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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


The Hobbit - Un voyage inattendu (Peter Jackson)

Publié par copa738 sur 16 Décembre 2012, 11:24am

Catégories : #Films (Fantastique)

high-res-bilbo-baggins-in-the-hobbitt.jpg

 

Peter Jackson, le retour du roi ?

 

Bien avant la rédaction de son Seigneur des Anneaux, Tolkien écrivait Bilbo The Hobbit, livre mince rempli de fantaisies : un conte pour enfants. Pour des raisons un peu floues, Jackson commence bel et bien sa saga par l'adaptation de l'épais roman d'aventures qui suivit Bilbo. Ainsi est né la trilogie de tous les records : 17 oscars, des milliards de dollars d'amassés, et une épaisse foule de grands fans, connaissant la Terre du Milieu mieux que leur village d'enfant.

Tout commença avec la Communauté de l'Anneau, considéré comme le meilleur film de Peter Jackson : une entrée en matière fracassante, des effets visuels stupéfiants, une ambiance sombre, et pesante, et des scènes à vous couper le souffle. Les Deux Tours, arriva l'année d'après, avec une atmosphère très différente : un peu plus belliqueux, ce deuxième opus s'attarde sur les hommes, et reste très proche de la dénonciation de la cupidité, de la guerre, que Tolkien voulait retranscrire. En 2003, Le Retour du Roi clôt cette formidable aventure, devenant et demeurant encore aujourd'hui le film le plus impressionnant jamais réalisé, avec son lot d'émotions et de moments de bravoure.

Afin de prolonger l'aventure, Jackson décida de confier la réalisation du Hobbit à Guillermo del Toro, qui se retira, laissant le cinéaste néo-zélandais reprendre les commandes de sa saga. Pas plus excusable que les producteurs de Harry Potter ou Twilight, le projet de deux films sur les aventures de Bilbo, se voit rallonger d'un troisième opus. Rappelons-nous que la seconde trilogie de Star Wars, bien que plus intéressante visuellement, n'avait pas su nous tenir en haleine, par connaissance d'une grande partie de l'histoire, mais aussi car le changement de personnages, et superficialité des scènes rendait une fausse émotion, si bien qu'il était dur d'éprouver quoique ce soit pour les protagonistes. The Hobbit – Un voyage inattendu, est le film le plus attendu de l'année, et peut-être de la décennie. Les demi-déceptions que furent Prometheus et The Dark Knight Rises sont encore dans nos têtes, la crainte est plus forte que l'envie.

 

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The Hobbit, un film inattendu

 

Bienvenu chez le nouveau Peter Jackson, qui a changé de camp. Fini l'ambiance sombre, empoisonnée, malsaine d'un Seigneur des Anneaux pétrifiant dans chacune de ses scènes, adieu les scènes dérangeantes comme l'introduction du Retour du Roi, ou les exploits dans l'émotion comme le mythique affrontement bref entre Gandalf le blanc et une poignée de nazguls. Ici, on est plus proche du bon Disney que de la trilogie initiale. Ce suicide stylistique de Jackson effrayera et dégoutera les puristes, les autres passeront un bon moment. On en veut presque au réalisateur d'avoir conçu une trilogie de base trop parfaite, si bien que chaque imperfection, chaque divergence avec la première trilogie, fait tâche sur le tableau.

Qu'on se le dise tout de suite : ce premier film sur Bilbo n'arrive même pas à la cheville des récits de Frodon et de l'anneau. Pourquoi des choix aussi laids ? - l'orque pâle est très moche, et ressemble à la créature du prologue de Prometheus. Pourquoi ce besoin de montrer en permanence des gens parlant lors d'un crépuscule rouge respirant le calme et la sérénité ? Pourquoi ces scènes puériles de nains qui font la vaisselle en chantant, qui flatulent et rotent ? Pourquoi donner aux hobbits de si gros pieds, alors qu'ils avaient des proportions normales dans les films précédents, et pourquoi faire parler les Trolls, et les gobelins ? On pourrait se poser des centaines de questions sur les différences de style entre le Jackson de 2001 et celui de 2012.

Ce besoin de faire du fantastique pour du fantastique, et de donner une ambiance joviale, ne va pas du tout avec l'ambiance de base. Gandalf plaisante, ne se prend pas au sérieux. Un magicien vit dans la forêt, se promène en traineau tiré par des lapins, et abrite des oiseaux sous son chapeau. Le roi des gobelins à un triple menton, un sourire niais et plein de pustules. Tout est très artificiel, enfantin, si bien qu'on ne doute pas un instant que tout le monde va survivre à ces terriiiiiibles péripéties. D'autant plus que les scènes d'actions semblent être sorties d'un mauvais jeu vidéo. Les orques ne sont pas menaçants, en fait, les gentils semblent invincibles (survivre sans aucune blessure à l'épreuve des géants de pierre, pas crédible), et les méchants, idiots. On ne sait où sont passées les fantastiques punchlines de la première trilogie, et on a du mal à avaler correctement sa salive devant tant de caricatures grossières (les nains, le chef gobelin, etc). 

Jackson a vendu son âme pour une ambiance plus joyeuse et merveilleuse, qui retranscrit tout de même celle du livre de Tolkien, et ça on ne peut pas lui en vouloir.

Reste cependant un lot de bonnes scènes : la rencontre Gollum-Bilbo, le Roi-sorcier d'Angmar et le spectre de Sauron qui font une courte apparition, le conseil Galadriel-Gandalf-Saroumane-Elrond. En fait, tout ce qui rappelle le Seigneur des Anneaux à le mérite de nous éblouir, créer de la nostalgie. Que ce soit anecdotique (Radagast possède la bâton qu'a Gandalf dans la Communauté de l'Anneau) ou plus productif (la naissance du Mal, l'anneau, Smaug, fascinent), quelques moments viennent sauver ce film dénué de toute émotion, sans goût ni saveur, très décevant donc.

En résumé, très artificiel, peu savoureux, The Hobbit essaie de ne pas se prendre au sérieux, là ou la Seigneur des Anneaux l'était plus que tout ; il y a donc un manque de crédibilité pour ce film qui ne s'assume pas vraiment.

 

2 étoiles

Commenter cet article

Microsoft tech support now 28/11/2013 12:43

Though the Hobbit is the introduction to the Lord of the Rings, It have been introduced as a stand alone movie. It is really great just like the LOTR, the settings are wonderful and really picturestique. I loved it! And eagerly waiting for the next one in the sequel.

neil 27/12/2012 14:13

Je comprends ton opinion mais en effet Bilbo est à la base un livre plus enfantin et "féérique" que Le seigneur des anneaux. Pour moi la mise en scène de Jackson est dont tout à fait cohérente. Il
me reste en plus des scènes impressionnantes comme celle de la bataille des montagnes par exemple.

yann 25/12/2012 21:32

Je ne trouve pas ce film rater comme tu dis, il est différend du seigneur des anneaux car bilbo le hobbit a été ecrit par tolkien pour ces enfants, pas pour le public,
et quand on veut faire trois film sur un livre de 300 pages, il y a plutot interet a ce qu'il soit fidele. les scenes des nains qui chantent, des trolls qui parlent sont présente dans le livre, et
LSDA en fait d'ailleur référence.
La seul scene qui pour moi est décalé est celle de la rencontre avec les gobelins, qui n'ont rien a voir avec ceux du LSDA, mais les personnes qui ont vu hellboy 2 auront probablement remarquer la
ressemblance frappante du style, guillermo del toro etant a la base le réalisateur du hobbit.
je dirais que c'est plus un film pour ceux qui ont un minimum de connaissance sur le monde de tolkien, pas pour ceux qui qui le regarde juste histoire de comparer au seigneur des anneaux.

selenie 18/12/2012 12:55

Effectivement c'est plutôt décevant. Long et creux malgré toute l'empathie qu'on peut avoir... 2/4

Degorre 17/12/2012 12:17

ça fait un bon moment que je suis le blog, j'ai été très souvent d'accord avec les articles publiés ici, mais celui-ci fait exception. J'ai effectivement été un peu déçus par le film mais après
avoir relus le livre, le film apparaît comme très fidèle, bilbo le hobbit est un livre pour enfant, et le film est à l'image du livre. J'aurai moi aussi aimé quelque chose de semblable au seigneur
des anneaux mais bon, peter jackson a fait un autre choix.
A noter que la scène des assiettes au début du film apparaît bel et bien dans le livre !

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