Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


300 (Zack Snyder)

Publié par copa738 sur 3 Mai 2011, 11:26am

Catégories : #Films (Péplum)

null 

Synopsis : Adapté du roman graphique de Frank Miller, 300 est un récit épique de la Bataille des Thermopyles, qui opposa en l'an - 480 le roi Léonidas et 300 soldats spartiates à Xerxès et l'immense armée perse. Face à un invincible ennemi, les 300 déployèrent jusqu'à leur dernier souffle un courage surhumain ; leur vaillance et leur héroïque sacrifice inspirèrent toute la Grèce à se dresser contre la Perse, posant ainsi les premières pierres de la démocratie.

Proche de l'univers graphique de la BD et des jeux de baston, 300 est un péplum sanglant maitrisé à la perfection par Snyder... pour ce qui est des scènes de batailles. En effet, le réalisateur nous explose la rétine de nombreuses fois, lorsque les scènes de guerres prennent un tournant décisif et quand le sang coule à flot. Seul véritable problème au film de Zack Snyder : les scènes intimistes atteignent un niveau de niaiserie (proche des dialogues pourris de Sucker Punch) presque inimaginable. Censées faire avancer l'intrigue (la femme du roi qui reprend les lois à Sparte, les magouilles organisées par Xerxès, etc), ces espèces de séquences de transition demeurent d'une banalité affligeante (même la scène d'amour entre Léonidas et sa reine ne provoque rien du tout, malgré les gros efforts dans la réalisation et le montage).

Cependant, 300 puise sa force dans des scènes d'action éblouissantes, dominées par des couleurs axées vers le rouge et une sorte d'ambiance sépia qui fait penser à la BD de Miller. Par un jeu de ralentis époustouflant, une grande maitrise des effets spéciaux, des mouvement millimétrés et des prises de vues renversantes, Snyder filme la violence et le combat comme personne (les meilleures prises de vues de baston depuis Lord of the Ring). Même les projections de sang semblent pensées et fabriquées goutte par goutte. Le soucis du détail de Snyder est tout à fait remarquable. Il semble être dans son élément, et pour une fois, le spectateur suit. Bien loin des fades scènes d'actions de Sucker Punch, il organise ses combats à sa façon, prenant de grandes libertés avec l'histoire (créatures fantastiques, armée immense). C'est un véritable univers dans lequel nous plonge le metteur en scène. Les combats sont de plus en plus réalistes, et malgré la brutalité des personnages, on ne peut que s'attacher à ces guerriers courageux et honorables. Car Snyder nous livre ici un message purement patriotique, d'une manière assez bourrine, mais donnant un message hautement mélioratif de l'altruisme et du courage. On pourrait le traiter d'imposteur, de sale geek qui ne pense qu'à son monde et à la baston, mais il n'est qu'un des nombreux cinéastes d'auteur, avec ses défauts et ses qualités.

Puisqu'on parle de défauts, on pourrait également dire que le film est dénué de recherche philosophique et que l'aspect psychologique des personnages n'est pas abordé. Mais faut-il réellement avoir une métaphore cachée derrière chaque scène ? Est-on même tout simplement obligé de livrer une étude philosophique dans ce que l'on aborde au cinéma ? Snyder nous répond avec son 300. Il renvoi méchamment les diables d'Hollywood à leurs chères études avec des effets visuels à couper le souffle. Il prend littéralement le dessus sur tous les films de guerres en filmant des hommes et des armes avec une harmonie folle et une grande maitrise (pas d'image qui bouge : une caméra fixe qui filme un combat sur plusieurs angles suggestifs, mais avec un seul point du vue) de la caméra. La maitrise de la technique permet de faire passer le manque d'attention à la psychologie. Cependant, ce dernier pourrait prendre des leçons chez Tarantino & Cie, car il y a encore du boulot pour ce qui est des dialogues, et c'est vraiment ce qui manque à 300 pour en faire une œuvre parfaite (peu de dialogues pendant les combats, donc pas gênant ; mais les scènes de transitions se retrouvent avec des dialogues qui sonnent faux, d'où le vrai problème de ces scènes-là).

En résumé, avec des scènes d'actions particulièrement bluffantes, Snyder nous livre toutes les faces cachées de son talent, talent qui reste cependant absent lors des scènes où le dialogue (globalement niais et chiant) domine.

3 e¦ütoiles et demi

Commenter cet article

kschoice 14/05/2011 21:43

C'est ce côté patriotique qui a justement été repris comme défaut principal du film.
Mais les Spartiates étaient entourés d'ennemis, et pour défendre leur peuple, leur terre, ils avaient mis au point un art guerrier pour la pérennité de leur contrée. C'est ça finalement le patriotisme...repousser les invasions et agressions extérieures pour la survie des siens. De tout temps cela a existé, et ce n'est pas parce que les américains ont les mots "patriotisme" et "honneur" à la bouche, qu'ils en sont les seuls détenteurs de droit.
Le film se situe donc bien au-delà de ces considérations politiques, même si dans le film, il en est finalement question, un roi ayant pour charge de diriger son royaume, de protéger les siens.
Si le film avait été réalisé par un grec, aucun de ces arguments politiques n'auraient été émis, et le film aurait été au mieux un hommage au peuple ancestral.
Le film se termine d'ailleurs par ces mots : "souvenez-vous de nous."
Bien sûr le film n'est pas exempt de défauts...ses qualités visuelles sont donc autant un atout qu'un défaut. Tout dépend de notre appréciation personnelle. On peut ne pas être d'accord avec le sujet traité, ne pas avoir aimé le traitement visuel, la violence...mais j'ai lu beaucoup de critiques se basant sur des arguments purement basés sur des faits d'actualité...essentiellemnt un parallèle avec l'armée américaine.
Dans les années 60, il y a eu un film...La Bataille des Thermopyles qui reprenait déjà ce fait historique...à l'époque, JFK était au pouvoir et malgré la prédominance de l'armée américaine dans le monde, le film n'a jamais eu ce genre de critiques.
C'est une vision de la bataille certes travaillée visuellement à l'extrême, mais assez fidèle finalement aux récits d'époque, jusque dans la trahison d'Ephialtès, difforme et caché à sa naissance pour échapper à la mort. C'est ce même être qui causera la perte des spartiates, de par sa faiblesse d'esprit, son incapacité au combat, et donc client idéal à la trahison face à des perses qui lui promettent monts et merveilles. D'où une certaine logique de pensée, bien qu'extrême, dans le meurtre des plus faibles à la naissance.
Non...c'est un film aussi puissant que les acteurs qui l'interprètent, mais je comprends que l'on puisse ne pas apprécier ce style, pour le moins très particulier ;-)

copa738 11/05/2011 13:09

"mais putain que c'est beau", là je suis d'accord : parce que les scènes de guerres sont vraiment impressionantes, je me suis régalé dans la manière de filmer, mais aussi les couleurs et ambiances (rouge + sépia).
Après, le fait que ce soit un film brutal ne m'a pas trop dérangé, c'est surtout le côté absurde de certaines scènes, les dialogues courts et niais et ce coté "patriotique" bien trop présent qui m'ont gêné.
Mais comme tu le dis : quoi de mieux qu'un bon divertissement ?

kschoice 10/05/2011 18:45

Ardent défenseur moi-même de ce film que d'aucuns considèrent comme une allégorie politique pro-Bush, nazie ou encore homo-phobe, je suis content de voir qu'il existe encore des spectateurs qui regardent les films pour ce qu'ils sont vraiment...avant tout du divertissement, sans y voir à chaque image ou détail de costume une allusion à quoi que soit de mysanthrope. Oui, c'est extrême, oui c'est violent, le monde d'alors l'était et le film n'en est que le reflet historique (bien déformé, certes) du peuple de Sparte qui a réellement existé.
Tout se tient, et tout est expliqué (le choix délibéré d'écarter les plus faibles dès la naissance...une certaine forme d'eugénisme décriée par les "anti" du film, comme le choix douloureux de la reine de se vendre pour sauver son roi de mari...véritable acte d'amour héroïque où certains n'y voient que la décision d'une vulgaire pute), il suffit d'écouter et de regarder, ce que tu as fait indéniablement, et je t'en félicite ;-)
Pour finir...oui, c'est parfois maladroit, manichéen et pas très finaud...mais putain ce que c'est beau quand même !

copa738 03/05/2011 16:09

Je sais que tu es un grand défenseur de "300", et personnelement, j'en suis un aussi (enfin, je suis prêt à me plier en quatre pour défendre l'idée que Snyder film les combats comme personne ne peut le faire au monde). Après, j'aurai aimé des dialogues qui s'approchent plus de "Inglourious Basterds" que de "Fast & Furious". Après, c'est sûr que face à "Sucker Punch", "300" peut paraitre énorme.

Je pense que c'est un film indémodable pour ce qui est des effets visuels ainsi que les scènes de combats (quel régal pour les yeux, sans rire). Après, je pense que Snyder laisse plus facilement parler sa caméra que ses acteurs (d'ailleurs, dans "Sucker punch", on se rend également compte qu'il a 0/20 en direction d'acteurs). Mais je pense que s'il se concentre plus sur des scénarios adaptés (avec son dernier film, il peut tout de suite arrêter de faire ses propres scénbarios venant de ses propres idées) et qu'il essaie de plus creuser les personnages et demande des conseils à Michel Audiard pour les dialogues (ah merde, il est mort --'), il pourrait devenir aussi interressant que QT dans les années à suivre...

Ben 03/05/2011 14:14

Ah voilà un article qui sera sujet à débat ! Pas forcément pour ce que tu as dis toi, qui est objectivement juste, mais dans la traditionnelle opposition des pour et contre 300, dont le moindre article, la moindre évocation du film n'importe où que ce soit, transforme la plateforme de blog en joute oratoire et argumentative.

Donc je le dis d'emblée, je suis ici en ultra-défenseur du film, ultra défenseur pour un ultra-film ( positivement comme négativement ). Martial, oui, il s'agit de Sparte, mais tout le fond politico-philosophique n'est qu'un cadre pour y introduire une simple envie d'image et d'imagerie. Car si la culture geek de Snyder, comme on se plait à dire est ici à l’œuvre, elle ne se veut pas une dominante du film et laisse toujours l'image parler. Après tu as raison quand tu dis que lorsque l'image ne parles pas et que ce sont les personnages qui le font, ça sonne faux, mais tu vas un peu loin, les dialogues sont emplis d'une évocation guerrière qui tend à s'extirper prochainement sous une forme physique au travers d'un combat âpre.
Tout, absolument tout vas dans le sens du combat, c'est un film machiavélique et wagnérien ( nazi ? certains le pense ) qui n'existe que pour sa volonté de puissance. Et au cinéma ça donne quoi ? Eh bien ce déluge incroyable d'image sauvage, gracieuse dans leur violence artistique... Un film qui n'existe que pour lui même, emporté par sa fureur vers des cieux inimaginables de terreur sanguinaires. Indispensable en tant que contre modèle politique, et qu’œuvre jusqu’au boutiste.

Aussi je te conseille la série Spartacus : Blood and Sand.

Nous sommes sociaux !