Synopsis : Un jeune couple suspecte leur maison d'être hantée par un esprit démoniaque. Ils décident alors de mettre en place une surveillance vidéo durant leur sommeil afin d'enregistrer les évènements nocturnes dont ils sont les victimes. Les images récupérées de septembre à octobre 2006 ont été montées en un film de 86 minutes, Paranormal Activity.
Film d'horreur contemporain filmé en amateur, débloquant un budget minimum (et des recettes maximum) pour devenir un classique qui peut se vanter d'avoir foutu les boules à Spielberg. Voilà ce que représente Paranormal Activity, sorte de classique avant l'heure, nouvelle génération de Blair Witch qui a fait chier dans son froc pas mal de fans du genre (et surtout aux USA). Arrivé en France, les critiques négatives s'enchainent et malgré un buzz et un résultat convenable en salles, le phénomène semble s'être essoufflé. Peli, le caquet rabattu par de nombreux contestataires, peut au moins se dire qu'une personne a adoré son film : moi. Ravalez vos insultes que je flaire à 3 kilomètres, inutile de me faire remarquer que c'est pas la première fois que je me met à dos la plèbe allocinéenne (cf : World Invasion : Battle Los Angeles), vous ne m'ôterez pas ma liberté de penser.
Il est vrai que les moments censés faire ''retomber'' la pression sont particulièrement longs et pesants (dialogues inutiles, une intrigue qui n'avance pas), et que, dans ce cas-là, il ne nous reste que les big boobs de l'actrice principale à mater pour faire passer le temps. Oui, on s'ennuie ferme pendant une bonne demi-heure, subissant les engueulades peu crédibles du couple, ainsi que quelques moments aberrants (en voyant la vidéo, j'aurai du mal à m'endormir le soir comme si de rien n'était). Mais entre toutes ces imperfections, il y a un vrai potentiel horrifique dans Paranormal Activity. Alors, OK, toutes ces séquences répétitives dans la chambre sont d'une banalité affligeante (porte qui se ferme toute seule, bruits de pas), mais elles conduisent toutes à ce final miraculeux, tellement éprouvant qu'il est difficile de garder son calme. Pour nous faire peur ainsi, Oren Peli nous invite à nous installer dans cette maison, en découvrant toutes les salles, en prenant connaissance des personnages, qui n'ont plus de secrets pour nous à la fin du film. Même s'ils ne sont pas très crédibles, on s'attache à eux, et le final nous attriste autant qu'il nous effraie.
Intrigue assez bâclée cependant, plutôt capillotractée par moments (l'espèce de tablette qui communique avec les morts, la photo trouvée dans le grenier) mais ça nous passe finalement au-dessus de la tête, vu que les scènes d'horreur sont assez effroyables pour nous scotcher, et nous faire tout oublier. Après, Peli réussit beaucoup moins son coup dans le ''meublage'' entre les scènes intéressantes (intimité des protagonistes). Il y a pas mal de fautes dans Paranormal Activity, les mêmes que l'on trouve dans Cloverfield par exemple. Mais, à l'image du film de Matt Reeves, la note maximale (en étoiles) se doit d'être assemblée à cette critique, car il n'y a rien de mieux que des défauts qui viennent renforcer des qualités (comme si Peli voulait que les moments chiants du film rendant les moments importants vraiment haletants). Dans tous les cas, le résultat voulu est obtenu : Paranormal... est un film d'une grande intensité, qui vous fera, à coups sûrs, passer une nuit agitée dans votre lit, frissonnant à chaque craquement de parquet et en voyant les ombres de votre porte. Alors, quand un film parvient à autant nous faire peur, c'est qu'il est de toutes façons, pleinement réussi.
En résumé, encore une critique avec laquelle je risque sérieusement de me faire huer par la foule, mais une nouvelle fois, la subjectivité prend le dessus sur tout, ce qui n'est (en fin de compte) pas une mauvaise idée pour regarder un film (le soucis du détail et de la perfection rend le critique trop exigeant et contestataire).