Fish Tank (Andrea Arnold) - 2009
Synopsis : A 15 ans, Mia est une adolescente rebelle avec une unique passion : la danse hip hop. Un jour d'été, sa mère rentre à la maison avec un nouvel amant, Connor, qui s'installe chez elles. Est-ce enfin une promesse de bonheur ou bien un leurre ?
La détresse d'une famille pauvre dans la banlieue de Londres, une jeunes fille qui danse pour tout oublier et tombe amoureuse de son beau-père, l'enlèvement de la fille de ce dernier et une claque du père enragé, au beau milieu d'un champ, la nuit ; les moments-clés de l'intrigue de Fish Tank se comptent sur les doigts de la main, mais ils sont si bien orchestrés qu'on a la véritable impression d'assister à un pur chef d'œuvre. Le scénario n'est peut-être pas croustillant sur le papier, et pourtant, il possède une hargne, un truc qui nous dépasse tellement il est fort. Fait avec le cœur et les tripes, Fish Tank donne le cafard, mais aussi une rage sans barrières, un film qui réunit riches et pauvres, hommes et femmes, enfants et parents, pour un moment de bravoure exceptionnel, porté par une réalisation inspirée (jeu des couleurs, subjectivité de la ''fille'' qui se ressent à l'écran) et des acteurs plus que brillants. Une œuvre poignante, et simplement belle, tant au niveau du message qu'au niveau de l'image.
La Proie (Éric Valette) - 2011
Synopsis : Un braqueur s’évade de prison pour traquer son ancien codétenu, un tueur en série qui a entrepris de lui coller ses crimes sur le dos. Une policière de la Brigade des Fugitifs se lance à la poursuite du braqueur, devenu bien malgré lui l’ennemi public numéro 1. Quand chacun des protagonistes aura été au bout de lui-même, qui sera le chasseur, et qui sera la proie ?
Dupontel joue le ''gentil trop bon trop con'' pour la première fois de sa vie, mais curieusement, son rôle lui colle à la peau. On écarte directement la crédibilité du scénario (jambe cassée, balle dans le bras, chute de 50 mètres, et notre Dupontel tient toujours debout), et quelconque prise de risque au niveau de la mise en scène. Mais l'action est là, et le scénario est assez imprévisible pour nous scotcher définitivement sur notre fauteuil. On a l'impression de voir du Bebel, ou de revivre le A bout portant de Cavayé, sorti un an plus tôt, donc on repassera pour l'originalité. On tremble tout de même, sans ennuie (le film ne présente aucun temps-mort, ne laissant aucun répit au spectateur), et la pauvreté des dialogues passe presque inaperçue. La fin est en trop, et décrédibilise un film déjà peu réaliste à la base. On reste un peu sur notre faim, mais le moment passé est agréable. Un bon film pour se vider la tête.
Orange Mécanique (Stanley Kubrick) – 1972
Synopsis : Au XXIème siècle, où règnent la violence et le sexe, Alex, jeune chef de bande, exerce avec sadisme une terreur aveugle. Après son emprisonnement, des psychanalystes l'emploient comme cobaye dans des expériences destinées à juguler la criminalité...
Dingue, violent, scandaleux, tragique, comique, philosophique, cruel. Une liste longue comme le bras d'adjectifs très contrastés pourrait définir Orange Mécanique, tant la complexité de l'œuvre en fait un film si spécial. Très controversé à l'époque de sa sortie, Orange Mécanique est aujourd'hui plus facilement abordable, la télévision, les jeux vidéos, banalisant chaque jour un peu plus la violence. Considéré à tort comme l'apologie cinématographique de la violence, le film de Stanley Kubrick est en fait une œuvre très intelligente, avant-gardiste et magnifiquement orchestrée. On pense à cette réalisation, qui expérimente sans cesse (la scène du ''plan à trois'' en accéléré, la scène de la bagarre des Droogs dans la rivière au ralenti), et nous offre un résultat stupéfiant, indescriptible à l'œil nu, et qui laisse au spectateur le choix de prendre parti (haine ou pitié envers Alex ?). Tous ces éléments font de Orange Mécanique une œuvre complète et surtout unique en son genre : une véritable leçon de cinéma.