Synopsis : De l'aube à la nuit, quelques heures dans l'existence de Monsieur Oscar, un être qui voyage de vie en vie. Tour à tour grand patron, meurtrier, mendiante, créature monstrueuse, père de famille... M. Oscar semble jouer des rôles, plongeant en chacun tout entier - mais où sont les caméras ? Il est seul, uniquement accompagné de Céline, longue dame blonde aux commandes de l'immense machine qui le transporte dans Paris et autour. Tel un tueur consciencieux allant de gage en gage. À la poursuite de la beauté du geste. Du moteur de l'action. Des femmes et des fantômes de sa vie. Mais où est sa maison, sa famille, son repos ?
Rêve ? Cauchemar ? Réalité surprenante ? Délire ? Bad Trip ? Holy Motors, qui semble tout de même être une grande métaphore sur le métier d'acteur, ne s'explique ni ne se comprend. Il se vit, se subit, et se déguste. Chaque séquence est d'un délice visuel, d'une précision dans les gestes et les paroles, d'une variété folle et d'une créativité spectaculaire. On a tout simplement l'impression qu'il n'y a plus aucune limite dans le monde de Carax, qu'il est libre de faire ce qu'il veut, pour notre plus grand bonheur. Ainsi, la folie envahie la salle, et elle se traduit de plusieurs manières différentes (nous pouvons affirmer que la séquence hallucinante avec M. Merde, est aussi folle que celle où un père de famille puni sa fille car ''elle ne s'est pas amusée à une fête''), et c'est ça qui est vraiment original.
Dans le fond, on comprend vite que Carax a inclut dans son film, tous ces délires les plus fous, sans savoir vraiment si cela correspondrait à l'ambiance du film. Seulement, l'atmosphère change en fonction des scènes, et donc, tout passe très bien. Avec en plus quelques twists (Oscar qui se tue lui-même, ou ressuscite après une fusillade), une image léchée et un Denis Lavant excellent, Holy Motors gagne un statut de film fait ''pour la beauté du geste'', sans failles si ce n'est quelques lenteurs (on pense à la scène avec Kylie Minogue, ou à celle du vieil oncle sur son lit de mort). Ce film nous permet, en plus de passer un bon moment et de délirer abondamment, de comprendre encore un peu plus la complexité du métier d'acteur. Car, aussi abstrait qu'il veut y paraître, Holy Motors, est un film sur le cinéma (il n'y a qu'à voir la séance en motion-capture, et pleins d'autres éléments, pour en être sûr). Un très bel hommage, embelli une nouvelle fois grâce à une dernière scène, tout simplement pétrifiante d'originalité.
En résumé, Holy Motors peut paraît compliqué, dingue, mais pourtant, il a une visée très simple, ce qui le rend encore plus stupéfiant, encore plus dense, encore plus
beau.