Synopsis : La nuit d'Halloween 1963. Le jeune Michael Myers se précipite dans la chambre de sa sur aînée et la poignarde sauvagement. Après son geste, Michael se mure dans le silence et est interné dans un asile psychiatrique. Quinze ans plus tard, il s'échappe de l'hôpital et retourne sur les lieux de son crime. Il s'en prend alors aux adolescents de la ville.
Sans contestation possible, ce slasher épique est un des nombreux piliers du cinéma horrifique. Pourquoi ? Parce que c'est déjà John Carpenter qui met le film en scène. Parce que la musique du film est sidérante, j'en ai encore des frissons. Parce que Michael Myers est connu pour être le tueur le plus sadique jamais vu à l'écran. Je continue ?
Plus sérieusement, Halloween frôle le statut de chef d'uvre. Seulement, il manque quelque chose. Peut-être du sang, des tripes, de la chique et du mollard ? Pourquoi pas, tiens ! Car cette uvre phare de Carpenter n'est pas aussi saisissante qu'elle puisse paraître. La musique est certes, stridente, horriblement stressante et oppressante, mais elle est mal placée. Chaque scène accompagnée de musique n'est pas forcément la mieux choisie, les meurtres se font sans accompagnement musical, ce qui donne un vrai sens réel au film, mais certainement pas un aspect horrifique.
A peu de choses près, Halloween ressemble comme deux gouttes d'eau aux Griffes de la Nuit de Wes Craven. Le principe est le même : de jeunes adolescents se font harcelés par un dangereux boogeyma sanguinaire, des cris, des larmes, une musique à glacer le sang,... et je vous passes d'autres commentaires qui pourraient être superflus. Mais au final, on a toujours le même problème dans les deux films : le tueur est indestructible. Les victimes s'en donnent pourtant à cur-joie pour zigouiller leur bourreau : aiguille de tricot, balles de revolver, cintre, couteau, rien n'y fait, Myers est immortel, il vit grâce à cette folie douce qui l'emporte et le pousse à faire d'horribles crimes (strangulation par derrière dans une voiture, étranglement avec un fil de téléphone, un couteau de cuisine planté dans le ventre d'un pauvre jeune homme qui semble être crucifié,...).
Carpenter commence son film par une scène particulièrement traumatisante. On suit la scène des yeux du petit Michael (dont on prendra connaissance à la fin de la scène). Nous pouvons seulement voir ce que voit le jeune garçon. La caméra subjective de Carpenter est traumatisante de réalisme. On ne sait pas trop ce qui se passe, on le voit enfiler un masque de clown après qu'il ait pris un énorme couteau de cuisine. Il voit le petit ami de sa sur se rhabiller et partir de la maison. Il monte les escaliers, poignarde sa sur sauvagement. Il sort et est découvert par des passants qui ne comprennent pas ce qui s'est passé. Ellipse de 15 ans en avant. Michael s'est évadé. Ça va saigner !
Cette petite scène d'ouverture est intense car on entends la respiration du tueur. Ce plan très subjectif rend les choses naturellement ignobles et sournoises. Carpenter est judicieux dans sa manière de filmer, il capte l'ombre de son tueur que tout le monde voit (mais personne ne peut le voir s'ils sont deux, encore une preuve d'invincibilité) un peu comme Craven le fera dans Scream avec son meurtrier maladroit. Même si c'est un génie de l'horreur, il déçoit car les événement se succèdent avec de trop grosses pauses. Si l'épouvante ne vient que tard dans le film, les scènes de transition entre chaque crime sont d'un ennui presque «mortel». Et puis, c'est bien gentil de faire de la belle musique qui fout les jetons, mais faudrait peut-être les mettre au bon moment, pendant une scène de crime, par exemple. Et ne pas la mettre comme ça dans une scène banale où rien ne se passe.
Les scènes de meurtres sont particulièrement atroces dans le contexte, mais elles se font dans un silence religieux, pas de cris, juste des gémissements furtifs. L'absence totale de cette fameuse musique pendant ce genre de scènes est rageante, d'autant plus qu'elle aurai amener un peu plus de frissons se fait ressentir. Même si j'ai pu avoir deux au trois secondes de chair de poules ou d'hérissages (pardonnez-moi si j'ai un doute, mais je ne crois pas que ce mot existe, j'encourage les plus érudits de la langue française à justifier cette interrogation) de poils, je n'ai jamais eu ces suées jouissives que j'ai pu avoir devant des films comme Blair Witch ou Texas Chainsaw Massacre. Je n'ai pas eu peur, j'ai apprécié le moment dû au suspense et à l'action, mais je n'ai pas ressentie forcément de l'horreur là dedans. C'est tout juste si je ne flippe pas plus devant un épisode de Cold Case (cette affirmation est la plus réelle qui soit, toute exagération de ma part serait purement fortuite).
Myers est un tueur énigmatique. Sa respiration forte, sa lenteur dans ces exécutions meurtrières en font un tueur impressionnant par la pâleur de son masque. C'est un psychopathe pour la simple et bonne raison que ces victimes sont aléatoires et qu'elle n'ont aucun point commun (si ce n'est qu'elles ont à peu près le même âge et qu'elle habitent dans la ville d'enfance du tueur), c'est ça qui accentue le côté «malade mental» du Michael. Mais son invincibilité est un peu trop flagrante. Même si elle participe rondement à l'organisation du suspense (qui est le seul point typiquement "film d'horreur" du film). L'ensemble reste satisfaisant, je n'ai pas eu peur, mais je ne me suis pas ennuyé. Au final, c'est presque la même conclusion que Les Griffes de la Nuit : pas de réels frissons mais une musique stridente et une réalisation parfaite.
Allez, pour finir, je vais vous parler d'un point qui m'a beaucoup marqué. Je veux évidemment parler du fait que Myers choisit ses victimes en fonction de ce qu'ils ont fait de leur vie sexuelle. En effet, sa première victime était sa sur qui venait de coucher avec son mec, on est d'accord. Plus loin, on peut voir le meurtre de la fille dans la voiture qui s'apprêtait à rejoindre son ami pour «vous savez quoi». Encore plus loin, on voit Myers tuer un couple avec peu d'intervalle qui vient de faire l'amour. Et c'est au final qu'on voit l'héroïne virginale échapper aux griffes du méchant, sans le tuer, mais en restant en vie. Voilà, je crois que c'est tout pour aujourd'hui. Je n'ai pu qu'à souhaiter de bonnes vacances à ceux qui ont fini et à encourager ceux qui en ont encore pour quelques semaines. Et surtout ne l'oubliez jamais : « Vive le cinéma » (cf : citation de Quentin Tarantino).
En résumé, pas de frissons, juste un bon moment à passer, c'est un film culte qui est impérissable, mais qui manque d'un second souffle pour espérer faire trembler les plus costauds en matière d'épouvante.
Ma note : 6,5/10