
Synopsis : Rébellion dans un hôpital psychiatrique à l'instigation d'un malade qui se révolte contre la dureté d'une infirmière.
Bonjour à tous. Je suis nouveau dans la blogosphère et je peux vous avouer que j'ai quelque peu le trac à l'idée de me savoir entré dans la blogosphère Allocine. Je voulais commencer mon périple bloguistique par un film qui m'a transcendé, un film qui m'a fait éprouver des sensations jusque là nouvelles pour moi devant un film. Vol au-dessus d'un nid de coucou de Milos Forman, ou comment réussir l'un des meilleurs films de tous les temps sans véritable action, avec un rythme finalement saccadé, et le tout filmé d'une manière assez classique.
Loin de moi l'idée de faire mon petit prétentieux ;lors de mon premier papier, mais je peux vous affirme désormais que je suis un grand fan de cinéma. Le cinéma avec un grand C, un gigantesque C, même. Le film, que je chronique aujourd'hui a tout simplement été un coup de poing pour moi, doublé d'un coup de cur et d'un immense coup d'émotion.
Tout d'abord, il y a ce casting, élaboré dans la réflexion, hétérogène mais parfaitement en harmonie. Il y a d'abord Jack Nicholson, l'un des meilleurs acteurs du Nouvel Hollywood qui trouve ici l'un des meilleurs rôles de sa carrière. Plein de tendresse, d'humour, de rictus et mimiques hilarantes. Le moment passé à ses cotés est unique, et il est vrai que l'on s'identifie très rapidement à McMurphy. Il y a ensuite Louise Fletcher, débordante d'agressivité et de sadisme. Son plus grand rôle d sa vie repose en ce film, tant sa méchanceté se fait ressentir. Tant ses yeux, lumineux sur ce fameux fond blanc vient vous piquer le cur, vous fusille. Elle paraît même nous faire les gros yeux à nous, spectateurs. Il y a également Will Sampson, le grand chef indien, le muet, le gars qui ne parle pas, dont on ne sait finalement que peu de choses. Son amitié avec Randle sera d'une rare intensité, pleine de rebondissements, d'humour et de tendresse (un peu à l'image du film). William Redfield (Herding) incarne à la perfection un rôle délicat (malheureusement, il décédera quelques temps après la sortie du film). L'excellente de Brad Dourif inspire le respect. Il est très difficile d'incarner un personnage si renfermé, qui bégaie et perd tous ces moyens dès qu'il est question de sa mère (Ratched ne se privera pas de jouer la ''corde sensible'' pour le faire craquer). Quant à Danny DeVito et Christopher Lloyd, deux inconnus à l'époque, personne n'aurait pu croire qu'il allaient devenir ce qu'ils sont aujourd'hui : des stars (certes, vieillissantes) adulées du grand public dont le talent est resté indéniable.
Dans un film de cet acabit, difficile de ne pas verser une larme à la vue de la dernière demi-heure. Impossible également de ne pas éclater de rire devant de nombreuses scènes où le talent de Nicholson & co fait le nécessaire pour que le spectateur passe un moment de pur régal. La couleur du film, d'une blancheur immaculée, percute les esprits. Cette couleur marque bien la façon dont est tourné le film : une caméra neutre, des personnages qui font le contraire. Car les quelques gouttes de sang qui viendront tâcher les jolis murs et vêtements blancs de l'hôpital psychiatrique expriment à merveille la contradiction des contrastes et des couleurs du film.
Ce film est un moment d'intimité avec des gens peu communs. Des gens censés être nuls, sans expérience de la vie, sans avis, sans idées demeurent des personnes ordinaires qui manquent finalement de confiance en eux. L'arrivée de ce nouveau patient (qui, n'a aucunement des problèmes psychologiques) changera à jamais le court de l'existence de ces gens-là, admiratifs de celui qui est venu leur porter secours. Mais, voyant que ce petit monde, abrutit pas l'exécrable Ratched, complétement lobotomisé par un personnel qui veut en faire des ''légumes'', ce sauveur perd vite ses moyens et les deniers instants du films sont si déchirants que ça en devient insoutenable. Finalement, les patients de cet hôpital sont bien là où ils sont, et c'est le principal finalement. Le grand libérateur qu'est devenu McMurphy a échoué, et ça ne pardonnera pas.
Devant cette grande leçon de vie, de joyau, ce diamant, cette petite perle du septième art, pilier du New Hollywood, magnifique représentation d'un monde dur et impitoyable, se cache une grande trame psychologique où s'entassent bons sentiments, humour et désespoir. Jamais un final (sauf celui de Titanic) ne m'avait autant fait chialer de tout mon corps ; et c'est en voyant cela que l'on peut crier au chef d'uvre.
En résumé, l'un des meilleurs films de tous les temps, réunissant un casting prometteur et une réalisation classique mais efficace, et rien d'autre à ajouter.
Ma note : 10/10