Synopsis : Dans ce cinquième épisode, la Mort est toujours aussi omniprésente et se déchaîne après qu’un homme soit victime d’une terrible prémonition, laquelle permet de sauver ses collègues de l’effondrement d’un pont suspendu. Ce groupe d’âmes innocentes n’était pas supposé survivre, et, dans une course terrifiante contre le temps, ces malheureux tentent frénétiquement de trouver le moyen d’échapper au sinistre agenda de la Mort.
Il n'y a rien de vraiment époustouflant dans ce film d'horreur. Pas d'intrigue tordue à la Saw, d'effets de couleurs à la Insidious, ni la maestria d'un Craven ou d'un Romero. Il y a juste un petit quelque chose qui fait que ce Destination Finale 5 (pas vraiment besoin de voir les autres films pour comprendre celui-ci) n'est pas un navet. Après un petit lot de bonnes scènes (celle de la salle de gym restera un très très grand moment de l'histoire du cinéma d'épouvante) qui savent ménager le suspense (des éléments sont mis en évidence, pour que finalement, un autre surgisse au dernier moment dans une conclusion improbable) tout en gardant un aspect bien gore (mais drôle), la fin du film arrive vraiment comme un cheveu sur la soupe. La dernière ''mort'' est complètement désorganisée (pas vraiment de mise en bouche, le tout arrivant très vite et d'une façon très laide) et vient clore le film d'une manière assez décevante.
Il y a quelques détails qui viennent aussi gâcher la fête. D'accord, on est dans un teen-movie, les acteurs sont médiocres et les dialogues sont niais, rien de bien choquant. Mais comment peut-on éprouver autant de dégout envers les personnages, si bien que leurs morts respectives provoquent à l'unanimité un fou-rire. Un minimum d'empathie aurait été le bienvenu (ils auront essayé lors de nombreuses et chiantes scènes d'intimité, en vain), et de la crédibilité aussi. Car oui, les protagonistes, après avoir survécus à un accident mortel, vu presque tous leurs amis mourir dans d'atroces circonstances, semblent pas plus flippés que ta grande sœur qui passe le BAC de français, et encore...
Sinon, le cahier des charge est respecté : l'ennuie n'essaie même pas de rentrer dans la salle et les effets spéciaux sont vraiment réussis. Mais au bout d'un moment, le spectateur a besoin de voir plus qu'une statue de Bouddha écraser la tête d'un innocent ou une fille se faire transpercer par un mât de bateau à voile. Il préférerait une vraie histoire, avec des acteurs si-possibles talentueux, et des scènes de transitions plus convaincantes. Tout ce qu'il retient, c'est que ce DF5 accumule de jolies scènes, mais qu'il n'arrive pas du tout à boucher les trous. Et pour ce qui est de la peur, elle n'est que trop peu présente. Seuls le suspense et le dégoût provoqué par les effets gores dominent. Hilarant, parfois excitant, DF5 se laisse volontiers regarder, mais le final bourrin (à la Saw 2, genre : « On va tous mourir mais moi je veux trucider tout le monde parce que je suis con ») ainsi que quelques défauts inacceptables en font un film passable.
En résumé, bon divertissement gore ; Destination Finale 5 est peut-être complètement dénué de prétention, mais le seul problème, c'est que ça se voit.