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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Titanic (James Cameron)

Publié le 21 Décembre 2009, 11:10am

Catégories : #Films (Romance)

Synopsis : Southampton, 10 avril 1912. Le paquebot le plus grand et le plus moderne du monde, réputé pour son insubmersibilité, le "Titanic", appareille pour son premier voyage. Quatre jours plus tard, il heurte un iceberg. A son bord, un artiste pauvre et une grande bourgeoise tombent amoureux.

Vu hier pour la neuvième fois et, à défaut de connaître les répliques par cœur, j'ai de nouveau apprécié cette idylle charmante sur fond dramatique. Je sais ce que vous allez me dire. Quoi ? Toi, copa tu as adoré le film pour boutonneuses pré-pubères de référence. Tu a adulé cette œuvre de ce prétentieux de James Cameron que tu critiques tant. Mais qu'est-ce que t'arrive ? Mais rien du tout. Bien au contraire, je peux affirmer haut et fort que Titanic est un chef d'œuvre du cinéma et que ça reste à ce jour le film le plus parodié dans les séries ou pastiches médiatiques.

En effet, cette œuvre féconde du réalisateur de True Lies ne peut qu'apporter bons nombres de sensations nouvelles pour les personnes qui le regardent très tôt. Je fais parti de ceux qui ont vu Titanic alors qu'ils entraient à peine à l'école primaire. Et cet aspect catastrophique, cette musique qui provoque à tous les coups une chair de poule rugueuse et glaciale ne font qu'accentuer l'aspect triste du film. A vrai dire, si j'ai aimé ce film, ce n'est pas pour ces dialogues, ni pour ses effets visuels et encore moins pour son scénario. C'est tout simplement pour cet effet produit sur moi à chaque fois que je le regardes. Il m'est arrivé de pleurer devant un film (c'est humain, non ?) mais réussir à chialer 8 fois de suite sur le même film, ça je peux vous dire que c'est pas banal. Bon maintenant que je vous ai fait ce petit pitch sur ma vie de cinéphile débutant, je vais pouvoir passer à la critique de Titanic. Je sais que c'est bien beau de raconter sa vie, mais là quand même, il y a des limites.

Premièrement, j'aimerai vous parler des acteurs. Les deux rôles principaux sont tenus à merveille par Leonardo DiCaprio et Kate Winslet. Que dire de ces deux là, si ce n'est qu'ils forment le couple le plus charmant de l'histoire du cinéma. Que chaque scène où ils sont ensemble provoque une énorme sensation de complicité entre ces deux personnages. Ils forment une osmose juste et pas trop excessive sans jamais se quitter des yeux. Le perfectionnisme de Cameron y est sûrement pour quelque chose. Enfin, je suis loin de dire que Kate et Leo sont les meilleurs acteurs du film car ce serait un mensonge. Je reste impressionné devant la prestation de Billy Zane. C'est de loin le mec qui est le plus proche de son rôle. Il incarne à la perfection cet immonde salaud que tout le monde rêve de frapper un jour. Il cultive ce genre macho et cynique et exprime parfaitement ses idées possessives. Cal Hockley est joué par cet acteur avec une telle justesse, c'est le parfait dégoutant bourré de fric. C'est le rôle de sa vie, il l'a saisit mais n'a fait que des films minimes par la suite. Sinon, il y a Molly Brown, une femme dévouée et altruiste interprétée par Cathy Bates qui flirt avec la grâce. Elle peut paraître puante, mais elle a en fait un cœur grand comme une armoire contrairement à ces amies riches et égoïstes. Les autres protagonistes sont bien joués, pas de failles à ce niveau là.

Deuxièmement, j'aimerai vous parler du scénario ainsi que le message que veut faire passer Cameron à travers son film. Tout d'abord, si vous vous attendez à un scénario dénua de clichés et très inventif, vous pourrez repasser. Car l'histoire de ce film est facile, abordable par n'importe qui, n'importe où et n'importe comment. Mais sachez quand même qu'il est exploité jusque dans ses plus profondes entrailles et qu'il accentue à merveille le côté dramatique du film. Pourquoi ? Car Titanic est assez long et, du coup, permet aux spectateurs de s'identifier aux personnages pour que le déchirement moral se fasse à la mort de ces derniers. C'est une technique banale mais particulièrement efficace. Ensuite, sachez aussi que le metteur en scène a des idées bien placées : les riches s'ennuient pendant que les pauvres font la fête, un pauvre au grand cœur peut gagner face à un riche plein de pognon,... Je n'ai rien contre ces stéréotypes bien placés, mais je pense qu'ils ne peuvent être vrai quand on voit déjà toutes ces scènes d'injustice contre les pauvres. Cameron évoque dans son film ces clichés à lui. Ses idées négatives sur les riches ainsi ses pensées positives sur le bien-être des pauvres. Il inclut alors quelques scènes choquantes où il alterne entre moments de la mort des défavorisés et entre moment où les riches sirotent du thé sans savoir ce qui ce passe sous leurs pieds. Ces scènes sont de parfaits exemples de ce que pense Cameron à travers son film. Son message est finalement facile à capter : dans la vie, seul l'altruisme peut sauver, l'amour est plus fort que l'argent, et autres métaphores symboliquement jolies mais qui ne sont pas réelles (du moins à cette époque).

Troisièmement, j'aimerai vous parler de l'histoire en général et ce que le film provoque comme réactions. Malgré une idylle difficilement envisageable (même si on peut croire au miracles et aux coups de foudres, je ne pense pas qu'une jeune aristocrate puisse tomber amoureuse d'un pouilleux mal sapé), l'histoire d'amour fait rêver. Après quelques scènes érotiques dissimulées, nos deux tourteaux forment un duo d'insérables. Leur histoire est pleine d'adrénaline, de rebondissements et d'instants intimes intenses. L'effet se produit de suite : on aimerai avoir une histoire semblable à la leur. Et c'est pour cette raison que les larmes jaillissent dès que ces deux amoureux se séparent. L'iceberg percuté, l'histoire d'amour vire au cauchemar (la faute à un Hockley particulièrement charognard et vicieux). On pleure devant ce couple qui se déchire alors qu'on ventait d'assister à leur rencontre, leur ébats,... On prends connaissance de tout ce qu'ils font, on vit leur histoire avec eux. Le naufrage du Titanic se fait dans un chaos morbide, on tremble pour eux, on se met à leur place. On assiste à des scènes d'horreurs qui nous font prendre conscience de l'aspect horrible de la situation. Même la mort d'un parfait inconnu est pour le spectateur un déchirement. Imaginez ensuite tout ça avec une musique tristounette. Là, vous fondez comme un caramel au micro-ondes. En fait, je parles pour moi, peut-être que je suis le seul au monde à avoir pleuré devant ce film. Seulement, je pense que ceux qui n'ont pas ressentit de la pitié ou de la tristesse en regardant ce film on soit un cœur de pierre, ou n'ont pas su saisir l'occasion de se mettre dans le bain. Je sais que certains gens étaient dubitatifs avant même de voir car ce film est (tout comme Avatar le sera 13 ans plus tard) l'un des seuls films qui étaient des chefs d'œuvres avant même leurs sorties. Je comprends que cela puisse agacer les cinéphiles, mais j'ai toujours dit qu'il n'est pas bon de critiquer un film (de façon péjorative et méliorative) avant de le voir. Personnellement, je ne trouve pas que Titanic ne fait ressentir que de la tristesse, pour moi, mes émotions se sont aussi tournées vers la rage et la colère. Pourquoi ? Parce qu'il y a un nombre considérable de scènes d'injustices dues aux inégalités sociales ainsi que devant cette erreur monumentale du commandant qui décida (avec l'aide forcée de Bruce Ismay) d'accélérer la cadence pour arriver un jour plus tôt. C'est encore là que, Cameron dénonce la cupidité des gens à travers un drame historique. Ce sentiment d'impuissance que l'on ressent est dur à gérer. En bref, cette histoire racontée par une vieille pantouflarde sous l'œil attentif de chercheurs de diamants est une épopée grandiose. Un grand spectacle de plus de trois heures où la reconstitution historique et le naufrage ont autant d'importance que l'idylle fictive. Malgré quelques dialogues naïfs et quelques scènes superflues, je reste éblouis devant ce ciel synthétiquement luxuriant qui domine l'avant d'un bateau occupé par deux personnes qui s'embrassent. Rose aura vécu toute sa vie comme si rien ne s'était passé, mais elle n'oubliera jamais ce voyage qui la hantera jusqu'à sa mort.

En résumé, une reconstitution historique millimétrée, des larmes, une idylle savoureuse, des effets spéciaux déroutants et impressionnants : on (je) ne peut que crier au chef d'œuvre.

Ma note : 9,5/10



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