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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


The Amazing Spider-Man (Marc Webb)

Publié par copa738 sur 10 Juillet 2012, 22:44pm

Catégories : #Films (Super-Héros)

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The Amazing Spider-Man : analyse d'un échec


Sam Raimi, en l'espace de trois épisodes riches en émotions et en suspense, avait fait de Peter Parker un héros unique, tout en instaurant une ambiance de plus en plus sombre d'épisodes en épisodes (après la frénésie, viennent les ennuis) et en dirigeant ses acteurs de manière à ce qu'il y ai une vraie connexion entre le spectateur et l'univers du film. Chez Raimi, on a eu le droit à des scènes grandioses, que ce soit dans l'approche sentimentale (beaucoup de scènes dangereuses pour les nerfs, et très tire-larmes) ou dans le visuel (combats vertigineux, tels qu'on a l'impression que la caméra peut suivre notre héros partout, sans aucunes limites). En défiant les lois de l'apesanteur et autres, Raimi a créé un monstre, à savoir une trilogie sans faiblesse (qui régresse un peu lors d'un troisième épisode un peu trop dark). Puis Marc Webb arriva, prêt à relever le défi de donner un coup de jeune à une saga récente, n'ayant aucunement besoin d'être renouvelée (« But business is business bro' ! »). On a eu des attentes, des réticences, et au final, une chose est sûre : Raimi est le papa de Spider-Man, le seul, l'unique, le vrai. Et Marc Webb et sa bande sont des imposteurs. Raimi et Webb : deux styles différents, deux angles de vue sur l'homme araignée avec plus de divergences que de convergences. Ces différences, nous allons les prendre, les analyser, les comparer, et on va rapidement vous faire comprendre qu'il vaut mieux dépenser 10 balles dans un Menu Best-Of que dans l'achat d'un ticket pour voir ce pas-du-tout-amazing Spider-Man.

 

Les personnages


Raimi avait pris le risque de placer Tobey Maguire, sorte d'adolescent mal dans sa tête, mal dans sa peau, obligé d'échapper au concierge de son immeuble pour ne pas avoir à payer le loyer de son hôtel miteux, en tête d'affiche. Cela a rendu Peter Parker plus humain, plus sensible, plus proche de nous (le pathétique fonctionne à mort). Une vraie émotion se dégage de lui : il est d'ailleurs très loin d'être un héros, car son image ne lui plait pas, et son pouvoir finit par lui monter à la tête (la part sombre de lui-même jaillit dans le troisième épisode). Chez Webb, c'est le beau gosse Andrew Garfield qui s'y colle. Ténébreux, jamais sérieux (souriant lorsqu'il encaisse les coups d'un camarade, n'établissant aucun dialogue, ni avec sa famille, ni avec sa copine, vêtu d'un sweet-capuche...), il n'est curieusement à peine surpris lorsque ses pouvoirs se déclenchent (là où le Peter de Raimi met beaucoup de temps à s'assumer en tant que homme-araignée). Il est donc très loin de nous, simples spectateurs, nous qui n'arrivons toujours pas à comprendre ce personnage. C'est simple, en voyant le personnage d'Andrew Garfield, on a tout simplement l'impression qu'il est aussi facile d'endosser le costume de Spider-Man (cad sauver la vie des gens en risquant la nôtre) que d'acheter une miche de pain. Spider-Man est avant tout un héros sérieux, qui doit (logiquement) subir ses pouvoir longtemps avant de savoir les dompter. Le Peter de Webb est trop décomplexé (il enlève tout le temps son masque, dévoile à sa presque-copine son secret dès le deuxième rendez-vous) et tout cela sonne faux.

Même la girlfriend du héros est trop habile, trop sûre d'elle, là où la Marie-Jane par Dunst semblait fragile, apeurée, confrontée au dilemme (choix entre la beauté extérieure, la force tranquille du fils Osbourn, ou la maladresse mignonne du chétif Peter) et plus tard par le secret (c'est compliqué d'être la petite amie de Spider-Man). Chez Webb, la dénommée Gwen vit très bien tout cela (en plus, elle n'a pas le dilemme amoureux pour lui compliquer la vie), si bien que quand elle apprend que Peter est Spider-Man, elle semble aussi surprise que le riche milliardaire qui apprend que Jack Lemmon est en réalité un homme dans Certains l'aiment chaud (sauf que, ici, ce n'est pas drôle). Le méchant chez Webb est un lézard mutant. Chez Raimi, c'est un riche homme qui utilise la technologie pour vaincre son ennemi l'araignée. Et quand on y réfléchit bien, le combat ''mutant vs technologie'' à bien plus de gueule que le combat ''mutant vs mutant''.

 

L'aspect visuel


Nul ne sait ce qu'avaient fumé les créateur du lézard géant... Car un aveugle saurait nous dire avec certitude que ce lézard est horriblement laid. Laid parce qu'il ne semble pas du tout ancré dans la réalité du film (on dirait une bête pixelisée qui sort d'un mauvais jeu vidéo), laid aussi parce que ça ressemble à tout sauf à un lézard, laid parce qu'il est moche et tout simplement mal fait.

Après, pour ce qui est des scènes aériennes, certaines sont très belles (on pense à la scène du pont, où l'on sent, pour la seule fois du film, cette sensation de vertige, omniprésente dans la trilogie initiale) et d'autres sont affreuses (les plans subjectifs, aucune utilité, et quand ce n'est pas bien maîtrisé, c'est carrément horrible). L'image est plus léchée chez Webb cependant, mais cela renforce une nouvelle le fois le côté artificiel, moins humain du film.

 

Scénario, univers, atmosphère, créativité...


Avec une mise en scène bien trop robotisée, Webb perd en crédibilité, sans parler des acteurs qui n'enfilent pas bien leurs rôles. Le scénario vient tâcher le tableau, encore une fois. De l'action trop rare, des évènements tous pourris (Webb a même réussi à torcher la scène de la mort de Ben), pas de rebondissements, des répliques et séquences téléphonées (les œufs, le méchant qui redevient gentil, etc). Tout est pareil mais en plus expéditif : Peter apprend très vite à dompter ses pouvoirs, et s'en sert directement pour trouver le tueur de son oncle. Il devient vite respecté des autres, là où le Parker par Maguire n'a pas laissé ses pouvoirs prendre le dessus sur sa nature humaine, et son propre comportement. Il fabrique son costume à la vitesse de la lumière (sauf que là on nous donne une explication toute pourrie sur le design du masque), et à l'idée de génie de se mettre des toiles d'araignée synthétiques au niveau des poignets (alors que chez Raimi, les toiles arrivent ''naturellement'' par la morsure de l'araignée). Tout va trop vite, et donc, il est dur de pénétrer dans cette histoire, que nous subissons plus que nous regardons. Le pire est la scène où les grues se positionnent parallèlement pour aider notre héros : il est passé du statut de voyou à celui de sauveur que tout le monde aime, protège et aide (pour sauver la ville d'une terrible menace, blablabla), en l'espace de quelques secondes (uniquement parce que le chef de la police a reconnu son gendre sous le masque). Ce n'est pas crédible. Chez Raimi, la progression est lente, et elle se fait sentir par les médias (chez Webb, il n'y a aucun lien entre la presse et le héros).

Enfin, les scénaristes du reboot pensaient qu'en changeant les rôles (Osbourn n'est plus le méchant, maintenant c'est le docteur + le terriiiiiible secret des parents de Peter), ils allaient renouveler quelque chose. Erreur ! Cela ne change rien, voire empire les chose car cela n'apporte rien de plus. On voit clairement qu'il n'y a pas de prises de risques dans le script, aucune folie et pas du tout de créativité. Où sont passés les combats acharnés, chorégraphiés au millimètre ? Où sont passés les rebondissements, les sursauts, cette atmosphère angoissante (la double-personnalité du méchant, présente dans les deux univers, est beaucoup plus fascinante et malsaine chez Raimi) ? Où est passée la magie, la folie de la première trilogie, où chaque personnage avait un rôle important, où la musique portait chaque action, où la ville était un lieu important, un terrain de jeu renfermant bien de choses terrifiantes ? Tout a disparu. Vous me direz que c'est le but d'un reboot. Seulement, lorsque l'on ne maitrise pas les modifications que l'on veut apporter à un film (qui en plus, est de très haut niveau), le mieux est de garder ses idées pour soi, ça aurait pu nous éviter de nous taper cette merde...

 

En résumé, Garfield est meilleur en chat qu'en homme-araignée (je ne pouvais pas partir sans faire cette blague).

1 étoile-copie-1

Commenter cet article

flipper 06/08/2014 08:58

C'est sur que vous ne partirez pas en vacances avec Marc Webb ^^ Mais sur le fond je suis quand même assez d'accord avec vous, la patte de Raimi m'a cruellement manqué lorsque j'ai vu cet opus.

Wilyrah 24/07/2012 14:01

Je désapprouve cet avis et la comparaison. Toutefois, ce TASM ne m'a pas complètement convaincu.

Marcozeblog 22/07/2012 19:20

Oulala, tu as fait une analyse poussée. Je ne suis pas un spécialiste de Spiderman. J'avais adoré la première trilogie (surtout le second film)et celle-ci m'a aussi fait passé un excellent moment
... moi j'ai été content du spectacle. Et j'ai trouvé que Garfield est tellement meilleur acteur que McGuire ...

Alex Torrance 11/07/2012 01:26

Comme d'habitude, c'est très bien écrit (d'autant plus que tu as décidé de revenir en force :p). Cependant, peut-être que tu accordes un peu trop d'importance aux comparaisons Webb/Raimi qui, en
soi, prennent au moins la moitié de ta critique. Néanmoins, c'est bien l'idée que je mets du film, que je n'irai probablement pas voir. :)

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