La Nuit du Chasseur (Charles Laughton) - 1965
Synopsis : Un prêcheur inquiétant poursuit dans l'Amérique rurale deux enfants dont le père vient d'être condamné pour vol et meurtre. Avant son incarcération, le père leur avait confié dix milles dollars, dont ils doivent révéler l'existence à personne. Pourchassés sans pitié par ce pasteur psychopathe et abandonnés à eux-mêmes, les enfants se lancent sur les routes.
Sorte de version américaine dramatique et malsaine de Tartuffe, pièce de Molière, La Nuit du Chasseur est avant tout un grand classique du cinéma, aussi pur dans la réalisation que brillant dans le scénario. L'histoire de ce faux religieux qui ronge toute une famille sur la durée est un exercice risqué mais au final habile, qui plonge le spectateur dans l'horreur, mais l'horreur interne, l'horreur psychologique, bien plus horrible que l'horreur physique. Sans non-plus sortir de l'ordinaire, le film de Laughton mérite amplement son statut de chef d'œuvre, d'une pour la splendide performance de Mitchum, possédé par son rôle, de deux pour les rôles secondaires, tous très bien imaginés, de trois pour les éléments visuels, d'un montage inventifs à une réalisation inspirée, en passant par un splendide noir et blanc. Tous ces éléments mis ensembles donne un résultat stupéfiant, et malgré une fin un peu molle, le spectateur est comblé, et prend rapidement conscience qu'il vient d'assister à un grand film.
Sparrow (Johnnie To) - 2008
Synopsis : A Hong Kong, un Sparrow est un pickpocket. Kei est le plus habile de tous. Entre deux vols de portefeuilles avec les membres de son gang, il aime arpenter la ville à vélo, et prendre des photos. Un jour, une femme ravissante, Chun Lei apparaît dans son viseur. Il est ensorcelé. Chaque membre du gang va tomber sous le charme de cette femme qui ne les a pas croisés par hasard. Elle veut que les pickpockets dérobent pour son compte quelque chose de très précieux...
Au pays de Johnnie To, les oiseaux sont encore moins bien faits que ceux d'Hitchcock, et ça, même si 50 ans sépare les deux films. Au pays de Johnnie To, les pickpockets de Hong Kong s'affrontent
sous la pluie, en faisant tourner les parapluies sous une musique classique mi-dramatique, mi-comique. Chez Johnnie To, l'équipe du tournage s'amuse, mais pas les spectateurs, un peu confus en
regardant cette entité sans nom, sans goût, ni aucun mot pour la décrire. Dans un film où l'incompréhension prend la place de l'amusement, le temps passe très lentement et le public s'emmerde. On
n'a pas vraiment l'impression qu'on ai poussé très loin dans le scénario, sans parler de cette réalisation dont on ne sait si elle est trop kitsch ou trop laide. C'est très simple :
regarder Sparrow, c'est accepter le fait de ne rien comprendre, autant dans le déroulé de l'histoire que dans les motivations du réalisateur. Ce qu'on comprend très vite, cependant,
c'est que Sparrow est un très mauvais film...
The Human Centipede (Tom Six) – 2009
Synopsis : Une nuit, deux jeunes américaines en voyage à travers l’Europe, tombent en panne en plein milieu d’une forêt. Par chance, elles découvrent une maison dans laquelle vit un ancien chirurgien allemand, le docteur Heiter. Ravies d’y trouver refuge, elles sont alors loin d’imaginer qu’elles vont devenir les cobayes d’une expérience chirurgicale inédite : le médecin entend en effet créer un mille-pattes humain en les reliant entre elles par un seul et même tube digestif.
Que les amis de la poésie et les personnes sensibles qui font une nuit blanche après avoir regardé un épisode des Experts, quittent immédiatement la salle ! Ici, nous pénétrons dans l'antre de Tom Six, un réalisateur complètement fou qui a donné, en l'espace d'un film, un coup de vieux terrible à tous les pièges de tous les films de la saga Saw. Oubliez tous les torture-porn de ce début de siècle, ces derniers ont désormais pris la poussière. Oubliez tous les films d'horreur que vous ayez pu voir auparavant. The Human Centipede, ultra censuré, dont on parle partout, signe un grand tournant dans l'histoire de l'horreur. Là où en quelques années, le numérique a permis n'importe quelle lubie gore, possible à l'écran, Tom Six, aidé par une technologie permettant un gore sans limite, se défoule essentiellement au niveau de son scénario : véritable pépite dans le genre. L'histoire est tirée par les cheveux, mais pourtant elle fonctionne. Plus qu'un film d'horreur original, The Human Centipede est également une belle critique détournée de la Shoah, période où de grandes expériences toutes plus atroces les unes des autres, étaient faites sur des prisonniers.