Synopsis : Pour fêter leur anniversaire de mariage, Big Bob Carter, un ancien policier de Cleveland, et sa femme Ethel ont demandé à leur famille de partir avec eux en Californie. Big Bob est sûr que faire la route tous ensemble les aidera à resserrer des liens familiaux un peu distendus. Même si tout le monde vient, personne n'est vraiment ravi d'être là. Lynn, la fille aînée, s'inquiète du confort de son bébé. Son mari, Doug, redoute de passer trop de temps près de son beau-père. La jeune Brenda regrette de ne pas être allée faire la fête à Cancun avec ses amis. Et Bobby ne s'intéresse qu'aux deux chiens de la famille. Une route désertique va conduire les Carter vers le pire des cauchemars...
Des déserts poussiéreux et sauvages d'une portion d'Amérique dévastée par des déchets radioactifs, Alexandre Aja construit une tension, une ambiance glauque malsaine pour créer un film d'horreur unique. Aja réussi partout où Piranha 3D échouera lamentablement, il instaure son univers, son épouvante et son gore qu'il affectionne tant.
Quelle belle surprise que de voir ce fameux La Colline a des yeux dépasse tous les méchantes critiques diverses en rapport avec le talent du réalisateur de Haute Tension. Un peu d'humour (certes, glauque mais assez hilarant quand on prend du recul), de sang, de frissons et nous voilà plongé dans cette histoire qui va part à toute vitesse sans se préoccuper de savoir si les spectateurs suivent ou non. Fort heureusement, ils suivent et n'en manquent pas une miette. Et ce serait vraiment dommage de manquer l'occasion de voir ce film, remake innovant du film culte du même nom, réalisé trente ans auparavant par un certain Wes Craven.
Le film s'organise sur une première partie tendue (peur de l'inconnue), très sombre et qui provoque sursauts et frissons (avec hérissage de poils en supplément). Puis vient cette longue deuxième partie, c'est à dire à partir du moment où les ''monstres'' sont montrés à l'écran. Et il faut bien avouer qu'ils sont vraiment ignobles ces gens-là. Et en plus de cela, ils faut qu'ils soient résistants (deux ou trois balles de fusil, pas de quoi les arrêter), cannibales, intelligents et machiavéliques. Mais malgré un ou deux faux raccord, passages un peu trop bien ficelés, on prend un malin plaisir à voir cette bande de péquenauds défigurés qui martyrisent une famille qui n'avait rien demandé à personne. Grâce à la façon dont Aja filme les évènements, le plaisir est multiplié par deux, par dix, par mille.
Avec de très beaux plans, une photographie intéressante, une intrigue simple mais assez palpitante pour donner envie de voir le numéro 2 (cette envie est surtout provoquée par ce twist ending particulièrement prenant) et un gore qu'il maitrise parfaitement, le metteur en scène est dans son élément, et ça se voit. La vulgarité qui sera présente dans Piranha 3D n'est pas ici, on est plutôt dans la finesse de l'expression, du sang qui sert plus d'élément graphique, voir de décor au film et des effets visuels beaucoup moins nauséeux que dans son dernier film.
Après, il y a peu d'imperfections. On ne va pas trop loin dans l'insoutenable, contrairement à l'autre film que je vous cite depuis tout à l'heure. Il y a du sang sur les murs, des pustules, des perroquets boulotés vivants, des doigts coupés, des chiens carnivores et des personnages à la base inoffensifs qui deviennent en quelques heures de véritables tueurs, du pu qui sort de partout, mais le tout reste minime, puisque les déformations (même si, il est fort possible que ce genre de personnes existent) des méchants sont tellement flagrantes que ça en devient peu crédible. Mais dès cet instant, tous les coups sont permis, et vous comprenez bien qu'il aurait été regrettable de s'en priver.
Donc c'est sûr, on est peu épargnés au niveau de l'horreur. Mais les scènes de tensions sont tellement éprouvantes (chair de poule, tremblements, enfin, vous voyez) que l'on préfèrerai presque voir du gore, pour décompresser. Et ça, Aja l'a compris, et il s'en sert et peaufine son horreur sanglante pour donner un résultat franchement réussit.
En résumé, du sang, des frissons, des tripes et de la torture, The Hills have eyes est une pure réussite qui fait largement remonter Aja dans mon estime ; une surprise, d'autant plus que le film s'avère être bon en tous points : chapeau Mr Aja.
Ma note : 9/10