Synopsis : Lorsque la dernière mission de Bond tourne mal, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier. Le MI6 est attaqué, et M est obligée de relocaliser l’Agence. Ces événements ébranlent son autorité, et elle est remise en cause par Mallory, le nouveau président de l’ISC, le comité chargé du renseignement et de la sécurité. Le MI6 est à présent sous le coup d’une double menace, intérieure et extérieure. Il ne reste à M qu’un seul allié de confiance vers qui se tourner : Bond. Plus que jamais, 007 va devoir agir dans l’ombre. Avec l’aide d’Eve, un agent de terrain, il se lance sur la piste du mystérieux Silva, dont il doit identifier coûte que coûte l’objectif secret et mortel…
Le générique d'entrée laissait entendre un « this is the end » laissant sans voix (tout comme le générique en lui-même), et à la fin, nous avons le droit à un cycle qui ne se rompt pas (Bond repart dans de nouvelles aventures), preuve qu'une vraie inventivité, maitrise et envie de jouer avec le public, sont possédés par le dernier récit des aventures de l'agent 007. Sam Mendes et sa bande fêtent les 50 ans de la plus longue franchise de l'histoire du cinéma, et tout tourne autour de cet hommage indirect à l'espion le plus célèbre du monde. Pour exemple, le whisky que sert Silva à Bond est un « 50 ans d'âge », on ressort la vieille bagnole, on utilise un vieux fusil de chasse et un couteau pour l'ultime bataille, et le dialogue entre ''Q'' et James Bond décrit en quelques mots la situation présente, à savoir : la science a progressé, mais rien de vaut l'espionnage à l'ancienne. Beaucoup de clins d'œil, d'action, de prouesses techniques (la scène d'exposition, le train qui tombe dans les sous-terrains), visuelles (la séquence dans l'immeuble à Shanghai, à Macao), mais aussi quelques ratés (le personnage de Séverine, et sa love story éphémère avec Bond ne passionnent guère). On tombe facilement dans le cliché (le méchant un peu cinglé, la baston sur le toit d'un train), dans le peu crédible (courses-poursuites en moto sur des toits de maison et un peu n'importe où, Bond qui tient 2 minutes en apnée sous l'eau d'un lac gelé, tout en tuant son adversaire avec sa jambe), mais on ne s'ennuie pas, et on jouit de l'image que nous propose Mendes, de la qualité de l'action proposée, de la simplicité et à la fois complexité du scénario, dans les quelques bons dialogues, dans les idées anecdotiques (les pièges artisanaux dans la maison isolée), dans l'humour et la noirceur.
C'est dans cette complexité, dans l'alliance de plusieurs opposés, et dans la remarquable performance (mais on a l'habitude) de Daniel Craig, que Skyfall puise ses principales ressources. Ajoutez-y les moyens financiers, un cinéaste qui pense chaque image filmée, et l'élément vital qu'est la superbe composition musicale du film, et vous aurez un film d'action pas parfait, mais sacrément bien foutu. A ce rythme-là, James Bond continuera toujours de nous surprendre, même dans 200 ans.
En résumé, s'il faut reconnaître quelques scènes peu crédibles et des stéréotypes un peu trop usés, on ne pourra que se mettre à genoux devant tant de maitrise, et devant ce pouvoir qu'a l'agent Bond de nous scotcher sur notre siège pendant près de deux heures et demi.