Parce que c'est Spielberg qui est à l'origine du projet, on a vite cru que ce Terra Nova était un remake sous forme de série du cultissime Jurassic Park. Les premières images nous rappellent vaguement Minority Report, les secondes un peu Dinotopia. Et au final, Terra Nova est un mélange de pleins d'univers (celui d'Avatar, entre autres), de films et séries, l'assemblage de tout ça donnant un résultat bluffant dans le fond, décevant dans la forme. En effet, la série a des airs de petit navet de seconde partie de soirée sur NRJ 12, grâce notamment à des effets visuels très décevants (qui semblent cependant s'améliorer au fil des épisodes) et des dialogues un peu simplets. Au tout début, l'histoire est intéressante mais les personnages trop superficiels (une panoplie phénoménale de stéréotypes avec le flic, le chef-militaire cynique, le gosse un peu casse-cou, la fille très (trop ?) sérieuse, la gamine capricieuse et j'en passe), et le schéma global un peu facile (les gentils sont contre les méchants et puis c'est tout). Mais au fil des épisodes, une porte qu'on pensait fermée pour toujours, s'ouvre en grand et nous emmène dans des endroits qu'on ne soupçonnait pas. L'intrigue prend une ampleur sur-dimensionnée, les personnages sont des plus en plus attachants, et les sous-intrigues sont assez surprenantes (un virus qui fait perdre la mémoire, la résolution d'une enquête où on connait le meurtrier mais pas la victime, etc).
En plus d'intriguer, Terra Nova s'installe comme un feuilleton quotidien où les lieux deviennent les nôtres, et où les sentiments/caractères des protagonistes n'a plus de secret pour nous. On a vraiment l'impression d'être à Terra Nova, de vivre dans ce paradis terrestre et de ne plus vouloir y partir. De plus, les méchants deviennent gentils, puis redeviennent méchants, et vice-versa, comme si les scénaristes voulaient nous montrer que ces personnes qu'on croyait si bien ''connaître'' cachaient encore des choses. Et curieusement, ces prises de risques scénaristiques s'avèrent fonctionner à merveille, tant les situations peuvent être surprenantes (Jim emprisonné, Mira et Taylor qui s'allient le temps d'une nuit). A chaque épisode, quelque chose de nouveau est tenté. On passe de l'humour noir au tragique, sans oublier quelques passages un peu romantiques (ça reste du Spielberg, ne l'oublions pas), tout cela avec une fluidité étonnante. Et puis vient ce final (en deux épisodes), qui marque un changement brutal de direction pour les personnages comme pour nous tous. De la lumière, aux paysages luxuriants, à la placidité de Terra Nova, succède un environnement sombre, poussiéreux, et bien plus violent (les deux derniers épisodes ont été interdits aux moins de dix ans en France). Terra Nova se met donc à ressembler au Seigneur des Anneaux, mais dans le sens inverse (la paisible région de la Comté occupait environ 1/10 de la trilogie répartie au tout début, pour laisser place à l'obscurité de la Terre du Milieu et de la recherche de l'anneau unique ; ici, les dix premiers épisodes se passent sous les arbres verts, le soleil, et le calme, pour laisser place, aux deux derniers, à un enchainement violent pourtant attendu).
Vous l'aurez bien compris, Terra Nova présente une quantité incalculable d'éléments dont on pourrait discuter pendant des heures, mais a aussi quelques sérieux
problème au niveau visuel (les effets spéciaux sont vraiment très moches). C'est une série qui commence bien et qui est promise à un bel avenir (la fin du dernier épisode laisse encore
beaucoup d'interrogations). C'est une série qui prouve également qu'en ressemblant à plein d'autres, elle peut tout de même se démarquer, et offrir un spectacle unique, divertissant, et
vraiment intriguant.