Synopsis : Ils ont cru quil était un simple ouvrier, un bouc émissaire idéal pour porter le chapeau dun assassinat politique. Ils ignoraient quil sagissait de Machete, un ancien agent fédéral hors pair, une légende Laissé pour mort après son affrontement avec le puissant baron de la drogue mexicain Torrez, Machete sest réfugié au Texas, où il cherche à oublier son passé. Lassassinat dun sénateur et un coup monté font de lui lhomme le plus recherché du pays. Cette fois, Machete est bien décidé à se laver de ces accusations et à dénoncer une corruption rampante et tentaculaire. Mais il va trouver sur sa route Booth, un homme daffaires prêt à tout entouré dinnombrables tueurs à sa solde ; Von, à la tête de sa petite armée personnelle, et Sartana, une employée des services dimmigration prise entre le respect de la loi et son désir de faire ce qui est juste. Pour laider, Machete va faire appel à Luz, la belle au cur de révolutionnaire, et au Padre, un prêtre aussi doué pour les bénédictions que dans le maniement des armes à feu. Se frayant un chemin à coups de rafales, de sang et de curs brisés, Machete cherche à la fois la vengeance et la rédemption
Tarantino rencontre les frères Coen... Tarantino because l'effet Grindhouse, les dialogues savamment déjantés et malins, mélangés à l'affection aux scènes sanglantes magnifiquement esthétiques. Coen bros because le scénario qui, malgré un manque cruel de crédibilité reste simple et diaboliquement efficace, tout comme l'excellent No country for old men. D'abord une fausse bande-annonce entre les deux films du diptyque en hommage aux films d'exploitations des années 1970 sorti quelques années plus tôt (mas je ne vous apprends strictement rien), Machete est devenu un long-métrage ambitieux, réalisé par le talentueux Robert Rodriguez (élève modèle du mythe Tarantino) et Ethan Maniquis (Ethan Mani... quoi ?). Si vous avez toujours rêvé de voir Steven Seagal dans le rôle d'un méchant ainsi que d'avoir réunit sur un même film les délicieuses Jessica Alba, Michelle Rodriguez et Lindsay Lohan, pensez qu'il est peu probable que cela se reproduise. Avec en plus, enfin un rôle intéressant et à la hauteur de Danny Trejo et la bonne participation de Robert De Niro, il serait regrettable de bouder notre plaisir.
Alors c'est parti. Et là où Inglourious Basterds avait réussi à nous faire exploser de rire alors que des méchants se faisaient défoncer les tête par une bande de salopards chatouilleux du couteau, Machete (avec l'accent mexicain, s'il vous plait)parvient également à vous faire rire alors que du sang gicle et que des boyaux sortent dans tous les sens. Ça va dans tous les sens et personne n'a le temps de s'ennuyer... ni de réfléchir. Parce que ce qu'oublient les réalisateurs de nos jours, c'est de ce prendre moins au sérieux. Une bonne dose de fun ne peut faire de mal à personne, surtout si le scénario est bien construit et que la réalisation est efficace. Coup de bol, c'est curieusement le cas dans ce film, et on ne peut rien y faire.
Outre un casting prodigieux, des cascades explosives, de l'humour noir (et very sanguinolent) et d'excellentes trouvailles, c'est surtout le fait que ce sujet soit totalement pris en dérision qu'il fait du bien dans notre tête. Imaginez un No country for old men qui croise Kill Bill, le tout dans une ambiance joyeuse avec environ autant de fous rires qu'en regardant un sitcom style Friends, et vous aurez Machete, un cocktail explosif qui ne se prend pas au sérieux et qui fait défiler les scènes d'anthologies sans aucun tant morts, le tout en maintenant un scénario au-dessus du regardable, avec au final un film divertissent où l'on a pas vraiment le temps de penser, ni d'avoir quelconque esprit critique. C'est vrai qu'il y a quelques passages lourds et anachronismes (enfin, pas des anachronismes genre faux raccords, mais des trucs genre : Alba, jeune femme belle et intelligente qui vit seule et qui tombe raide dingue amoureuse d'un bad boys qui sait pas se servir d'un portable qui fait en gros 15 ans de plus qu'elle), c'est vrai qu'il y a des défauts et que la scène de bataille finale, c'est du grand n'importe quoi... Mais le moment passé est unique, et avec quelques passages particulièrement bien trouvés (en guise de comparaison : la scène où Machete descend de l'hôpital avec les boyaux d'un type est presque comparable avec la scène de Marvin Shot dans Pulp Fiction) comme par exemple le coup du thermomètre (grand moment de rigolade en perspective), Rodriguez... et Maniquis (je l'avais oublié celui-là) nous donnent une bonne leçon : un film réussi est avant tout une uvre réfléchie qui sort du cur du ou des réalisateur(s). Après, on adhère... ou pas, à vous de voire.
En résumé, Tarantino n'aurait guère pu faire mieux dans ce film bourré de testostérone qui alterne joliment passages violents (mais drôles) et dialogues particulièrement bien trouvés (« Avec ça tu dégomme la biroute d'un moustique qui pisse à 1 kilomètre sans lui défroisser la peau des couilles ») : un pari gagné pour Rodriguez et Maniquis.
PS : J'attends de pied ferme les fameux Machete Kill et Machete Kill Again, même si je dois être le seul à espérer que ces vraies-fausses-suites de Machete aboutissent à deux films aussi jubilatoires que le premier épisode... Pero esperanza hace vivir (merci Google Translate).