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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Séance de rattrapage 2013

Publié par copa738 sur 19 Novembre 2013, 18:32pm

Catégories : #Critiques express

Séance de rattrapage 2013

The Master (Paul Thomas Anderson)

 

Synopsis : Freddie, un vétéran, revient en Californie après s’être battu dans le Pacifique. Alcoolique, il distille sa propre gnôle et contient difficilement la violence qu’il a en lui… Quand Freddie rencontre Lancaster Dodd – « le Maître », charismatique meneur d’un mouvement nommé la Cause, il tombe rapidement sous sa coupe...

 

Bien plus qu'un film lent et peu intéressant comme beaucoup de gens ont pu le décrire, The Master est un récit dont on pourrait parler des heures, qui met le doigts sur des problèmes évidents (l'après-guerre, l'alcoolisme, la violence, le machisme, les dérives sectaires), tout en offrant un spectacle d'une qualité rare. En effet, le génial Paul Thomas Anderson nous livre un film aux dialogues millimétrés, avec de magnifiques images, des mouvements de caméra d'une rare précision, avec des choix de musique excellents, de grands et beaux décors. On n'ira pas à la recherche des anachronismes ou autres erreurs, tant The Master semble échapper au temps. Peu importe ton âge, tu es touché par cette histoire, par ces personnages (P.S Hoffman inspire le respect, et que dire de Joaquim Phoenix qui, bien que surjouant par moments, offre une interprétation remarquable d'un écorché-vif au grand cœur). Tu auras des frissons devant les scènes à émotion forte, tu riras aux quelques scènes humoristiques, et tu finiras par en ressortir conscient que tu as assisté à un bon moment de cinéma, avec tout d'orchestré pour que le spectacle n'en soit que plus brillant.

 

4 étoiles-copie-1

Séance de rattrapage 2013

Room 237 (Rodney Ascher)

 

Synopsis : En 1980, Stanley Kubrick signe Shining, qui deviendra un classique du cinéma d'horreur. A la fois admiré et vilipendé, le film est considéré comme une œuvre marquante du genre par de nombreux experts, tandis que d'autres estiment qu'il est le résultat du travail bâclé d'un cinéaste de légende se fourvoyant totalement. Entre ces deux extrêmes, on trouve cependant les théories du complot de fans acharnés du film, convaincus d'avoir décrypté les messages secrets de Shining. Room 237 mêle les faits et la fiction à travers les interviews des fans et des experts qui adhèrent à ce type de théories, et propose sa relecture du film grâce à un montage très personnel. Room 237 ne parle pas seulement de fans d'un film mythique – il évoque les intentions de départ du réalisateur, l'analyse et la critique du film.

 

Que l'on ai aimé Shining ou pas, beaucoup d'images, de dialogues, de plans, nous ont hanté et continuerons de le faire jusqu'à notre mort. Mais ce Room 237 est là pour nous éclairer, et au final, le nombre de questions que l'on se posait sur ce film a doublé, mais on aura pas mal rigolé devant toutes ces élucubrations de mordus de cinéma, qui voient un complot diabolique en fonction de la disposition d'un pot de fleur et qui s'amusent à regarder le film simultanément dans les deux sens. C'est donc pendant plus d'une heure et demi que vous aurez le droit à des thèses capillotractées avec un montage vraiment très bon (on a l'impression de redécouvrir Shining à travers des yeux encore plus admiratifs que les nôtres, sans parler de la musique, et d'extraits d'autres films). Certaines sont à étudier avec attention, malgré des ''preuves'' en nombre limité (l'holocauste, le massacre des indiens, le faux alunissage en 1969), d'autres sont cependant à mettre à la poubelle (le visage de Kubrick dans le ciel, le minotaure, l'érection), mais auront eu au moins le mérite de nous faire rire. Cependant, certains passages du documentaire sont à deux doigts de nous glacer le sang, surtout ceux où l'architecture de l'hôtel est remise en question, ou la superposition du film dans les deux sens. On aurait préféré cependant plus d'explications en rapport avec la fin, mais dans l'ensemble, on en sortira semi-satisfait.

 

3 e¦ütoiles

 

Séance de rattrapage 2013

L'inconnu du lac (Alain Guiraudie)

 

Synopsis : L'été. Un lieu de drague pour hommes, caché au bord d'un lac. Franck tombe amoureux de Michel. Un homme beau, puissant et mortellement dangereux. Franck le sait, mais il veut vivre cette passion.

 

Oui c'est un lieu où des homosexuels se draguent sur la plage et partent forniquer dans la forêt, mais ça a au moins le mérite d'être original. Oui le rythme est assez lent, mais ici on devrait plutôt employer le terme ''envoûtant''. Oui c'est cru dans les images, dans les dialogues, mais c'est une réalité, Guiraudie a fait un film ancré dans le réel, si bien qu'on y croit dur comme fer. Là où on démarre dans une ambiance documentarisée, on plonge peu à peu dans le polar estival, un tantinet scandaleux (relations interdites, sexe en abondance avec ou sans capote, crimes), mais parfaitement réalisé. Les acteurs sont bien dirigés, le film est bien monté (la répétition de l'arrivée de la voiture de Franck sur le parking), bien filmé, les dialogues sont brillants et le scénario bien construit. Les paroles échangées entre Henri et Franck sont les meilleurs moments du film : c'est une amitié touchante avec une grande part de mystère (Que fait Henri ici ? Est-il amoureux de Franck ? Est-il vraiment l’hétérosexuel divorcé qu'il prétend être?). Au final, le film ne pose aucune question (on assiste à tout ce qui se passe au niveau du lac, les meurtres, les parties de jambes en l'air), c'est le spectateur qui se les pose lui-même. L'inconnu du lac est un film qui trouble, qui suscite une grande curiosité (un peu comme le voyeurisme avec lequel Guiraudie film les scènes de nudité) et qui nous offre une conclusion aussi glaçante que la vision d'un silure de cinq mètres.

 

4 étoiles-copie-1

 

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pierreAfeu 19/11/2013 20:08

# L'inconnu du lac. C'est intéressant ce que tu dis sur Henri. Je ne me suis pas posé ces questions, mais à te lire, je me dis qu'on peut en effet se les poser. Content que tu aies aimé, en tout cas.

pierreAfeu 20/09/2013 12:04

Argh... J'ai trouvé The master lent, long, sans relief, sans grand intérêt en fait. Et puis Phoenix en fait beaucoup beaucoup trop.

Je te rejoins sur Room 237, et notamment sur la superposition du film projeté dans les deux sens, c'est assez troublant.

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