Martyrs (Pascal Laugier) - 2008
Synopsis : France, début des années 70.
Lucie, une petite fille de dix ans, disparue quelques mois plus tôt, est retrouvée errant sur la route. Son corps maltraité ne porte aucune trace d'agression sexuelle. Les raisons de son enlèvement restent mystérieuses. Traumatisée, mutique, elle est placée dans un hôpital où elle se lie d'amitié avec Anna, une fille de son âge. 15 ans plus tard. On sonne à la porte d'une famille ordinaire. Le père ouvre et se retrouve face à Lucie, armée d'un fusil de chasse. Persuadée d'avoir retrouvé ses bourreaux, elle tire.
On a toujours eu le reflex de caractériser tous ces films d'horreur interdits aux moins de 16 ans (et plus) comme des œuvres sans âme, gratuites, méchantes, cruelles, subversives pour choquer uniquement. Or, à 90% des cas, les gens se trompent. Martyrs, sans être le film le moins bourrin du monde, tape là où ça fait mal pour pouvoir faire passer son message. Les sensibles seront répugnés (il faut dire qu'il nécessite des nerfs d'acier pour pouvoir le regarder jusqu'au bout), mais les autres y trouveront une magnifique façon de dénoncer la violence, et de revisiter l'histoire et ses souffrances. Il est vrai que des fois, ça va trop loin (beaucoup de scènes sont vraiment à la limite du soutenable, et parfois, c'est franchement inutile), mais cette histoire nous prend tellement aux tripes qu'on ne peut que fixer l'écran, même si ça nous démange de partir en courant. La dénonciation des sectes, des bourreaux, la portée divine, la recherche de l'au-delà : tout cela est traité avec une justesse remarquable. Après, on peut tout de même se demander s'il était nécessaire d'autant choquer pour faire réfléchir...
Présumé coupable (Vincent Garenq) – 2011
Synopsis : Le film raconte le calvaire d'Alain Marécaux - "l'huissier" de l'affaire d'Outreau - arrêté en 2001 ainsi que sa femme et 12 autres personnes pour d'horribles actes de pédophilies qu'ils n'ont jamais commis. C'est l'histoire de la descente en enfer d'un homme innocent face à un système judiciaire incroyablement injuste et inhumain, l'histoire de sa vie et de celle de ses proches broyée par une des plus importantes erreurs judiciaires de notre époque.
Imaginez-vous deux secondes, dans votre lit, en pleine nuit. On frappe violemment à la porte. Une horde de policiers et de magistrats entrent dans votre domicile, vous écarte de vos enfants, vous menotte, et vous accuse de pédophilie. L'ennuie, c'est que vous êtes innocents. Et que toutes les années de galère en prison, au tribunal, loin de tout ce qui vous est cher, sont issus d'un mensonge de parents ''simples d'esprit'' qui accusaient une dizaine de personnes alors qu'ils étaient seuls à violer leurs enfants... Ceci, c'est l'affaire d'Outreau, remarquablement illustrée dans ce film qui se concentre sur un des accusés (le fameux huissier filmé en larmes après sa libération), pour comprendre cette affaire de l'intérieur, et non dans sa globalité. La réalisation très simple et réaliste ainsi que la formidable interprétation de Philippe Torreton, font de Présumé coupable, un film engagé, qui permet d'en savoir beaucoup plus sur l'affaire en elle-même, mais aussi sur le calvaire qu'ont vécu ces gens accusés à tort (oui, car, même si Garenq le dément, le film adopte la position la plus logique : l'innocence de Maréceaux et de tous les autres).
Je souhaiterai dédier un court texte, à un certain Frédéric, plus connu comme étant le rédacteur du blog Mon Humble Avis. Il avait 22 ans, et s'est éteint cette semaine. Il laisse derrière lui sa famille, ses amis, et toute une blogosphère malheureuse. Il n'avait peut-être pas le plus beau style d'écriture, ni les mêmes goûts que tout le monde. Il faisait de très longues et trop rares critiques, mais ses articles-marathon se lisaient avec beaucoup de plaisir. Il respectait l'avis de tout le monde, et me soutenait, personnellement, souvent, même s'il n'était pas forcement d'accord. Il aimait le cinéma et sûrement beaucoup d'autres choses. Il est parti trop tôt et sa mort a créé un vide difficile à combler. Je lui laisse un dernier hommage. Repose en paix Frédéric.