Synopsis : Dom Cobb est un voleur expérimenté le meilleur qui soit dans lart périlleux de lextraction : sa spécialité consiste à sapproprier les secrets les plus précieux dun individu, enfouis au plus profond de son subconscient, pendant quil rêve et que son esprit est particulièrement vulnérable. Très recherché pour ses talents dans lunivers trouble de lespionnage industriel, Cobb est aussi devenu un fugitif traqué dans le monde entier qui a perdu tout ce qui lui est cher. Mais une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie davant à condition quil puisse accomplir limpossible : linception. Au lieu de subtiliser un rêve, Cobb et son équipe doivent faire linverse : implanter une idée dans lesprit dun individu. Sils y parviennent, il pourrait sagir du crime parfait. Et pourtant, aussi méthodiques et doués soient-ils, rien naurait pu préparer Cobb et ses partenaires à un ennemi redoutable qui semble avoir systématiquement un coup davance sur eux. Un ennemi dont seul Cobb aurait pu soupçonner lexistence.
A peine revenu de vacances, de retour dans son chez-lui adoré et particulièrement douillet, copa738 saute sur son ordinateur (qui ronronne paisiblement depuis près de 3 semaines, les fusibles poussiéreux et un peu rouillés). Il rattrape son retard, lit tous les articles qu'il a manqué de ses amis blogueurs. Pressé de revoir un film sur grand écran, il va sur la page des sorties et horaires des séances du seul cinéma de la modeste ville où il réside. Et c'est alors que son petit visage bronzé et fatigué se crispa d'un seul coup. Stupeur, sacrilège; Enter the Void, film sorti déjà quelques mois auparavant avait été diffusé pendant les vacances. Scandalisé, heurté, tétanisé, il dénonça tout, jura qu'il était l'homme le plus malchanceux de la terre. Il se dit : « Et pourquoi pas sortir Dog Pound en avril 2011 et Valhalla Rising en octobre 2013 (il se trouve que ces deux films ne sont toujours pas sortis dans son cinéma) ». Il continua profondément dans son ironie sarcastique : « Et puis, si on a de la chance, peut-être qu'on pourra voir Harry Potter et les relique de la mort fin décembre 2034 si on a de la chance ». Blessé au plus profond de lui-même, copa s'enferme dans sa chambre à double tour. Après 3minutes et 25 secondes de cris, de pleurs et de jurons (dont la pudeur l'oblige à les garder pour lui), il bafouille ce bout de phrase dont l'aspect symbolique dépasse tout : « Puisque c'est comme ça, j'irai voir Inception, na ». Mais oui, pourquoi n'y avait-il pas songé plus tôt. Le tant de sécher ses larmes de crocodiles, il est déjà dans la salle n°3 où est projeté le dernier film de Christopher Nolan (réalisateur de The Dark Knight, donc respect). Alors fini de parler comme Alain Delon, fini de me plaindre et de me morfondre, fini les calembours à deux balles, passons aux choses sérieuses, c'est l'heure de regarder l'évènement tant attendu de l'année, les lumières s'éteignent, c'est parti.
Il est vrai qu'un film sans scénario valable n'est pas un bon film. Il est vrai que si les acteurs sont mauvais et que si la réalisation n'est pas soignée, votre film risque d'être un navet. Alors n'ayez crainte monsieur, soyez tranquille madame, Inception n'est pas ce genre de film. Il frise la perfection tant son rythme (parfois saccadé) paralyse, tant ses effets spéciaux percutent. Inception est un savant mélange d'action, de science-fiction et de complications scénaristiques à toutes épreuves. Il transporte son public dans une dimension où chaque élément peut-être crucial pour la découverte de la vérité. Car toute l'histoire se résume en quelques mots, il faut juste faire la différence entre rêve et réalité. Mais c'est mission impossible tant Nolan endort ses spectateurs en les plongeant dans des scènes d'action beaucoup trop jubilatoires pour que l'on puisse penser à l'intrigue. Parce qu'au fond, le metteur en scène se joue de nous, il nous manipule, nous lobotomise par je ne sais quels moyens. Le résultat est là : on ressort les poils hérissés, les pupilles dilatées, la bouche grande ouverte.
On en peut détester Inception pour la simple et bonne raison qu'un scénario aussi complexe et complet ne peut déplaire à personne (mis à part quelques exceptions, il y en a toujours). Il faut aussi avouer que les acteurs rendent la tâche difficile aux mécontents : Ellen Page et Leo DiCaprio sont brillants, ainsi que Joseph Gordon-Levitt; quant au reste de la bande, le contrat est rempli, c'est propre, net et sans bavures.
Jouant avec les nerfs de ses spectateurs tel un Shutter Island futuriste, Inception mélange les genres et échafaude son plan à travers de profondes ambiguïtés et autres faits (très) compliqués de l'histoire. Impossible de ne pas se tirer les cheveux, impossible de ne pas trembler où d'avoir la chair de poule à la vue d'images de synthèses aussi impressionnante (car oui, le dernier film de Nolan est des plus impressionnant qui soit). Il se base sur deux choses essentielles : deux parties distinctes et deux styles de mise-en-bouche différents. Ces deux parties sont tout simplement la préparation de l'inception et le passage à l'acte. Quant aux deux astuces, on a tout d'abord le suspense, un facteur présent dans de nombreuses scènes (la poursuite dans les couloirs de l'hôtel en apesanteur, l'interminable et longue chute de la camionnette, le combat dans les paysages enneigés, les flashback où l'on voit Dom et Mall se créer un nouveau monde, effets visuels déroutants où la ville se plie en sandwich,...); puis on a les complexités : l'utilisation des totems, les rêves en strates, les limbes, paradoxes et autres décharges (à ce propos, le fait que la musique qui prévient les protagonistes du réveil soit d'Edith Piaf ne serait pas un semi-hommage à Marion Cotillard pour son premier grand rôle dans La Môme ?). Si le film contient une multitude de trouvailles astucieuses mêlées à des scènes d'actions trépidantes, le tout accompagné d'une musique explosive, il ne ferme pas les yeux devant un peu de tendresse (l'idylle entre Dom et Mall est très explicite et en devient touchante, un peu de romantisme dans ce monde de brute). Au final, que comprenons-nous ? Les choses évidentes en apparences le sont-elles ? Et si Dom n'était pas plutôt un manipulateur-manipulé ? Et si la réalité n'était n'était qu'un niveau inférieure parmi tant d'autres ? Et si toutes ces personnes ne seraient que des simples pions perdus à jamais dans le subconscient d'un simple mortel ? Et si ce casse-tête n'était qu'un vaste cauchemar à travers le royaume des rêves ? Et si la toupie ne s'arrêteraient jamais ?
En résumé, une nouvelle claque cinématographique qui rappelle de nouveau qu'un blockbuster d'auteur ne peut être que bon, Nolan frappe fort et nous livre l'un des plus grands films de ces dernières années.
Ma note : 9,5/10