
Synopsis : Inséparables depuis le premier âge, Lil et Roz vivent en parfaite osmose avec leurs deux enfants, deux jeunes garçons à la grâce singulière et qui semblent des prolongements d’elles-mêmes. Les maris sont absents. Inexplicablement, et pourtant comme à l’évidence, chaque femme se rapproche du fils de l’autre, nouant avec lui une relation passionnelle. A l’abri des regards, dans un Eden balnéaire presque surnaturel, le quatuor va vivre une histoire hors norme jusqu’à ce que l’âge vienne mettre un terme au désordre. En apparence, du moins...
Paysages luxuriants d'une Australie paradisiaque, où la vie des personnages semble faite de luxes et de loisirs. Pourtant le film parle beaucoup des aléas du travail, avec les relations entre collègues, les mutations géographiques, l'entrée dans la vie active. En fait, Perfect Mothers parle de beaucoup de choses, et on pourrait dire que c'est un bon film, cependant, il est truffé d'imperfections, de petits détails qui lui donnent un aspect fort antipathique. On ne va pas s'attarder trois heures sur un film qui ne mérite que quelques lignes d'analyse. On aurait le réflexe de le considérer comme un film assez réfléchi, mûr, avec une véritable volonté d'y laisser un message fort. Mais au final, on en ressort comme à la fin d'un divertissement de seconde zone un peu ''coquin'', Plus belle la vie ou encore Les feux de l'amour nous viennent alors en tête. Censé faire chavirer notre conscience, voulant défrayer la chronique en y mettant en scène ces relations interdites (sujet dont la corde semblait être épuisée depuis longtemps), le film d'Anne Fontaine n'apporte qu'une réflexion très arrêtée de l'adultère et n'y montre aucune tension érotique. Au final, on en ressort avec la tête aussi vide que le regard bovin de James Frecheville. Rien ne nous a marqué.
On sera tout de même forcé d'admettre qu'il y a un peu de bon : la réalisation est correcte, le rythme soutenu (pas de place à l'ennuie), et les acteurs (surtout le duo Watts-Wright) plutôt bons. On pourra tout de même regretter la façon abjecte dont la situation se débloque en début de film : on n'avait jamais vu un ''élément perturbateur'' arriver de manière si brutale et inexpliquée, et cela gâche vraiment le reste du film. On parlera brièvement d'une fin qui part un peu en couille, succédant à une idylle (double ici) à laquelle on prenait du plaisir à suivre. Dans le même thème, Le Diable au corps, roman de Raymond Radiguet, exploitait les ficelles des liaisons tabous, et la fin venait clore amèrement une trame qui s'installait pourtant bien. Ici, même constat : il est très difficile de traiter de ce genre de thèmes sans user du flashforward, sans parler de routine, et de faire avancer l'histoire d'amour (enfants, mariage, adultère, etc). Mais, qu'on se le dise : dans toute relation amoureuse, la période happy sex reste de loin la plus palpitante, et la moins ennuyeuse.
En résumé, ce n'est ni bon, ni mauvais, bien au contraire...
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