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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Tant qu'il y aura des hommes (Fred Zinnemann)

Publié le 2 Septembre 2010, 12:30pm

Catégories : #Films (Romance)

 

Synopsis : Les intrigues amoureuses et la vie d'une garnison à Pearl Harbor quelques jours avant l'attaque des Japonais. Attention, ce qui va suivre tout du long dévoile certains moments clés de l'intrigue.

Sombre histoire où amour, honneur et déshonneur sévissent dans un monde impitoyable bientôt rongé par la guerre. On connait Tant qu'il y aura des hommes pour sa mythique scène du baiser sur la plage. Où deux gens joue à se chercher, s'aiment, mais ne seront jamais heureux dans leur vie pessimiste chargée de responsabilités. Tout comme beaucoup d'autres films, l'œuvre culte de Fred Zinnemann est trop connue pour un seul et unique plan court qui dénature son film. Car ce n'est pas que ce baiser (aussi mythique soit-il) qui fait de ce film un chef d'œuvre.

Couvert de prix (huit Oscars, ce n'est pas rien) et acclamé par le public et la critique, ce drame sur fond de guerre est aujourd'hui considéré comme l'un des tous meilleurs films de tous les temps. Pour la tendresse et l'émotion qu'il dégage, pour certains passages clés et autres répliques larmoyantes. Pour les destins croisés qu'il met en scène, pour la réalisation soignée du créateur du Train sifflera trois fois, ou encore pour les acteurs qui jouent chacun un rôle important pour le déroulement de l'histoire.

C'est l'histoire d'un ancien boxeur devenu soldat. Encouragé par toute l'équipe de remettre les gants pour participer à un championnat inter-régiments, il refuse catégoriquement de s'y remettre pour la simple et bonne raison qu'il a rendu son meilleur ami aveugle pour un coup de poing mal placé. Rongé par les regrets, il se morfond dans un cycle qui le lui appartient pas, qu'il ne peut contrôler. Aidé et soutenu par son copain (joué à merveille par Sinatra), il tente de cacher sa solitude et sa rage envers ses supérieurs qui le traitent comme un chien jusqu'à ce qu'il accepte de refiler les gants de boxe. Têtu comme une mule, il ne changera jamais d'avis. Pendant ce temps, il s'éprend d'une jolie prostituée brune convoitée par tous les plus grands noms du coin. Mais on copain, pendant ce temps, picole et se prend en grippe avec Gras double, le chef d'un camp de remise à niveau où tous les soldats désobéissants viennent être redressés. Le jour où il fugue du camp, il est retrouvé à se battre avec des gardes, il ira dans le camp de Gras double qui le martyrisera pour qu'il ne relève jamais.

Cette cruauté infernale dénoncée par Zinnemann est à prendre au sérieux. Même si le sergent Warden (Burt Lancaster, séduisant, charmeur et charismatique) à l'air plus préoccupé à sortir avec la femme de son patron que de commander ses troupes, il parvient néanmoins à trouver dans son travail un réel plaisir qui dépasse celui qu'il peut avoir avec sa maitresse. Il paraît bon, mais n'est qu'un cruel comme tous les autres. Et si en enrage devant autant de brutalités et d'exemples d'injustice, on ne peut que s'énerver devant autant de haine et de désarrois.

On a toujours parlé de la scène de la plage, mais ne croyez pas qu'il n'y a que cela. Il y a aussi d'autres scènes où le plan émotionnel est nettement plus sollicité et où l'aspect symbolique prend une toute autre forme. Si la scène du baiser est étonnamment bien filmée et montée, elle reste cependant une scène banale (mais certes, inédite) d'un film traitant d'une love-story. Dans des scènes fortes, on trouve aussi le cérémonial solennel où Previtt (talentueux et excellent Montgomery Clift) honore la mort de son ami à coups de clairon. Une scène à couper le souffle dans la sensibilité qu'elle dégage, même si elle est filmée d'une façon banale. Il y a aussi la mort de Gras double filmée d'abord à l'écran au début de la baston pour ensuite cacher le meurtre astucieusement derrière une poubelle. On ne voit pas ce qui se passe (excellent système pour éviter la censure) et c'est d'autant plus malin que le suspense est encore plus maintenu car on ne sait pas qui va se relever et donc seul corps sera étendu sans vie sur le sol crasseux d'une petite ruelle sombre. Cette scène est à montrer dans toutes les écoles de cinéma. Pourquoi ? Parce que le cinéma d'aujourd'hui se sent obligé (avec l'aide d'effets visuels et de trucages élaborés) de tout montrer, le suspense n'agit plus. Cette scène là démontre avec brio que de ne rien montrer est aussi un projet ingénieux.

Reste aussi la fin où la guerre commence. La terre tremble, les obus explosent, les avions mitraillent, c'est la panique et le le schéma de guerre est très bien représenté. On assiste aussi impuissant à la mort symboliquement puissante de Previtt, tué par ses amis qui le prenaient pour un autre alors qu'il voulait reprendre du service. Son corps gisant sur la plage où Warden avait passé de si bons moments. Jusqu'à l'épilogue où les deux femmes voient leurs désires de couples et de fonder une famille anéantie par cette fichue guerre qui déchirera beaucoup trop de vies.

En résumé, récit pognant sur l'injustice et la maltraitance, film électrisant sur les méfaits de la guerre et de la perte d'innocence, Tant qu'il y aura des hommes est incontestablement un chef d'œuvre du septième art d'une beauté sans nom.

Ma note : 9/10



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copa738 07/01/2011 18:55

C'est surtout, comme l'a si bien dit MDB, un mythe qui se savoure de la première à la dernière seconde.
Et je vous préviens tout de suite : celui qui osera dire que ce film repose essentiellement sur la scène du baiser sur la plage, je l'etrangle.

Gabriel 07/01/2011 18:45

Ce film... rien que le titre est déjà magnifique à mon goût. Inoubliable.

MillionDollrasBaby 03/09/2010 18:25

J'ai failli le regarder car c'est un mythe, mais j'ai eu la flemme, je l'avoue, par contre cette semaine j'ai pas arrêter !

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