Synopsis : À Bangkok, Julian, qui a fui la justice américaine, dirige un club de boxe thaïlandaise servant de couverture à son trafic de drogue. Sa mère, chef d’une vaste organisation criminelle, débarque des États-Unis afin de rapatrier le corps de son fils préféré, Billy : le frère de Julian vient en effet de se faire tuer pour avoir sauvagement massacré une jeune prostituée. Ivre de rage et de vengeance, elle exige de Julian la tête des meurtriers. Julian devra alors affronter Chang, un étrange policier à la retraite, adulé par les autres flics…
Difficile (impossible?) de cerner la véritable utilité du dernier film du prodige Refn, lui qui avait tant brillé ces dernières années. Only god forgives est un anti-Drive, un anti-cinéma pour être plus général (et plus dur), et un film totalement raté qui se perd dans la facilité et peut-être à cause des niveaux de lectures trop flous. Pas vraiment d'intrigue, juste de belles images, voilà ce que le cinéaste danois nous propose : une belle assiette de faïence avec rien dedans. Pour combler notre appétit, NWR foire complètement son tir, et nous voilà plongé dans 1h30 d'un film lent, inutile, à la limite d'énerver parfois, bref, on ne parlera pas de ''purge'' parce que tout n'est pas mauvais, mais en ressortant, les mots manquent pour exprimer la déception.
Difficile également de se rendre compte à quel point le film est mal foutu. On pensera à ce scénario complètement vide, dénué de toute originalité. Ensuite, et c'en est le plus frustrant, on sent qu'il y a une réflexion, des métaphores (on pense aux quelques répliques parlant de Dieu et de l'Enfer, ou aux scènes où la réalité est confuse), mais aucune réponse à nos questions. Qu'on se le dise : c'est surtout de l’ambiguïté conçue pour boucher les trous. Rien ne semble naturel, ni maîtrisé si ce n'est la réalisation (les couleurs sont magnifiques, chaque plan est une œuvre d'art). Le montage est absolument affreux (le monteur a décidé de faire des essais, avec beaucoup de fondus bien laids et un découpage très mou). Et puis s'il fallait parler des acteurs, on ne s'attardera pas sur le cas Scott Thomas : l'actrice polyglotte est surprenante dans un rôle qui pourtant ne lui correspond pas. Et puis, que dire sur Ryan Gosling ? Son impassibilité commence sérieusement à gonfler : on a beau fondre devant sa jolie gueule, rien n'est plus frustrant que de le voir contempler le vide sans jamais qu'un petit son ne sorte de sa bouche. Tout est exagéré, que ce soit la violence, cette histoire de vendetta qui ne passionne absolument pas, ou ce combat ridicule à mains nues dans le silence d'une salle de boxe déserte, et les balafres mal faites sur le visage d'un Ryan Gosling aussi paumé que les spectateurs qu'il regarde avec ses grands yeux de bovin. Et puis l'autre thaïlandais invincible aura beau chanter avec justesse lors du générique, on n'attendra même pas qu'il finisse sa chanson avant de sortir précipitamment de la salle.
En résumé, pas besoin de parler thaïlandais pour savoir que le dernier film de Refn est un abominable échec.
![]()
