
Synopsis : Cuba. Malu et Jorgito sont deux enfants qui se sont promis d'être amis pour la vie, bien que leurs familles se détestent. Quand la grand-mère de Malu décède et que sa mère décide d'aller vivre à l'étranger, Malu et Jorgito s'échappent jusqu'au bout du monde à la recherche d'un espoir pour leur amour. Commence un périple à travers Cuba...
Viva Cuba, une histoire d'amitié, d'instinct, très moralisateur, ce film bancal de Malberti est un échec par sa forme beaucoup trop personnelle et par sa puérilité dérangeante. En effet, Viva Cuba déborde de ce qu'on peut appeler de la gaminerie. Doté d'une photographie cubaine intéressante, le réalisateur se précipite dans les choses et donne une mise en scène fouillis et pas très agréable à l'il. C'est aussi un film d'amour impossible, d'aventure et qui inclut dans son histoire quelques interventions divines.
Si le scénario est mou du genou, il n'épargne jamais ses acteurs (qui sont très jeunes) en les faisant partir dans tous les sens. Car oui, cette histoire est belle et symbolique, mais elle est à coucher dehors. Malberti se lance dans des élucubrations douteuses : genre la petite fille qui pendant tout le film essaie de ne pas se faire remarquer pour qu'ensuite, elle chante (terriblement faux en plus) devant la télé où, comme par hasard sa mère regarde à cette heure là. Je vous parlais d'interventions divines et aussi de phénomènes paranormaux, j'en ai deux beaux à vous montrer : on a tout d'abord cette scène où Jorgito et Malu sur la plage, dans une belle nuit étoilée (étoiles faites sur paint deux jours avant le tournage) et la petite fille arrive à faire «bouger» les étoiles grâce à un mouvement fluide du doigt, cette scène est pour moi un grand bide, un moment de solitude très embarrassant pour le metteur en scène qui voulait rendre les évènements magique mais qui ne s'attendait pas à ce que cette scène soit aussi comique et parodique; comme autre exemple, il y a aussi ces indigènes de la forêt avec ses «animaux» de compagnies (eux aussi créés sur paint la veille) qui crachent des gros glaviots sur les passant pour leur faire peur (quelle pitié).
Au bout d'un moment, même si le scénario est très bordélique, on se dit que c'est un film fait pour garder la bonne humeur, mais c'était sans compter sur des péripéties aussi chiantes qu'une finale entre les «surs Williams» à l'US Open. Ces péripéties amènent un caractère mélancolique et désespéré, car si ce film est basé sur l'amitié et l'espoir, la tournure des événement nous fait totalement oublier ces deux mots maitres. On se rends compte aussi que les enfant saturent, qu'ils en ont marre, qu'ils n'y croient plus (Jorgito qui finit le film avec la voix cassée). Dès le début, les enfant jouent mal, ils récitent leur texte comme une poésie d'Arthur Rimbaud et ne font passer aucune émotion (je sais ce que je dis je l'ai vu en VO). Tout cela pour un final (qui est réellement le seul grand point positif de ce film), très poétique, symbolique et marquant un grand geste de désespoir. Nos deux enfant sont arrivés au bout de leur quête, mais les parents sont arrivés avant eux, commence alors un longue dispute entre les 4 parents, les deux gosses tentent de parti=r une nouvelle fois, sortir de cet enfer cubain, de ces disputes de ces conflits, seulement, ils ne le peuvent, ils s'arrêtent en haut de la falaise qui sépare Cuba du reste du monde, ils sont piégés à jamais dans ce monde de brute où plus rien de va, ils se serrent l'un contre l'autre, les yeux rivés sur la mer, et devront vivre encore des moments terribles. La métaphore est jolie, mais elle laisse sur notre faim, pas de réponses à nos questions.
Il ne fallait peut-être pas trop en rajouter, car ce film frise le ridicule et frôle le navet intersidéral, aussi rageant qu'une victoire de Nadal sur Federer en finale de Wimbledon. Viva Cuba est particulièrement chiant à regarder. Se basant sur des fait d'amitiés puérils et des plans irréguliers, le cinéaste cubain s'enfonce dans un film qu'il tenait beaucoup trop à cur et se lance dans un surplus de banalités et d'approximations, essayant de faire compliqué avec ses effets spéciaux informatiques à deux balles, il donne une film compliqué alors que la simplicité aurait été de meilleur augure. Pour ceux qui l'ont remarqué, j'ai placé deux comparaisons tennistiques dans cet article, Rolland Garros oblige.
En résumé, Viva Cuba est un film trop compliqué, trop bordélique, et pas assez soigné, l'ensemble de la réalisation est médiocre et l'histoire est difficile à gober.
Ma note : 2/10