Synopsis : A Glasgow, Robbie, tout jeune père de famille, est constamment rattrapé par son passé de délinquant. Il croise la route de Rhino, Albert et la jeune Mo lorsque, comme eux, il échappe de justesse à la prison mais écope d’une peine de travaux d’intérêts généraux. Henri, l’éducateur qu’on leur a assigné, devient alors leur nouveau mentor en les initiant secrètement… à l’art du whisky ! De distilleries en séances de dégustation huppées, Robbie se découvre un réel talent de dégustateur, bientôt capable d’identifier les cuvées les plus exceptionnelles, les plus chères. Avec ses trois compères, Robbie va-t-il se contenter de transformer ce don en arnaque - une étape de plus dans sa vie de petits délits et de violence ? Ou en avenir nouveau, plein de promesses ? Seuls les anges le savent…
Il n'y a rien de vraiment transcendant, de virtuose, dans le dernier film de Ken Loach. L'habitué du Festival de Cannes, ayant remporté le Prix du Jury avec La Part des Anges, n'a pas trop eu à forcer son talent pour nous raconter cette histoire à dormir debout, mais tellement touchante, de petits délinquants qui volent du whisky. Loin d'être un film sur le vol tels que Hold-Up, Le Cercle Rouge ou Les Spécialistes, c'est avant tout une comédie légère, qui aborde pas mal de sujets poignants, tout en maintenant cet aspect comique. Se dégustant lentement comme un bon Aberlour 10 ans d'âge, La Part des Anges est un film anti prise de tête, un feel-good movie simple, drôle, et efficace.
Cependant, il y a quelques petits points noirs. Les personnages, bien que très attachants, sont un peu trop stéréotypés (le grand roux un peu ''nounours'', la voleuse au look étrange, l'ivrogne bête comme ses pieds, et le chef qui est le plus intelligent, mais aussi le plus violent, instable). De plus, la fin est téléphonée (malgré le rebondissement des bouteilles cassées), un peu trop heureuse, mais c'est tout de même le but d'une comédie. Certaines blagues marchent très bien (la scène du scooter), d'autres un peu moins (le ''mal de burnes''). Certains instants sont magiques dans leur symbole (la confrontation avec les agents de police), d'autres sont révoltants (les ''tontons frappeurs'' dans l'hôpital), émouvants (la naissance du petit Luke), haletants (la fameuse scène du vol de whisky). Vous l'aurez compris : La Part des Anges n'est pas exceptionnel dans son ensemble, mais il active beaucoup de nos sentiments, et beaucoup de moments du film restent intacts dans nos mémoires, même des heures après le visionnage. On le sent tout le long du film : Loach n'a pas vraiment poussé son film très loin (il n'y a qu'à voir la platitude de sa réalisation), mais le cinéaste britannique a une telle facilité d'émouvoir, de faire passer son message, et tout simplement de raconter une histoire, que son film passe sans problèmes. Ces acquis nous permettent de passer un très bon moment, et de ressortir avec le sourire (on n'en demandait pas tant).
En résumé, c'est pas le film du siècle, mais Loach a de la bouteille et sait comment faire pour que nous apprécions son film.