Bronson (Nicolas Winding Refn) - 2009
Synopsis : 1974. Livré à lui-même, Michael Peterson, 19 ans, cherche à faire la Une des journaux: rêvant de devenir célèbre, il tente de braquer un bureau de poste avec un fusil à canon scié qu'il a lui-même bricolé. Rapidement interpellé, il est d'abord condamné à 7 ans de prison. A ce jour, il a passé 34 années en prison, dont 30 en isolement cellulaire. La métamorphose de Mickey Peterson en Charles Bronson, devenu le détenu le plus dangereux d'Angleterre.
Réalisé avec le cœur, le cerveau, les tripes, et les mains, Bronson est un film maitrisé du début à la fin, avec un talent fou devant et derrière la caméra. Refn filme la violence avec autant de grâce et de poésie que Kubrick dans Orange Mécanique (on a souvent comparé les deux films) et n'oublie pas d'y instaurer un climat si particulier, si changeant qu'on ne sait pas vraiment où se mettre (Tom Hardy qui passe d'un éclat de rire à un air sérieux en moins d'une seconde). N'oublions pas l'humour (noir) qui domine le film, à commencer par des scènes irréalistes (le braquage de la bijouterie est à mourir de rire), sans oublier cette narration très étrange en forme de one-man-show (on se permettra de citer la scène hilarante où Tom Hardy reproduit sur scène un dialogue entre lui et une infirmière). N'oublions pas aussi cette bizarrerie qui peuple chaque séquence du film, de la prise d'otage d'un prof d'art plastique à la vie au sein d'un institut psychiatrique. N'oublions pas non plus la réalisation de NWR (la tentative d'assassinat dans l'hôpital psychiatrique est tout simplement magnifique), n'oublions pas, enfin, la musique, la beauté des couleurs, le scénario qui ne laisse aucune place à l'ennuie, les différentes ambiances du film, les références artistiques (musique classique, peinture) et la magnifique performance de Tom Hardy.
Sanctum (Alister Grierson) - 2011
Synopsis : Plongeur expert, Frank McGuire se lance dans l’exploration à haut risque des grottes immergées d’Esa’ala, dans le Pacifique sud. Il emmène avec lui entre autres son fils de dix-sept ans, Josh, et le milliardaire Carl Hurley, qui finance l’expédition. L’équipe s’engage dans le plus vaste, le plus mystérieux et le plus inaccessible des réseaux de grottes du monde. Lorsqu’une tempête tropicale s’abat sur la zone, ils sont obligés de s’enfoncer dans le labyrinthe sous-marin pour lui échapper. Désormais perdus dans un décor incroyable, ils doivent absolument trouver une issue avant qu’il ne soit trop tard. Ce monde inconnu ne leur pardonnera aucune erreur…
Aussitôt vu, aussitôt oublié. On pourrait s'arrêter là pour critiquer Sanctum. Et pourtant, le film n'est pas si mauvais, mais il est tellement téléphoné, tellement tire-larme et exagéré (les personnages se compliquent la vie pour survivre), tellement déjà-vu, que la magie n'opère qu'à moitié. Bon, on pourrait y trouver de bonnes choses : les beaux décors, des acteurs pas nuls, une histoire originale (pour une fois que ça se passe dans l'eau et qu'il n'y a ni crocodiles, ni requins) et on va dire qu'on adhère plus ou moins au climat (quelques pics d'adrénaline, des sursauts, des frissons). Sanctum parvient, malgré une étiquette ''série B'' qui semble être collée partout dans les décors, à nous faire passer un moment sans s'ennuyer, malgré des aberrations fréquentes (le coup du mec qui perd la boule et veut tuer tout le monde à la fin c'était vraiment gonflé).
Délivrance (John Boorman) - 1972
Synopsis : Quatre Américains de classe moyenne, Ed Gentry, Lewis Medlock, Bobby Trippe et Drew Ballinger décident de consacrer leur week-end à la descente en canoë d'une impétueuse rivière située au nord de la Géorgie. Ils envisagent cette expédition comme un dernier hommage à une nature sauvage et condamnée par la construction d'un futur barrage. Mais les dangers qu'ils affronteront ne proviendront pas uniquement des flots tumultueux de la rivière...
Sorti il y a tout juste 40 ans, Délivrance est considéré comme l'un des touts premiers rape & revenge de l'histoire du cinéma. Et ça peut être un avantage, comme ça peut
être un inconvénient. Oui car, malgré une prise de risque majeure, et la prise de conscience (de nous, spectateurs) que réaliser un film de ce genre à cette époque tient de l'exploit, on a
l'embêtante impression que les acteurs ne savent pas trop comment jouer, et c'est terrible... Un nouveau sous-genre implique bons nombres de codes, codes qui n'étaient hélas pas connus des
acteurs. Ils ne savent pas comment réagir, si bien qu'on ne voit en eux, ni la détresse, ni la colère, ni quelconque sentiment. Un fossé se creuse donc entre nous et eux (pas de bras pas de
chocolat, pas de Red Bull pas d'ailes, et enfin : pas d' émotions pas de rapprochement avec le public). Malgré la déception de la direction d'acteurs (que je jugerai – oui, quand je critique
négativement un pilier du cinéma, je parle à la première personne – carrément de catastrophique), on retiendra la scène du viol, sommet du film (qui met très mal à l'aise), et la séquence très
belle où l'américain civilisé fait un duo improvisé de guitare avec un jeune péquenaud du coin.