Synopsis : En 1977, dans une province de la bourgeoisie française, Suzanne Pujol est lépouse popote et soumise dun riche industriel Robert Pujol. Il dirige son usine de parapluies dune main de fer et savère aussi désagréable et despote avec ses ouvriers quavec ses enfants et sa femme, quil prend pour une potiche. À la suite dune grève et dune séquestration de son mari, Suzanne se retrouve à la direction de lusine et se révèle à la surprise générale une femme de tête et daction. Mais lorsque Robert rentre dune cure de repos en pleine forme, tout se complique
Je vois un engouement général, à la vue de la sortie de Potiche, nouveau film de François Ozon. Je vois des spectateurs, critiques, blogueurs qui éjaculent de toute leur semence, tous unanimes quant à la qualification de chef d'uvre à ce film. Moi, j'ai surtout vu qu'il est possible que mes avis diffèrent des autres, sans que j'en perde ma crédibilité.
Cette fois-ci, promis, j'essaierai d'être le plus bref possible. On m'a toujours reproché d'être prolixe dans ma prose bloguistique, d'être bavard, trop bavard, de me lancer dans des phrases tellement longues qu'elles en perdent leur véritable sens grammatical. Alors je vous promet que j'abrègerai. Car Potiche ne vaut presque pas la peine d'être chroniqué d'une façon longue et élaborée. Je me suis clairement emmerdé dans certains passages. J'ai bien rigolé, j'ai parfaitement apprécié la double performance Deneuve-Luchini, apprécié les dialogues, les effets de styles, le reste du casting. Mais qu'avons-nous d'autre à nous mettre sous la dent ? Rien. Que dalle, rien du tout, que nenni, finalement pas grand chose qui pourrait nous permettre de passer un moment agréable de bout en comble. Car ce film, mesdames et messieurs est un film qui manque royalement de couilles. Ça part avec des sentiments engagés. Une belle critique de la société en perspective, deux ou trois allusions à Sarko (de « Casse-toi pov' con » à « Travailler plus pour gagner plus »), une satire sociale exprimant le chômage, les manifestations et la nymphomanie, ainsi que quelques autres détails, mais ça s'arrête là. Au début du film, la vision de l'hommage à Blanche-Neige ne pouvait qu'attiser ma curiosité : « Dites-moi, il y en a combien des films qui ont déjà fait ça auparavant ? 550 ou 2400 ? ». Tex Avery l'a fait des dizaines de fois à lui tout seul, Shrek l'a aussi fait mais en mille fois plus drôle, et je peux continuer encore longtemps. Et il faut que rappelle au monde entier que les pseudos-satires sur Sarkozy avec ces fameuses citations sont des murs courantes chez le cinéaste comique français de base depuis 2007 ?
C'est bien de vouloir se moquer un peu du gouvernement, de notre société qui vire au naufrage, de la France à la dérive. Mais quand on ne s''assume pas (Ozon aurait-il peur de passer à la guillotine ?) et qu'on ne pousse pas plus loin dans la satire, on a du mal à rester crédible. Alors pourquoi n'avoir pas prolonger plus loin dans ce qui aurait pu être un film anti-sarkoziste et novateur, une première en France depuis un millénaire, enfin un film qui a les tripes d'afficher clairement ce qu'il pense du gouvernent. Mais non. Ozon préfère faire rire avec un nombre limité de petites critiques, comme ça il passera pour un grand rebelle qui a peur de rien et tout le monde sera content.
Ce n'est pas plus ça qui me dérange. Par delà les fautes de raccord, les scènes franchement chiantes qui se multiplient au fur et à mesure que le film avance, c'est surtout l'énormité de Ozon à faire de multiples pastiches qui viennent une nouvelle fois gâcher un film qui, à la base, et s'il avait été plus simple aurait pu être très chouette. Hommages à l'univers de Demy (couleurs pastels, Deneuve qui chante à la fin une chanson de Jean Ferrat encore un hommage ?) et aux nombreux films dans lesquels Deneuve et Depardieu, tout passe à la moulinette et le résultat est raté et plutôt laid.
En résumé, le film n'est pas vraiment déplaisant, mais l'accumulation des nombreux défauts cités plus haut, ainsi qu'un casting parfois mal exploité (Depardieu n'apparait pas assez) et un manque cruel de rythme et d'une structure scénaristique font de ce film une sorte de grande publicité ringarde des années 1970 pour une marque de savon, décevant et c'est bien dommage.
Ma note : 5/10