Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 22:00

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Synopsis : Ça commence dans le Nord. Ali se retrouve avec Sam, 5 ans, sur les bras. C’est son fils, il le connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. Là-bas, c’est tout de suite mieux, elle les héberge dans le garage de son pavillon, elle s’occupe du petit et il fait beau. A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone. Il est pauvre ; elle est belle et pleine d’assurance. C’est une princesse. Tout les oppose. Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau. Quand Ali la retrouve, la princesse est tassée dans un fauteuil roulant : elle a perdu ses jambes et pas mal d’illusions. Il va l’aider simplement, sans compassion, sans pitié. Elle va revivre.

Il y a tellement de choses à dire sur De rouille est d'os qu'on en perd notre français, qu'on a du mal à extérioriser ce truc sensationnel qui se passe lorsqu'on regarde le dernier film de Jacques Audiard. Comparé à tort à Intouchables, le film est une formidable tranche de vie, où la passion, l'amour, la tristesse, la joie et tant d'autres choses se condensent, offrant une vraie leçon à un spectateur qui hésite entre les larmes, les rires, ou voire même un mélange des deux. Quoiqu'il en soit, on ne peut sortir de De rouille et d'os sans n'avoir rien ressenti.

Qu'on soit touché profondément ou juste légèrement, De rouille est d'os possède une forme suffisamment belle pour rivaliser avec ce fond si... profond. Les acteurs sont excellents (Matthias Schoenaerts est épatant, et Marion Cotillard est encore plus excitante sans jambes), la réalisation sublime. Ensuite, l'idée principale dépasse tout : on a l'impression de vivre cette histoire, entre emmerdes quotidiennes (engueulades) et véritables problèmes de sociétés (les employés d'une usine traqués et licenciés, précarité, mauvaise éducation, jeux clandestins). Le film nous porte, nous soulève, élevant nos corps et esprits très haut, sans savoir si nous allons redescendre. A la fin, on est encore dans notre petit nuage : le film nous a émerveillé, et profondément bouleversé, secoué. Chaque scène est un morceau de bravoure, une tranche de vie qu'on a envie de partager avec le monde entier. Seulement, la terre est ronde, le monde vaste et la vie bien trop courte (la séquence-choc du lac gelé est là pour nous le rappeler, ou du moins, nous donner un sérieux avertissement). De rouille et d'os, sorte de message d'espoir pour chacun d'entre nous (le personnage joué par Cotillard renait de ses cendres après sa double amputation : tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir), fait taire les préjugés (un petit esprit peut avoir un grand cœur) et se veut bien plus poignant, réaliste qu'un certain Intouchables, faisant l'impasse sur l'humour (malgré quelques sourires) pour toucher un peu plus la réalité.

En résumé, cette histoire nous touche, et elle nous apprend quelque chose ; Audiard ne se contente pas de raconter : il offre au spectateur une image positive de la vie ; triste dans la forme, De rouille et d'os est pourtant bel et bien le feel good moviede l'année.

4 étoiles

Par copa738 - Publié dans : Films (Drame)
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 16:04

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Fish Tank (Andrea Arnold) - 2009

Synopsis : A 15 ans, Mia est une adolescente rebelle avec une unique passion : la danse hip hop. Un jour d'été, sa mère rentre à la maison avec un nouvel amant, Connor, qui s'installe chez elles. Est-ce enfin une promesse de bonheur ou bien un leurre ?

La détresse d'une famille pauvre dans la banlieue de Londres, une jeunes fille qui danse pour tout oublier et tombe amoureuse de son beau-père, l'enlèvement de la fille de ce dernier et une claque du père enragé, au beau milieu d'un champ, la nuit ; les moments-clés de l'intrigue de Fish Tank se comptent sur les doigts de la main, mais ils sont si bien orchestrés qu'on a la véritable impression d'assister à un pur chef d'œuvre. Le scénario n'est peut-être pas croustillant sur le papier, et pourtant, il possède une hargne, un truc qui nous dépasse tellement il est fort. Fait avec le cœur et les tripes, Fish Tank donne le cafard, mais aussi une rage sans barrières, un film qui réunit riches et pauvres, hommes et femmes, enfants et parents, pour un moment de bravoure exceptionnel, porté par une réalisation inspirée (jeu des couleurs, subjectivité de la ''fille'' qui se ressent à l'écran) et des acteurs plus que brillants. Une œuvre poignante, et simplement belle, tant au niveau du message qu'au niveau de l'image.

5 e¦ütoiles

 

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La Proie (Éric Valette) - 2011

Synopsis : Un braqueur s’évade de prison pour traquer son ancien codétenu, un tueur en série qui a entrepris de lui coller ses crimes sur le dos. Une policière de la Brigade des Fugitifs se lance à la poursuite du braqueur, devenu bien malgré lui l’ennemi public numéro 1. Quand chacun des protagonistes aura été au bout de lui-même, qui sera le chasseur, et qui sera la proie ?

Dupontel joue le ''gentil trop bon trop con'' pour la première fois de sa vie, mais curieusement, son rôle lui colle à la peau. On écarte directement la crédibilité du scénario (jambe cassée, balle dans le bras, chute de 50 mètres, et notre Dupontel tient toujours debout), et quelconque prise de risque au niveau de la mise en scène. Mais l'action est là, et le scénario est assez imprévisible pour nous scotcher définitivement sur notre fauteuil. On a l'impression de voir du Bebel, ou de revivre le A bout portant de Cavayé, sorti un an plus tôt, donc on repassera pour l'originalité. On tremble tout de même, sans ennuie (le film ne présente aucun temps-mort, ne laissant aucun répit au spectateur), et la pauvreté des dialogues passe presque inaperçue. La fin est en trop, et décrédibilise un film déjà peu réaliste à la base. On reste un peu sur notre faim, mais le moment passé est agréable. Un bon film pour se vider la tête.

3 étoiles

 

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Orange Mécanique (Stanley Kubrick) – 1972

Synopsis : Au XXIème siècle, où règnent la violence et le sexe, Alex, jeune chef de bande, exerce avec sadisme une terreur aveugle. Après son emprisonnement, des psychanalystes l'emploient comme cobaye dans des expériences destinées à juguler la criminalité...

Dingue, violent, scandaleux, tragique, comique, philosophique, cruel. Une liste longue comme le bras d'adjectifs très contrastés pourrait définir Orange Mécanique, tant la complexité de l'œuvre en fait un film si spécial. Très controversé à l'époque de sa sortie, Orange Mécanique est aujourd'hui plus facilement abordable, la télévision, les jeux vidéos, banalisant chaque jour un peu plus la violence. Considéré à tort comme l'apologie cinématographique de la violence, le film de Stanley Kubrick est en fait une œuvre très intelligente, avant-gardiste et magnifiquement orchestrée. On pense à cette réalisation, qui expérimente sans cesse (la scène du ''plan à trois'' en accéléré, la scène de la bagarre des Droogs dans la rivière au ralenti), et nous offre un résultat stupéfiant, indescriptible à l'œil nu, et qui laisse au spectateur le choix de prendre parti (haine ou pitié envers Alex ?). Tous ces éléments font de Orange Mécanique une œuvre complète et surtout unique en son genre : une véritable leçon de cinéma.

5 e¦ütoiles

Par copa738 - Publié dans : Critiques express
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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 12:20

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"Naissance d'une idée :

Tim Burton : Bon alors Johnny, je te présente le synopsis. ''En 1752, Joshua et Naomi Collins quittent Liverpool, en Angleterre, pour prendre la mer avec leur jeune fils Barnabas, et commencer une nouvelle vie en Amérique. Mais même un océan ne parvient pas à les éloigner de la terrible malédiction qui s’est abattue sur leur famille. Vingt années passent et Barnabas a le monde à ses pieds, ou du moins la ville de Collinsport, dans le Maine. Riche et puissant, c’est un séducteur invétéré… jusqu’à ce qu’il commette la grave erreur de briser le cœur d’Angelique Bouchard. C’est une sorcière, dans tous les sens du terme, qui lui jette un sort bien plus maléfique que la mort : celui d’être transformé en vampire et enterré vivant. Deux siècles plus tard, Barnabas est libéré de sa tombe par inadvertance et débarque en 1972 dans un monde totalement transformé.'' Bon alors, sois honnête, t'en penses quoi ?

Johnny Depp : C'est classique, absolument pas original, en gros c'est un peu de la merde, mais comme on se connait depuis longtemps, je veux bien jouer Barnabas, j'ai même des idées de maquillage et même de situations très drôles avec la façon de dormir du vampire, hihihi.

Tim Burton : J'étais sûr que tu allais accepter. Bon, pour le script, je pouvais pas faire de miracles non-plus. En ce moment, t'as dû remarquer que je suis plutôt dans la production. Ça rapporte beaucoup plus et on a moins de surcharge de travail. Mais tu connais mes fans : ils en veulent toujours plus, donc j'étais forcé de faire ce film.

Johnny Depp : Oui, et de toutes façons, tu peux faire n'importe quelle merde et moi je peux jouer comme un pied, on criera quand même au chef d'œuvre, vu qu'on a des noms qui font vendre, une notoriété, tu vois.

Tim Burton : Oh que oui, je suis hyper confiant. Mais il nous faut des arguments de vente tout de même. Pour faire un gimmick, j'ai demandé à Helena ''Bobonne'' Carter de jouer dans le film, ça lui fera plaisir et ça lui évitera d'avoir le temps d'acheter ces horribles gâteaux bio au super-marché du coin. J'ai pensé aussi à Eva Green, vu qu'elle sort tout juste du chirurgien esthétique, elle va attirer le spectateur masculin dans les salles, surtout si on met en valeur sa grosse poitrine dans la BA. Pour le titre, j'ai pensé à Dark Shadow parce que le mot ''dark'' va attirer tous les fans de films noirs, et parce que ''shadow'', j'aime bien ce mot.

Pendant le tournage :

Christopher Lee : Bon, j'ai fini ma séquence de une minute, je peux rentrer maintenant ?

Tim Burton : Oui, vas-y, n'oublie pas ton chèque de 200 000 $ surtout.

Johnny Depp : Pourquoi le majordome dans le film s'appelle Willy ?

Tim Burton : Pour faire une référence à Willy Wonka, putain Johnny tu comprends rien toi ! Puisque c'est comme ça, mon prochain film, tu joueras pas dedans !

Johnny Depp : M'en fous, c'est un film d'animation !

Tim Burton : Certes... Bon, on en était où ? Ah oui ! Gros plan sur les seins d'Eva Green numéro 177, première, action !

Visionnage du résultat final et éventuelles modifications avant la sortie du film :

Tim Burton : Bon super les gars, on a tous fait du beau boulot !

Johnny Depp : Je suis pas sûr que tu ai eu une bonne idée lors de la scène de fellation avec Helena, on était pas obligé de le faire vraiment !

Tim Burton : C'est pour un futur film porno ! J'anticipe une humiliation qui me fera virer d'Hollywood, donc j'organiserai mon come-back avec un film érotique. De toutes façons, je n'ai gardé que des plans suggérés pour Dark Shadow, faudrait pas choquer les enfants. Et puis Helena, ça ne la dérange pas, je te l'ai déjà dit Johnny : tout ce qui est à moi, est à toi !

Michelle Pfeiffer : Pourquoi lorsque je me vois à l'écran, j'ai l'impression de voir une grosse cougar ?

Christopher Lee : Pourquoi je n'ai pas reçu mon chèque ?

Chloë Moretz : Pourquoi j'ai pas un rôle de monstre moi ?

Tim Burton : Bon d'accord Chloë, ça me démangeait, on va ajouter une scène où tu te transformes en loup-garou, pour renforcer le côté émotionnel.

Gully McGrath : Quand je me vois, je trouve que je ressemble vraiment trop au petit Danny de Shining...

Tim Burton : Tu as raison, Danny, euh Gully, je vais peut-être retirer les scènes où tu fais du tricycle dans le château.

Eva Green : Je suis vraiment laide dans ce film. Je trouve que tu ne montre pas assez mes seins à l'écran, je ne remettrai jamais les pieds ici. Bye-bye !

Johnny Depp : Bon, le résultat est vraiment merdique ! Faut mettre le paquet dans la BA. Faut y mettre les seuls trucs marrants du film, à savoir le coup de la ''ménestrellle lilliputienne'' et... les seins d'Eva Green.

Helena Bonham Carter : J'en ai marre de mourir dans tous tes films Tim, pourquoi tu ne me fais pas ressusciter à la fin?

Tim Burton : Ah oui, pourquoi pas. En plus, ça fera un joli twist ending ! Bon sinon c'est pas qu'on s'emmerde ici, mais j'ai un dessin animé à finir moi, bon week-end à tous. Je vous enverrai vos payes à la fin du mois."

 

La suite, dans la salle obscure, vous la connaissez : on regarde notre montre tout le temps, on soupire, on rigole peu. Un Burton reste un Burton, donc l'univers est travaillé, mais le film est mou, et sans saveur. Burton a peut-être déjà vendu son âme au cinéma-business, suivant les traces d'un James Cameron. R.I.P Tim Burton, tu passeras le bonjour à Luc Besson de notre part.

  2 étoiles

Par copa738 - Publié dans : Films (Fantastique)
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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 21:17

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Synopsis : Un écrivain sur le déclin arrive dans une petite bourgade des Etats-Unis pour y promouvoir son dernier roman de sorcellerie. Il se fait entraîner par le shérif dans une mystérieuse histoire de meurtre dont la victime est une jeune fille du coin. Le soir même, il rencontre, en rêve, l’énigmatique fantôme d’une adolescente prénommée V. Il soupçonne un rapport entre V et le meurtre commis en ville, mais il décèle également dans cette histoire un passionnant sujet de roman qui s’offre à lui. Pour démêler cette énigme, il va devoir aller fouiller les méandres de son subconscient et découvrir que la clé du mystère est intimement liée à son histoire personnelle.

''There was no fog on the lake''. Coppola adapte son film gothique, avec du noir et blanc customisé à la Rusty James, des vampires comme dans Dracula, un personnage principal qui ressemble étrangement à Vincent Vega, un peu d'autobiographie, une fascination pour la mort, et des références à Baudelaire et à Edgar Allan Poe. Véritable œuvre symbolique synthétisant une carrière sans grandes fausses notes, ainsi qu'une vie troublée par la mort accidentelle et prématurée d'un fils, Twixt aurait pu être le film-testament de Coppola, tant la beauté des images et de chaque situation semble vouloir boucler une boucle (la notion d'une mort parfaite car magnifique dans la forme est clairement abordée dans Twixt). On assiste à une fantastique tournée (d'adieux ?) où chaque élément semble être conçu pour la beauté, la beauté seule.

Ainsi, il est clairement difficile de ne pas fondre lorsque Flamingo, jeune chef d'un clan de jeunes vampires, au maquillage dessinant une grande quantité de larmes noires sur son visage, récite dans un français parfait quelques vers de Baudelaire. Il est aussi compliqué de ne pas accrocher à cette intrigue, qui, malgré quelques zones d'ombres peu éclaircies en fin de film (le dénouement se fait presque entièrement dans le visuel, sans véritables explications), vous transporte jusqu'à la fin, laissant encore quelques mystères planer. Enfin, il est impossible de ne pas être fasciné par cet univers où le noir et blanc et la couleur ne font plus qu'un, où le fantastique, l'humour (on pense à la scène mythique où l'écrivain raté ne parvient pas à débuter son livre), l'absurde (le whisky qui change de couleurs, quelques effets spéciaux ratés) mais aussi le suspense se croisent et forment une farandole compacte, nous offrant un spectacle d'une haute qualité et d'une justesse folle. On passera plusieurs heures à retourner le film dans tous les sens, et la conclusion sera évidente : Coppola a mis dans Twixt tout ce qu'il a dans le cœur, et lorsque c'est le papa du Parrain et d'Apocalypse Now qui fait passer à l'écran ses plus profondes et obscures pensées, la mayonnaise prend immédiatement.

En résumé, Coppola, inspiré, poétique, nous livre un film complètement fou, là où la beauté l'emporte sur tout, au-delà même d'une intrigue, d'un univers et de personnages fascinants.   5 étoiles

 

Par copa738 - Publié dans : Films (Fantastique)
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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 22:56

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Synopsis : Cinq amis partent passer le week-end dans une cabane perdue au fond des bois. Ils n’ont aucune idée du cauchemar qui les y attend, ni de ce que cache vraiment la cabane dans les bois…Signé par deux maîtres de l’horreur, Joss Whedon et Drew Goddard, voici un film qui réinvente et repousse toutes les conventions du genre. Attendez-vous à découvrir un nouveau niveau de terreur…

Il y a moins d'un an, James Wan revenait aux fondamentaux de l'horreur (ombres, musique grinçante, sursauts téléphonés) et signait avec Insidious un véritable chef d'œuvre qui a pourtant divisé (certains l'ont trouvé ridicule, d'autres ont eu carrément la peur de leur vie). Aujourd'hui, nous avons assisté à un pur renouveau du genre, ou comment La Cabane dans les bois casse le mythe implacable (en principe) des films d'épouvante en l'espace de quelques dizaines de minutes. On n'ira pas plus loin dans les explications, tant dévoiler le concept du film serait gâcher le spectacle. Car sans cette idée de départ, sorte de coup de marteau dans l'industrie de l'horreur, le film n'aurait jamais eu ce ''succès'' et aurait même fait figure de nanar de l'année.

Les amateurs de sensations fortes repasseront : ici, le gore est modéré, les sursauts peu nombreux. On a même l'impression qu'il y a une véritable surenchère dans l'exagération, si bien qu'on tourne vite à la comédie d'horreur. Outre les passages d'humour (concentrés dans ce final fun), et une réalisation simple, mais efficace par moments (on retiendra l'accumulation de bruitages et d'images très réussies lors de la scène du sous-sol), on est tout de même dans un schéma d'horreur classique avec le drogué, la bombasse, le musclé, l'intello et la vierge qui se font abattre un par un dans d'atroces souffrances. Les codes des films d'horreur, dévoilés excellemment bien, il y a plus de 15 ans dans le mythique Scream, sont au rendez-vous : le sexe porte préjudice aux personnages, le cadre (cabane isolée au fond d'une forêt, sans réseau téléphonique, etc etc) fout les boules d'avances, et un vieux péquenaud à la station-essence prévient les futures victimes, en vain. On n'oubliera pas de mentionner les références aux classiques de Romero, mais aussi à Massacre à la tronçonneuse, Détour Mortel et même au Seigneur des Anneaux, sans oublier l'étonnante panoplie de monstres que l'on peut voir à la fin du film (mais j'en dit déjà trop).

Vous l'aurez compris, La Cabane dans les bois n'est pas un film anodin, il n'est pas à prendre comme tous ces films visant à faire peur (dont une partie fait partie des œuvres majeures du septième art), mais bien comme un film complètement fou, qui brise les codes du cinéma dans son fond, mais ne touche presque pas à la forme, quoique... Vous voyez donc qu'il est difficile de cerner cet OCNI, et qu'il est surtout difficile d'en parler tant ce qui se passe à l'écran est... indescriptible. La seule chose censée qui sera écrite dans ces quelques lignes est : allez le voir, et vous pourrez vous faire votre propre opinion.

En résumé, sans être véritablement génial (les acteurs sont mauvais, le rythme est en dents de scie), La Cabane dans les bois symbolise un tournant dans l'histoire de l'horreur, en attendant les prochains films qui s'inspireront peut-être du travail fourni dans cette première œuvre d'une future lignée de films néo-horrifiques (on en bave déjà).

3 e¦ütoiles

Par copa738 - Publié dans : Films (Horreur)
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Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 12:24

le prénom

 

Synopsis : Vincent, la quarantaine triomphante, va être père pour la première fois. Invité à dîner chez Élisabeth et Pierre, sa sœur et son beau-frère, il y retrouve Claude, un ami d’enfance. En attendant l’arrivée d’Anna, sa jeune épouse éternellement en retard, on le presse de questions sur sa future paternité dans la bonne humeur générale... Mais quand on demande à Vincent s’il a déjà choisi un prénom pour l’enfant à naître, sa réponse plonge la famille dans le chaos.

Quand on pénètre la salle, comble, archi-pleine, composée à 63% de sexagénaires (et plus), 30% de fans de Patrick Bruel, et 7% venus par curiosité (pour rire, mais surtout pour connaître ce foutu prénom), on ne s'attend pas à assister à tant de justesse. Polanski mettait la barre très haute l'année dernière, en livrant un huit-clos riche, drôle, inventif, et surtout très bien filmé. Partant d'une idée assez sympathique, Le Prénom use la corde jusqu'au bout, mais a le mérite de bien fonctionner, en nous faisant beaucoup rire.

Avec des acteurs excellents (Bruel fidèle à lui-même, Benguigui très drôle, De Tonquédec et Berling qui jouent leurs rôles parfaitement), un scénario théâtral, juste ce qu'il faut en blagues et en rebondissement, Le Prénom n'est pas un chef d'œuvre, loin de là, mais il surprend par sa fraicheur. Les réticents trouveront la réalisation plate, le rythme en dents de scie, et seront consternés par la bouffe gaspillée pour les besoin du film (je n'ai pu m'empêcher de mentionner ce petit détail), et ils ont raison : mais le spectateur, s'il prend le film comme une simple consommation, ne peut qu'adorer le travail produit. Le travail ne se voit peut-être pas directement à l'image, mais il est bel et bien palpable, réel. Il se concentre notamment sur le jeu des acteurs, dont chaque ride, œil qui cligne ou geste des mains a une influence immense sur le ressenti du spectateur.

Après, la présentation du début a un trop grand goût de déjà-vu : on à l'impression de revoirAmélie Poulain avec d'autres acteurs. Bien que drôle et distrayante, l'entrée du film est un peu poussive, tout ça pour que Bruel se la ramène avec son sourire d'ange (accompagné par les cris d'une foule féminine d'âge moyen très mûr qui hurle de toutes ses forces). Donc il y a quelques faiblesses dans Le Prénom, mais cela faisait très longtemps que l'on avait pas autant rigolé au cinéma, et rien que pour notre bien-être, le film est un très grand cru. On passera pas des heures sur les représentations en miroir de notre société : le riche PDG de droite, le prof de gauche, le copain célibataire (!) que tout le monde croit homosexuel (!), la femme qui passe son temps dans la cuisine. En fait, on est plus proche du gros cliché que d'un cinéma-vérité, voilà une autre raison pour laquelle Le Prénom est imparfait.  

En résumé, très drôle, plutôt original, le film de Delaporte et de La Patellière comporte cependant quelques impuretés.

PS : le nom de l'enfant à naître ne sera dévoilé sous aucun prétexte, pour garder le suspense.

3 e¦ütoiles et demi

 

Par copa738 - Publié dans : Films (Comédie)
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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 18:00

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 Critique rédigée pour Le Bleu du Miroir

 

Arrivée au beau milieu des années 2000, la série Dexter, petit bébé de la chaine américaine Showtime, a provoqué un raz-de-marée infernal, confirmant le talent de Michael C. Hall, déjà exploité dans Six Feet Under, et en montrant qu'on peut allier sang et humour sans faire du Grindhouse ou du trash-comique. L'idée de la série est des plus simples (elle est adaptée d'un roman policier de Jeff Lindsay) : nous suivons les péripéties d'un tueur en série en apparences cinglé, mais qui, lorsque l'on se plonge dans sa vie intime, s'avère être une personne sérieuse, capable (plus ou moins) d'éprouver des sentiments. Ce tueur a besoin de tuer pour vivre. Il n'assassine que les ''méchants'' et se sort de situations complètement dingues. Le générique de début, magnifique, contenant beaucoup d'allusions au sang, montre que la routine du tueur en série se joint à la notre, avec le rasage, le petit dej' et tout ce qu'on fait habituellement le matin. Le tueur n'est donc qu'une personne normale, avec, en plus, un besoin vital de tuer.

 

Pour ce qui est de la série en elle-même, elle est tout simplement parfaite : l'alliance des couleurs, une réalisation nerveuse (surtout dans la saison 1, et qui se fluidifie au fil des années), des acteurs possédés par leurs rôles, une musique thématique assez déstabilisante, un scénario inventif d'épisodes en épisodes, une intrigue qui ne s'essouffle jamais. Vous cherchiez la perfection : on l'a trouvé dans Dexter, tant tous les éléments se rassemblement harmonieusement pour nous régaler. Après, libre à chacun de nous d'accrocher ou pas. Certains épisodes ne sont peut-être pas tous excellents, notamment certains des saisons 2, 3 ou 5, et parfois, on peut trouver le comportement de ce cher Dexter un peu étrange, irrespectueux de ce qu'il était dans la saison 1, première saison qui nous rend nostalgique dès le début de la saison 2. Il est possible de décrocher, mais les cas se fonts rares. Dexter agit comme une drogue dure, si bien que ça devient presque vital d'avoir sa dose chaque semaine. Le suspense, les meurtres, de l'humour noir, et une étude très approfondie des personnages, en font une série complète, qui ne laisse rien au hasard, et frappe par son originalité.

 

Ce phénomène, armé de 6 saisons de 12 épisodes de 52 minutes chacun (des saisons 7 et 8 sont prévues), se doit d'être développé, analysé en six parties. Il sera demandé à ceux qui n'ont pas vu la série de ne pas lire les textes qui suivent, car la série est essentiellement basée sur un suspense insoutenable, qui nourrit la série à chaque épisode. Connaître certaines clés de l'intrigue serait gâcher le plaisir que pourriez avoir en regardant des épisodes de Dexter.

 

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Saison 1 : « Tonight's the night... »

Il est absolument impossible de décrire ce qui se passe dans ces 12 premiers épisodes, tant l'entrée en matière est parfaite. Au bout de dix minutes, on est déjà rentré dans l'histoire, les noms des personnages sont rapidement dans nos têtes, et Dexter nous fascine. Une réalisation fiévreuse, transpirante (l'histoire se déroule à Miami, et l'intrigue de la première saison tombe en pleine canicule), la présence inoubliable d'un rouge-sang et d'un noir profond qui s'assemblent et nous percutent, et cette intrigue du Ice Truck Killer, devenue un vrai symbole aujourd'hui, nous rappellent que malgré de futurs exploits, la première saison de Dexter est de loin la plus enivrante, et que notre cœur se rappel encore de la conclusion finale, véritable coup de tonnerre qui ne finira jamais de pétrifier.

 

Saison 2 : « Jesus Christ Morgan ! You are the Bay Harbor Butcher ! »

Après l'électrochoc de la saison précédente, il fallait se détacher du livre de Lindsay, montrer que Dexter est un personnage de télé, et non de livre. La saison 2 est peut-être la plus dense niveau évènements (il s'y passe beaucoup de choses), mais trop de twist tue le twist, ce qui fait de la saison 2 la moins bonne de toute la série. Seulement, le personnage de Dexter devient plus proche de nous, notamment lorsque des plongeurs retrouvent les cadavres issus de ses propres meurtres dans les fond de la baie de Miami. Il se remet en question, et montre des faiblesses. L'arrivée du personnage de Lila marque un tournant dans la série : Dexter manipule la police, mais devient vulnérable face à une fille qui a usé de ses charmes pour mieux le contrôler. Et même si tout redevient normal à la fin de la saison, on sent que notre tueur perd de l'altitude. Son attitude naïve durant les 12 épisodes de cette saison en sont la preuve.

 

Saison 3 : « I killed my brother. I killed yours, too. »

La naïveté de Dexter a laissé des traces, si bien qu'il se retrouve d'entrée à assassiner une personne qu'il n'avait pas prévu de tuer. Dexter a retrouvé sa vie de famille avec Rita et s'est même trouvé un ami. Mais peut-il faire confiance à tout le monde ? Ce jeune loup solitaire (de nombreux flashbacks sont là pour en témoigner) peut-il se munir d'amis, et même, partager son secret avec quelqu'un en toute confiance ? La saison 3 pose les bonnes question, et apporte des réponses convaincantes. Les douze épisodes ne se valent pas tous, mais la conclusion est glaçante. Dexter ne peut donc pas partager son secret. Miguel Prado fût donc le troisième à connaître la nature de tueur de Dexter, et fût, comme les deux autres, emballé dans du plastique, tué à l'arme blanche, et jeté en petits morceaux dans la mer. Cruelle vérité d'un serial-killer en apparences seul, qui finira par se marier et être papa.

 

Saison 4 : « Born in blood... both of us. »

La saison 4 est celle du changement. Dexter doit faire face à un tueur plus fort que lui. Déterminé à être un meilleur père de famille tout en continuant ses activités meurtrières, il prend des risques considérables, qui courront à sa perte, lors d'un ultime épisode qui hantera toute une génération pendant des années. Le changement se fait dans la réalisation, devenue très conventionnelle : la routine s'installe, Dexter tue moins (le premier épisode, où Dexter n'arrive pas à tuer sa nouvelle cible, à cause de son fils qui ne dort pas, nous le montre). L'arrivée du Trinity Killer vient nous réveiller, plongeant la saison dans un joyeux bordel qui jouera avec nos nerfs jusqu'à la dernière seconde. Parfaitement maitrisée, la saison choisit de nous montrer le tueur dès le premier épisode, à l'inverse d'une saison 1 où le visage du serial-killer n'était dévoilé qu'en fin de saison.

 

Saison 5 : « I'm someone different (…) I'm not a monster »

Dexter sauve la vie d'une personne qui a manqué de se faire tuer, et sa vie bascule. Dexter doit survivre au choc qu'il vient de se prendre en pleine gueule (cf : fin de la saison 4), et s'en sort royalement bien, malgré quelques instants de faiblesses (certains innocents seront tués lors de cette cinquième saison). Cette saison se voit monter jusqu'au sommet lors du meilleur épisode de toute la série, celui où il se sort miraculeusement d'une chasse à l'homme, tout en tuant sa proie en prononçant le mythique « Die die ! ». La saison est tout de même hétérogène, et est la moins étonnante (un final un peu raté), mais Dexter change, et nous le suivons avec joie.

 

Saison 6 : « I'm a father, a son, and a serial killer »

Dans une saison 6 basée quasi-totalement sur Dieu, Dexter s'écrie « Oh God ! » lors d'un final inattendu. Dexter est de moins en moins prudent, tue à la fourche et au harpon sans préméditations, va coucher avec une gérante de station-service pour lui voler son flingue, se fait ''pomper l'instrument'' par une ancienne camarade de lycée. L'enfant méticuleux et sage s'émancipe, profite de la vie. Il s'interroge sur ses croyances. Dexter devient un véritable adulte irresponsable. L'absence de présence féminine dans sa vie lui empêche véritablement de se contrôler. Laguerta est de plus en plus insupportable, Deb devient presque le personnage principal et Batista et Quinn sont relégués au second plan. Mais dans une saison riche en rebondissements et émotions, le final vient en rajouter une couche, si bien qu'exprimer l'envie que l'on a de voir la saison 7 est rigoureusement impossible.

 

5 étoiles-copie-1

Par copa738 - Publié dans : Séries
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Vendredi 20 avril 2012 5 20 /04 /Avr /2012 12:05

plan table

 

Synopsis : Suite à un câlin bref, mais intense, la table dressée pour la noce est en désordre. La mariée court se recoiffer, tandis que l’homme replace les cartons sans respecter le plan de table. Le hasard fera-t-il bien les choses ? Ou bien devra-t-il donner un coup de main au destin ?

Plan de table, c'est l'enchainement de situations comiques cocasses, avec une grande flopée de quiproquos et de coups de théâtre plus ou moins attendus. Tous les ingrédients d'un bon Molière y sont présents, mais le rendu n'est pas forcement comme on pouvait l'espérer. Original, décontracté, simple et revigorant, Plan de table, malgré quelques répétitions insupportables (les copulations dans les toilettes : le voir une fois puis, le suggérer pour les autres passages, aurait largement suffit) et autres impuretés, se laisse regarder avec un certain plaisir coupable. Bien sûr que c'est loin d'être une œuvre d'art, bien sûr que parfois c'est tiré par les cheveux et pas franchement réaliste, mais l'idée part d'un bon sentiment, les gags s'enchainent et on rigole plus qu'on ne réfléchit. Les acteurs sont bons, le scénario est bien construit, aucun personnage n'a le dessus sur l'autre et la réalisation est simple.

Il n'y a finalement pas grand chose à dire de ce film. On lui trouve beaucoup de qualités, mais les défauts (évidents) ne sont pas faciles à déterminer, bien qu'on les sente. On préfère tout simplement se concentrer sur l'humour, et sur les situations qui nous rappellent un peu certaines des nôtres (le repas entre amis, la demande en mariage, le diner de noce, la jalousie et l'infidélité). Ce qu'il faut surtout retenir, c'est l'idée principale : le fait qu'un vulgaire bout de carton puisse créer une réaction en chaine infernale, entrainant morts accidentelles, divorces et engueulades futures. L'effet papillon est donc plus que suggéré, et lorsqu'on raffole de ce genre d'actions (petites choses au départ, lourdes conséquences à l'arrivée), le moment passé est un régal. Pour les autres, il faudra se contenter du peu qu'il reste, à savoir, des acteurs qui s'amusent (le personnages de Dubosc est imprévisible, mais rassurez-vous, il tient toujours un rôle comique) et quelques belles images (l'arrêt en noir et blanc lors de la découpe du gâteau de mariage).

En résumé, le concept est génial, mais peut-être pas assez maitrisé.   3 e¦ütoiles

 

 

Par copa738 - Publié dans : Films (Comédie)
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Lundi 9 avril 2012 1 09 /04 /Avr /2012 22:08

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La Nuit du Chasseur (Charles Laughton) - 1965

Synopsis : Un prêcheur inquiétant poursuit dans l'Amérique rurale deux enfants dont le père vient d'être condamné pour vol et meurtre. Avant son incarcération, le père leur avait confié dix milles dollars, dont ils doivent révéler l'existence à personne. Pourchassés sans pitié par ce pasteur psychopathe et abandonnés à eux-mêmes, les enfants se lancent sur les routes.

Sorte de version américaine dramatique et malsaine de Tartuffe, pièce de Molière, La Nuit du Chasseur est avant tout un grand classique du cinéma, aussi pur dans la réalisation que brillant dans le scénario. L'histoire de ce faux religieux qui ronge toute une famille sur la durée est un exercice risqué mais au final habile, qui plonge le spectateur dans l'horreur, mais l'horreur interne, l'horreur psychologique, bien plus horrible que l'horreur physique. Sans non-plus sortir de l'ordinaire, le film de Laughton mérite amplement son statut de chef d'œuvre, d'une pour la splendide performance de Mitchum, possédé par son rôle, de deux pour les rôles secondaires, tous très bien imaginés, de trois pour les éléments visuels, d'un montage inventifs à une réalisation inspirée, en passant par un splendide noir et blanc. Tous ces éléments mis ensembles donne un résultat stupéfiant, et malgré une fin un peu molle, le spectateur est comblé, et prend rapidement conscience qu'il vient d'assister à un grand film.

4 e¦ütoiles

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Sparrow (Johnnie To) - 2008

Synopsis : A Hong Kong, un Sparrow est un pickpocket. Kei est le plus habile de tous. Entre deux vols de portefeuilles avec les membres de son gang, il aime arpenter la ville à vélo, et prendre des photos. Un jour, une femme ravissante, Chun Lei apparaît dans son viseur. Il est ensorcelé. Chaque membre du gang va tomber sous le charme de cette femme qui ne les a pas croisés par hasard. Elle veut que les pickpockets dérobent pour son compte quelque chose de très précieux...

Au pays de Johnnie To, les oiseaux sont encore moins bien faits que ceux d'Hitchcock, et ça, même si 50 ans sépare les deux films. Au pays de Johnnie To, les pickpockets de Hong Kong s'affrontent sous la pluie, en faisant tourner les parapluies sous une musique classique mi-dramatique, mi-comique. Chez Johnnie To, l'équipe du tournage s'amuse, mais pas les spectateurs, un peu confus en regardant cette entité sans nom, sans goût, ni aucun mot pour la décrire. Dans un film où l'incompréhension prend la place de l'amusement, le temps passe très lentement et le public s'emmerde. On n'a pas vraiment l'impression qu'on ai poussé très loin dans le scénario, sans parler de cette réalisation dont on ne sait si elle est trop kitsch ou trop laide. C'est très simple : regarder Sparrow, c'est accepter le fait de ne rien comprendre, autant dans le déroulé de l'histoire que dans les motivations du réalisateur. Ce qu'on comprend très vite, cependant, c'est que Sparrow est un très mauvais film... 0-e-toile-et-demi.jpg

 

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The Human Centipede (Tom Six) – 2009

Synopsis : Une nuit, deux jeunes américaines en voyage à travers l’Europe, tombent en panne en plein milieu d’une forêt. Par chance, elles découvrent une maison dans laquelle vit un ancien chirurgien allemand, le docteur Heiter. Ravies d’y trouver refuge, elles sont alors loin d’imaginer qu’elles vont devenir les cobayes d’une expérience chirurgicale inédite : le médecin entend en effet créer un mille-pattes humain en les reliant entre elles par un seul et même tube digestif.

Que les amis de la poésie et les personnes sensibles qui font une nuit blanche après avoir regardé un épisode des Experts, quittent immédiatement la salle ! Ici, nous pénétrons dans l'antre de Tom Six, un réalisateur complètement fou qui a donné, en l'espace d'un film, un coup de vieux terrible à tous les pièges de tous les films de la saga Saw. Oubliez tous les torture-porn de ce début de siècle, ces derniers ont désormais pris la poussière. Oubliez tous les films d'horreur que vous ayez pu voir auparavant. The Human Centipede, ultra censuré, dont on parle partout, signe un grand tournant dans l'histoire de l'horreur. Là où en quelques années, le numérique a permis n'importe quelle lubie gore, possible à l'écran, Tom Six, aidé par une technologie permettant un gore sans limite, se défoule essentiellement au niveau de son scénario : véritable pépite dans le genre. L'histoire est tirée par les cheveux, mais pourtant elle fonctionne. Plus qu'un film d'horreur original, The Human Centipede est également une belle critique détournée de la Shoah, période où de grandes expériences toutes plus atroces les unes des autres, étaient faites sur des prisonniers.

5 e¦ütoiles

Par copa738 - Publié dans : Critiques express
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Samedi 7 avril 2012 6 07 /04 /Avr /2012 09:49

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Synopsis : Au milieu d'un monde frappé par une étrange épidémie qui détruit progressivement les cinq sens, un cuisinier et une brillante chercheuse tombent amoureux...

Il y a moins d'un an, Contagion sortait et (re)lançait la mode des films de virus. Avec plus ou moins de réussite, Contagion avait finalement réussi à nous rendre hypocondriaque, paranoïaque. Cette année, sort un Perfect Sense s'annonçant grandiose : casting de rêve (Ewan McGregor et Eva Green au premier plan), histoire originale, et durée plus courte de presque une heure par rapport à Contagion (on a compris que trop faire durer ce genre de film fait perdre en qualité, et ennuie). Alors maintenant que Perfect Sense vient de se terminer, on a vraiment l'impression d'être tombé sur une perle rare, une sorte de chef d'œuvre un peu malade, qui vous percute littéralement, vous assomme, jusqu'à un final attendu mais si puissant qu'on en a mal aux yeux.

Pour synthétiser, l'histoire, on parlera seulement de ce cuisinier qui demande une cigarette a la femme qui habite tout prêt de son restaurant, à leur rapprochement, à leur amour éphémère, troublé par un virus qui fait peu à peu perdre leurs sens. La détresse des personnages est perceptible à des dizaines de kilomètres, à chaque perte d'un sens. Les scènes où le virus fait effet sont incroyablement bien filmées, montées, et surtout jouées (les figurants sont aussi très bons dans leurs genres). Plus qu'un film d'anticipation apocalyptique, Perfect Sense est un drame poignant, qui se vit plus qu'il ne se regarde. La sensation de malaise est constante, et se répertorie également sur nous, spectateurs. La scène où toute la population du monde se met à avoir faim est peut-être l'un des plus gros chocs de ces dernières années, le tout étant filmé en mode ''accumulation'', si bien qu'on a tous envie que cette scène prenne fin. Il y a donc une véritable maitrise de l'horreur, mais aussi de la romance : les nombreuses scènes où nos deux héros sont ensemble nous rapprochent du couple, autant que les deux membres de cette union amoureuse se rapprochent.

Il est très difficile de parler de cet OCNI (objet cinématographique non identifié), comme si le virus du film avait contaminé le public en le privant de parole, pendant au moins quelques minutes. Il se passe véritablement quelque chose entre nous et l'écran, une sensation d'échange si puissante, qu'on n'avait rien vu de tel depuis Black Swan. La beauté des images, la justesse du scénario, quelques larmes, de petites décharges, parfois un peu de comique, et vous avez la nouvelle bombe de ce début d'année : un condensé de tout ce qui se fait de mieux dans le cinéma actuel. On pourrait s'agenouiller, ouvrir la bouche en grand, applaudir, mais lorsque l'absence de son depuis bientôt 20 minutes laisse place à une obscurité pétrifiante, laissant au spectateur le choix de terminer l'histoire du film, on a tout simplement le réflexe de frissonner, de contempler ces dernières images, et de se taire, car les meilleurs moments se vivent en silence, et qu'aucun mot n'existe sur terre pour décrire ce qu'il vient de se passer à l'écran.

En résumé, pour savoir comment est le film de David MacKenzie, il suffit de retirer le mot Sense à son titre...   5 e¦ütoiles

 

Par copa738 - Publié dans : Films (Drame)
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  • : "Tonight's the night. And it's going to happen again and again. Has to happen. Nice night. Miami is a great town. I love the cuban food, pork sandwiches, my favorite. But I'm hungry for something different now" Dexter

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