ses côtés, des seconds rôles en or : Helena Bonham Carter est excellente (alors oui, HBC peut remercier Burton de l'avoir aidé à percé dans le métier de comédienne, mais son talent est indéniable, et Burton's wife ou pas, sa performance de ce film est exceptionnelle)), Alan Rickman est égal à lui-même, un pur mélange subtil d'humour grinçant et de sobriété. Quand a Sacha Baron Cohen, dans un rôle difficile à jouer (il faut passer d'un accent italien à un accent anglais, pas facile). Il n'apparait pas longtemps mais explose par son génie. Le jeu de Timothy Spall est à l'image de son rôle dans Harry Potter 3 , il s'amuse toujours à faire les gros balourds méprisants et larbins.

On a le droit à des chansons très subtiles, aux textes millimétrés (d'ailleurs, je ne savais pas que Johnny Depp chantait aussi bien). Les thèmes de la musique sont bien choisis, l'humour ne manque jamais, et les effets gothiques, sanglants et lugubres ne manquent pas à l'appel. On peut donc en déduire que ce Sweeney Todd est une version loufoque et musicale de Sleepy Hollow (ne serai-ce que pour l'ambiance et les styles).

Le suspense et le délire principal du film débute réellement dans la scène où il tue son alter-ego italien (Pirelli, joué à merveille par un Sacha Baron Cohen en grande forme). Pirelli découvre la véritable identité de Sweeney/Benjamin. Ce dernier, apeuré par le fait que tout le monde sache la terrible vérité sur son fabuleux come-back prend les choses en main et zigouille son ennemi à coups de cafetières. Quelques temps après, l'assistant du barbier évincé vient dans la salle de Sweeney et s'assoie sur le coffre où le corps de Pirelli est enfermé. Seulement, la main de ce dernier dépasse et elle bouge. L'enfant retourne finalement en bas manger des tourtes aux cafards et se saouler avec du Gin. Sweeney, entre temps a déjà ouvert le coffre où Pirelli tente de s'enfuir, bien al en point. Le diabolique barbier n'a pas d'autres choix que de lui sectionner la gorge, muni de son long rasoir scintillant. Commence alors une multitude de meurtres, il tue n'importe quel abruti venant se faire raser, il estime que tous les habitants de Fleet Street, même de Londres en entier méritent de mourir. Il adopte un nouveau système qui fait un lien entre les tourtes et les victimes égorgés au rasoir. Dès qu'il rase quelqu'un, il l'égorge, et avec un système bien particulier, les cadavres tombent dans une trappe où Mrs Lovett récupère la viande pour ses tourtes. Et sincèrement, le coup des tourtes à la chair humaine m'a tué, c'est tellement invraisemblable (qui voudrai manger du vieux londonien croutoneux maquillé BCBG qui vient se faire raser pour avoir la peau plus blanche, tout ridé ?)

C'est - et malgré les mauvaises critique – dans ce film que la plume Burton se perçoit le mieux. Comment ne pas penser à Edward aux mains d'argent en voyant les rasoirs ? Comment ne pas résonner dans ce vague monde où les gentils et les méchants s'entrecroisent et où les dialogues ainsi que les couleurs sont aussi sombres les uns que les autres ? C'est du Burton tout craché, avec ses acteurs fétiches et son sang très épais et exagère (malgré le fait que ce soit rouge, un sang immaculé de la sorte, ça ne court pas les rues...). Alors on pourra toujours reprocher ce final très pessimiste et abracadabrant (nettement supérieur au happy end d'Alice au Pays des Merveilles). On pourra également trouver certains détails troublants et une intrigue trop bien ficelée. On pourra s'énerver des chansons qui trottent un bon bout de temps dans la tête après le film. On pourra dire que cette histoire de vendetta où le meurtrier est finalement raccroché au statut de gentil, mais on ne pourra en aucun cas dire que cette œuvre n'est pas typiquement du Burton. Et je ne comprends toujours pas comment des grands fans du créateur de Beetlejuice ont pu exprimer leur mauvaise fois envers un film très personnel de la part de Tim...

En résumé, des chansons drôles et entrainantes, un casting plus que parfait, du sang qui coule à flot, de l'exagération dans les meurtres, et un très grand scénario : bienvenue dans un nouveau chef d'œuvre signé Tim Burton.

Ma note : 8.5/10



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Silice 12/04/2010 10:33

J'ai eu un gros coup de coeur pour ce film (je me souviens encore d'être aller au cinéma et je l'avais préféré à Asterix et Obelix aux JO... chose que je ne regrette pas depuis !), depuis je l'ai en DVD et les musiques me trottent régulièrement dans la tête. Le sang écarlate, les chansons justes et bien chantées, Burton-Depp-BonhamParker ... Excellent.
Je suis retournée voir Fleet Street la semaine dernière... mais ça a changé depuis l'époque de Sweeney !
Enfin très bon film musical.
WE ALL DESERVE TO DIE ! (even you Mrs Lovett... even I !)

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