MASH (Robert Altman)
Synopsis : De jeunes chirurgiens antimilitaristes aimant l'alcool et les femmes se retrouvent en pleine guerre de Corée à l'hôpital militaire mobile où ils sèment la pagaille.
Quand on vient de voir un film culte qui a en plus remporté la Palme d'Or, il est finalement difficile d'avouer qu'on a tout simplement détesté. On se dit qu'on a peut-être rien compris, rien vu, qu'on a peut-être raté certains éléments qui sont primordiaux pour aimer le film. Mais en y réfléchissant bien, MASH est ce genre de films qui passent bien à leur époque et qui trouvent leur lettres de noblesses lorsqu'on parvient à les mettre dans leurs contextes respectifs. MASH arrive donc en pleine Guerre de Vietnam. Rire de la guerre était donc une bonne option pour soulager une Amérique sous le choc. Mais sorti de son contexte, le film de Robert Altman s'avère être d'une faiblesse sans nom. Une réalisation mauvaise (MASH est ce genre de films qui offrent une réalisation presque constamment en gros plans, ce qui nous rend la tâche difficile pour savoir qui parle). Et malgré quelques scènes drôles (l'arrivée dans l'hôpital, l'exhibition involontaire de ''Lèvres-en-feu'') et une idée originale, MASH est finalement un film mou, qui a mal subit les épreuves du temps et qui devient, malgré lui, un film un peu has-been, démodé, ringard, mais finalement culotté si on se met dans le contexte. Sans rancunes, Robert !
Persepolis (Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud)
Synopsis : Téhéran 1978 : Marjane, huit ans, songe à l'avenir et se rêve en prophète sauvant le monde. Choyée par des parents modernes et cultivés, particulièrement liée à sa grand-mère, elle suit avec exaltation les évènements qui vont mener à la révolution et provoquer la chute du régime du Chah. Avec l'instauration de la République islamique débute le temps des "commissaires de la révolution ; qui contrôlent tenues et comportements. Marjane qui doit porter le voile, se rêve désormais en révolutionnaire. Bientôt, la guerre contre l'Irak entraîne bombardements, privations, et disparitions de proches. La répression intérieure devient chaque jour plus sévère. Dans un contexte de plus en plus pénible, sa langue bien pendue et ses positions rebelles deviennent problématiques. Ses parents décident alors de l'envoyer en Autriche pour la protéger. A Vienne, Marjane vit à quatorze ans sa deuxième révolution : l'adolescence, la liberté, les vertiges de l'amour mais aussi l'exil, la solitude et la différence.
Film d'animation original avec des dessins simples et peu de couleurs, Persepolis, malgré un côté excessivement grossier, sort du lot et vient déjà s'inscrire au patrimoine du film français. L'histoire du film, celle de Satrapi, est contée avec une sorte de nostalgie mais aussi avec pas mal de dérision, comme si elle voulait s'en prendre à la terre entière, tout en gardant un côté très ludique à sa satire. Alors on pourra trouver le rythme peu soutenu, l'histoire moins intéressante par moments et certains détails abusifs (mais drôles), Persepolis reste quand même un film à part, pas vraiment le meilleur, mais aussi un film engagé, qui brouille les codes de son genre pour finalement en modeler un nouveau : l'animation adulte, mais qui arrive à trouver un juste milieu entre la violence d'un Akira et la niaiserie d'un Disney. Et venant de français, ça ne peut que nous rassurer sur l'avenir de l'animation dans notre pays.
Autant en emporte le vent (Victor Fleming, Sam Wood, George Cukor)
Synopsis : En Georgie, en 1861, Scarlett O'Hara est une jeune femme fière et volontaire de la haute société sudiste. Courtisée par tous les bons partis du pays, elle n'a d'yeux que pour Ashley Wilkes malgré ses fiançailles avec sa douce et timide cousine, Melanie Hamilton. Scarlett est pourtant bien décidée à le faire changer d'avis, mais à la réception des Douze Chênes c'est du cynique Rhett Butler qu'elle retient l'attention...
Film culte parmi les films cultes, Autant en emporte le vent, avec une durée intimidante (près de 4 heures !), se laisse curieusement regarder sans le moindre début d'ennuis. Cette succession d'évènements, parsemée de rebondissements variés est un vrai bonheur. Il y a, en plus du suspense, une parfaite élaboration de personnages (Scarlett que l'on adore détester, le charismatique Rhett, le discret Ashley, la pulpeuse Melanie) qui vous font vivre cette histoire de l'intérieur avec une justesse implacable. Ancêtre du blockbuster, Gone with the Wind est avant-gardiste, grandiose, et sûrement l'un des films les plus impressionnants jamais réalisés.