Synopsis : Une pandémie dévastatrice explose à l’échelle du globe… Au Centre de Prévention et de Contrôle des Maladies, des équipes se mobilisent pour tenter de décrypter le génome du mystérieux virus, qui ne cesse de muter. Le Sous-Directeur Cheever, confronté à un vent de panique collective, est obligé d’exposer la vie d’une jeune et courageuse doctoresse. Tandis que les grands groupes pharmaceutiques se livrent une bataille acharnée pour la mise au point d’un vaccin, le Dr. Leonora Orantes, de l’OMS, s’efforce de remonter aux sources du fléau. Les cas mortels se multiplient, jusqu’à mettre en péril les fondements de la société, et un blogueur militant suscite une panique aussi dangereuse que le virus en déclarant qu’on "cache la vérité" à la population…
Sans être un véritable chef d'œuvre, Contagion est tout de même loin d'être le navet de l'année. Oui, il y a des maladresses, oui, il y a pas mal de longueurs et de détails un peu étranges, et oui, la fin est ratée ; mais dans Contagion, il y a cette espèce de substance inconnue qui vous pénètre, un virus qui vous contamine, et vous scotche sur votre siège. Le suspense tient du début à la fin, sans pauses, et il est d'autant plus réussi de par le comportement qu'il nous fait avoir. Une poignée de spectateurs dans la salle, et plus de la moitié semble ne plus vouloir se toucher le visage, se frotte plusieurs fois les mains, et sursaute violemment dès que quelqu'un dans la salle se met à tousser. Là où Buried avait créé une génération claustrophobe, Contagion parvient à rendre hypocondriaque ses spectateurs et c'en est même flippant...
Pour nous communiquer la peur du virus, Soderbergh rend son récit réel, déjà en évitant de s'attarder sur un petit groupe de personnages. Il généralise le mal partout dans le monde (même si quelques familles sont mises en évidence) et en ressort un résultat plus vrai que nature, et forcement dérangeant. Et que dire des acteurs ? Gwyneth Paltrow, à l'écran quelques minutes, joue tellement bien qu'on attraperait presque un rhume rien qu'en la regardant tousser. Matt Damon (qui, au passage, a pris pas mal de poids), semble aussi perdu que nous, et Marion Cotillard fait beaucoup moins niaise qu'à son habitude. Lawrence Fishburne et Jude Law ont des rôles plus discrets, ce qui ne les empêche pas de briller. La palme revient cependant à Kate Winslet, pétrifiante, et qui est finalement, le personnage à qui on s'attache le plus.
Dans l'organisation de la peur, le réalisateur adopte une mise en scène millimétrée, cherchant chaque détail pouvant laisser croire à une transmission de microbes. Il insiste également sur le sale état dans lequel se trouvent les malades avant de mourir. On passe d'ambiances froides (apocalypse) à une ambiance chaude, moite (évocatrice de la fièvre ?), et les nerfs lâchent peu à peu, un par un. Autour d'une troupe d'acteur aussi prometteuse et d'une si bonne réalisation, des nombreuses erreurs sont venues rayer le disque... Un scénario un peu bâclé (le ''kidnapping'' de Cotillard, inutile et zappé en grande parti par le réalisateur, et j'en passe), et de l'irrégularité (on passe d'une scène pleine de suspense, à une séquence d'un ennui mortel), sans oublier le manque de compassion pour les personnages (en effet, cela permet de rendre l'intrigue plus vraie, mais on s'éloigne cependant des vrais codes du cinéma), font de Contagion un film honorable, mais un peu trop faible pour sortir du lot des films très variés de 2011.
En résumé, blockbuster paranoïaque, Contagion est aussi un film un peu trop mou et désordonné pour pouvoir réellement brillé, malgré les bons acteurs, les belles images, et la bonne musique...