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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Critique express n°15

Publié par copa738 sur 10 Juin 2013, 08:39am

Catégories : #Critiques express

Critique express n°15

Zodiac (David Fincher) – 2007

 

Synopsis : Zodiac, l'insaisissable tueur en série qui sévit à la fin des années 60 et répandit la terreur dans la région de San Francisco, fut le Jack l'Eventreur de l'Amérique. Prodigue en messages cryptés, il semait les indices comme autant de cailloux blancs, et prenait un malin plaisir à narguer la presse et la police. Il s'attribua une trentaine d'assassinats, mais fit bien d'autres dégâts collatéraux parmi ceux qui le traquèrent en vain. Robert Graysmith, jeune et timide dessinateur de presse, n'avait ni l'expérience ni les relations de son brillant collègue Paul Avery, spécialiste des affaires criminelles au San Francisco Chronicle. Extérieur à l'enquête, il n'avait pas accès aux données et témoignages dont disposait le charismatique Inspecteur David Toschi et son méticuleux partenaire, l'Inspecteur William Armstrong. Le Zodiac n'en deviendrait pas moins l'affaire de sa vie, à laquelle il consacrerait dix ans d'efforts et deux ouvrages d'une vertigineuse précision...

 

Éloigné de la magie qui s'opère habituellement dans l'univers déjanté de David Fincher, Zodiac est le vilain petit canard de la brillante filmographie de son réalisateur. Rien ne s'y passe de façon concrète, on a l'impression que tout est organisé autour d'un faux-rythme qui endort littéralement et donne une impression d'inachevé, tout comme cette fameuse enquête qui a pourtant quelque chose de fascinant. Deux instant du film demeurent un sommet de tension dont seul Fincher a le secret : la rencontre avec le tueur dans le parc naturel et la scène où Robert (Gyllenhaal, un peu sur la défensive) croit être dans l'antre du Zodiac. Autour de ces deux pics d'adrénaline, Fincher ne nous offre qu'une trame policière molle de la fesse très bavarde et peu constructive. On est bien forcé de constater que tout ceci est fait exprès, pour montrer à quel point l’enquête ne mène à rien, piétine, s'étale sur une longue période, etc, mais Fincher n'est pas le meilleur pour filmer quelque chose de lent. Fincher aime générer le suspense et faire faire des loopings à sa caméra, et dans ce Zodiac, on y trouve un David changé, assagit, un David comme on aime le moins, et donc le seul film raté de sa carrière.

 

2 étoiles

Critique express n°15

La Journée de la jupe (Jean-Paul Lilienfeld) – 2009

 

Synopsis : Sonia Bergerac, professeur dans un collège, est au bord de la dépression nerveuse depuis que son mari l'a quitté. Un matin, elle découvre une arme cachée dans le sac d'un élève. Elle s'en empare et, involontairement, tire sur l'un d'entre eux. Paniquée, elle prend la classe en otage...

 

Les films sur le milieu scolaire sont toujours très difficiles à retranscrire à l'écran. Que ce soit un faux-documentaire surestimé (Entre les murs), une comédie pas drôle (Les Profs) ou un grand film tire-larme (Detachment), ce sous-genre se cherche sans jamais se trouver, si bien qu'il est de plus en plus difficile de parler de l'école dans un film sans faire d'énormes fautes de goût et de réalisme. La Journée de la jupe souffre de pas mal de clichés, mais a le mérite d'offrir une histoire plutôt originale, qui bouscule un peu les lois bien-fondées de ce style de cinéma. Adjani brille particulièrement dans ce rôle pourtant si difficile, elle porte en elle tout le désespoir du milieu enseignant, et sa réaction est, au vu des circonstances, presque compréhensibles (on est de son coté). Cependant, malgré une trame plutôt bien construite, le film s'enlise dans plusieurs fautes de réalisme (la salle entièrement isolée, la caméra planquée, les élèves qui se rebiffent), de goût (le policier en instance de divorce, la question sur la religion de Sonia, la vidéo du viol) et le fait que tout cela soit filmé comme un téléfilm sur France 3 n'arrange pas les choses. On passera cependant un moment agréable, et on n'en ressortira pas forcément indemne, preuve que Lilienfeld a un tant soit peu réussi son coup.

 

3 étoiles

Critique express n°15

Hostel (Eli Roth) – 2006

 

Synopsis : Deux étudiants américains, Paxton et Josh, ont décidé de découvrir l'Europe avec un maximum d'aventures et de sensations fortes. Avec Oli, un Islandais qu'ils ont rencontré en chemin, ils se retrouvent dans une petite ville de Slovaquie dans ce qu'on leur a décrit comme le nirvana des vacances de débauche : une propriété très spéciale, pleine de filles aussi belles que faciles... Natalya et Svetlana sont effectivement très cools... un peu trop, même. Paxton et Josh vont vite se rendre compte qu'ils sont tombés dans un piège. Ce voyage-là va les conduire au bout de l'horreur...

 

Eli Roth, fan de Tarantino et entouré de plusieurs grands cadres du cinéma d'horreur, nous pond l'un des précurseurs du sous-genre du torture-porn, à la limite du soutenable parfois, et aidé par un concept et un scénario inventifs (Roth s'est enfermé dans sa maison pendant deux semaines, coupant son téléphone, pour écrire le scénario). Ce n'est pas forcément pour le gore que nous apprécions Hostel, mais dans la façon dont l'histoire prend le pas sur les personnages et les spectateurs. En effet, en regardant le film, nous sommes totalement dépassés, nous ne comprenons pas. Finalement, le film possède une sorte de grand souffle, déjà parce que les acteurs sont jeunes, puis parce que les images sont parfaitement réussies (beaux décors européens, scènes gores plus vraies que nature). On est persuadé que Roth a mis tout son cœur dans ce film qui respire la passion d'un jeune réalisateur fan du travail des autres (on retrouve beaucoup de Tarantino dans Hostel, que ce soit dans l'hommage avec l'extrait de Pulp Fiction, ou dans la façon dont Roth s'inspire de différents films du cinéma de genre). Un film réussi et un bon gros frisson.

 

3 étoiles et demi

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