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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Mon voisin Totoro (Hayao Miyazaki)

Publié le 7 Juillet 2010, 10:36am

Catégories : #Films (Animation)

 

Synopsis : Deux petites filles viennent s'installer avec leur père dans une grande maison à la campagne afin de se rapprocher de l'hôpital ou séjourne leur mère. Elles vont découvrir l'existence de créatures merveilleuses, mais très discrètes, les totoros. Le totoro est une créature rare et fascinante, un esprit de la forêt. Il se nourrit de glands et de noix. Il dort le jour, mais les nuits de pleine lune, il aime jouer avec des ocarinas magiques. Il peut voler et est invisible aux yeux des humains. Il existe trois totoros : O totoro (gros), chu totoro (moyen) et chili totoro (petit).

Souvent considéré comme la meilleure œuvre de Miyazaki, Totoro n'est qu'un vaste poème puéril et sulfureux qui pourra faire rire et rêver les plus jeunes ou éventuellement faire réfléchir les plus vieux. Seulement, dans mon cas, je ne trouve aucun point scénaristique positif à l'histoire. Entre scènes bâclées et un manque de fond crucial, Mon voisin Totoro s'enlise dans ce qu'on peut appeler une œuvre de routine, qui explique à travers une poésie bucolique les mœurs et habitudes familiales en Asie. Complétement dénué d'action, de rythme et de suspense, le scénario est une grosse épine plantée à 20 cm dans la plante des pieds de Miyazaki. Voulant faire de son œuvre un hymne propice à la nature et à l'écologie, Miyazaki bâcle son histoire et surprends son monde en incluant peu de scènes avec Totoro.

Je ne crache pas sur ce film, ce n'est pas mon genre de critiquer l'animation nippone, mais j'avoue avoir été déçu du manque d'implication au niveau du scénario. C'est limite si Miyazaki veut faire des efforts. Il offre un montage quasi-catastrophique en incluant des scènes explicatives (notamment cette scène synthétique de l'approche amicale entre la famille de Totoro et des deux petites filles) trop brèves ne donnant pas assez d'information sur le fil des évènements. L'émerveillement ne se fait jamais, Totoro est inexpressif, c'est juste un gros nounours qui reste planté là en guise de mascotte des studio Ghibli. Ce qu'il est d'ailleurs (Totoro est une idole au Japon, pour exemple, Totoro est l'équivalent au Japon ce qu'est Mickey en France), excusez du peu. Le fait que ce soit devenu une icône, un personnage indispensable, une silhouette reconnaissable parmi des millions contribue au succès du film. Pourquoi pas ? Après tout, il est humain de rester émerveillé devant cette beauté visuelle, ces dessins si travaillés.

En effet, les graphismes de Totoro sont sublimes, et c'est là qu'on se dit que Miyazaki a beaucoup plus de mérite à lui tout seul que les studios Pixar. Mais la comparaison n'est pas de taille. Il faut vivre avec son temps, c'est ce que fait le studio de création de la trilogie fertile Toy Story en utilisant des technologies novatrices facilitant alors le bon développement d'un film d'animation en image de synthèse. Dans ce film de 1988 (autant dire qu'il ne date pas d'hier), tous les dessins du film sont faits à la main, avec beaucoup d'amour, de tendresse et de passion. Pas le temps de s'apitoyer sur le scénario, autant faire de belles images. C'est exactement ce qu'il s'est passé : Hayao Miyazaki, pressé de montrer son talent inné du graphisme sur grand écran a laissé de côté son histoire pour n'y laisser que des miettes.

Dans son éternel discours écologique, le réalisateur japonais instaure une ambiance paradisiaque, reflétant chaque petit détail champêtre, dévoilant sa faune idyllique, il joue avec les sentiments mais ne fait pas oublier les grosses faiblesses de son scénario. Parlant de la maladie de la mère d'une façon triste et solennelle, il joue aussi sur le côté émotionnel mais perturbe tous ses plans avec des dialogues faiblards et de l'humour digne d'un gamin de 6 ans. Donnant naissance à quelques trouvailles jouissives : les boules de suies flottantes, le chat-bus ressemblant étrangement à celui d'Alice au pays des Merveilles, les créatures énigmatiques de la forêt, etc; il contribue au lot de consolation du film qui passe difficilement tant il est lent. Ne trouvant jamais aucun point fiable à son histoire, Hayao finit son film avec la disparition de son héroïne enfantine. Mais la sauce ne prends pas, le suspense est au ralenti, on ne s'accroche pas à cette idée tellement on est persuadé d'un happy-end foireux où tout le monde dans et où l'univers est réconcilié, plus de guerres, plus de bombes atomiques, Miyazaki créer un monde parfait sans jamais y croire.

Dans le fond, Mon voisin Totoro n'est qu'une longue fable ciblée sur la nature où les plus gentils gagnent à défaut d'être faibles moralement. Les graphismes soignés viennent apporter un deuxième souffle à ce dessin animé (trop?) précoce qui ne cessera jamais de mettre en transe chaque individu du premier âge.

En résumé, le soleil brille, mais pas Miyazaki, les oiseaux chantes, mais copa738 déprime, tout va bien dans le meilleur des mondes et moi je sors car je suis profondément déçu.

Ma note : 4,5/10



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Commenter cet article

pinksataniste 17/07/2010 12:16

Il faut surtout voir "Porco Rosso", beaucoup plus proche de nous, je veux dire de la culture occidentale. Et accessoirement, 100% adulte. Il faut voir tous les Miyazaki en fait, mais "Totoro" et "Ponyo" peut-être avec moins d'attentes...

copa738 15/07/2010 09:56

C'est noté pour "Ponyo", j'ai bien vu que je suis très sévère envers ce film, mais je m'attendais à mieux. Heureusement que je me suis rattrapé le soir-même avec "Nausicaa de la vallée du vent" : un pur bijou !

pinksataniste 11/07/2010 22:12

Tu y vas fort, mais c'est vrai que Totoro est le plus "puéril" des Miyazaki, du moins il paraît si frêle face à "Mononoke". Mais le film évoquera plus aux Japonais qu'aux Occidentaux que nous sommes. Donc, sur "l'histoire laissée de coté", je ne te rejoins pas. Toutefois ça reste trop sucré et gentil, même si un peu moins dans le fond... Tu l'as peut-être déjà vu mais dans ce cas, je te déconseille le dernier-né de Miyazaki, "Ponyo", tu risque de faire une overdose...

MillionDollrasBaby 08/07/2010 12:03

Je suis pas vraiment d'accord avec toi sur ce film, j'ai beaucoup apprécié la poésie et l'ode à la nature, pas si enfantine que ça finalement :)

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