Synopsis : Phil, Stu, Alan et Doug s’offrent un voyage exotique en Thaïlande, à l’occasion du mariage de Stu. Après l’inoubliable soirée d’enterrement de sa vie de garçon à Las Vegas, Stu ne veut rien laisser au hasard et opte pour un brunch léger, sans risque, avant la cérémonie. Mais les choses ne se passent pas toujours comme prévu. Ce qui s'est passé à Las Vegas est imaginable à Las Vegas, mais ce qui se passe à Bangkok dépasse l’imagination...
Quand vous voulez fêter la fin du brevet et qu'une bande d'amis vous harcèlent pour aller voir Very Bad Trip 2, quand vous, vous souhaitez voir Une Séparation et Balada Triste, il est difficile de ne pas céder. Allons-y pour 1h40 de vidage de tête complet, avec de l'humour lourd comme on l'aime et des situations redondantes. Mais bon, c'est la fin de l'année, et vaut mieux voir un navet qui détend qu'un chef d'œuvre qui fait souffrir, non ? Sauf que ce Very Bad Trip 2, sans être un chef d'œuvre, ne se contente pas de faire rire bêtement. Il puise son humour dans un style (évidemment) lourd, mais le combinant astucieusement à un ensemble d'excellentes trouvailles et d'une bonne poignée de subtilités. Pour tous ceux qui avaient vu l'épisode 1 (je n'en fais pas parti), on remarqua que les deux films sont presque similaires (même genre de gags, même organisation dans la narration et la chronologie : les gimmicks du premier coup de fil, et les photos de la fin), ce qui est bien dommage, vu que l'effet de surprise n'y est plu. Seulement, dans mon cas, ce fameux effet de surprise est bel et bien au rendez-vous, car la découverte est là, et que l'humour est présent.
Pendant toute la durée du film, ne pas rire une seule seconde serait dévoiler son côté inhumain. Malgré un début assez mou du genou (les retrouvailles, les discussions), l'action se manifeste rapidement, pour le grand plaisir d'un spectateur qui ne demande que ça. Alors pendant 1h40 de film, le délire ne s'arrête jamais. Plus les personnages en apprennent sur leur nuit, plus l'intrigue avance, et plus le film en devient jouissif. Et le délire atteint son apogée lors de nombreuses scènes invraisemblables (comme celle où ils découvrent que que prostituées ont toutes un pénis, scène qui donnera l'une des plus hilarantes répliques de tous les temps : « Il y a une raison pourquoi cette ville s'appelle Bangkok et pas Bangmoule ») où la logique n'est pas envisageable et où la vulgarité trouve ses lettres de noblesses. Donc c'est sous le signe de la bonne humeur et de la déconnade que se dévoile Very Bad Trip 2, sans vraie prétention, ni espoir de cartonner (même si cette suite demeure mercantile, le but était surtout de réitérer l'exploit, pour essentiellement faire plaisir à tout l'équipe de tournage), juste pour remettre le couvert, après le grand succès critique du premier volume. Et à la vue d'un générique de fin absolument génial, les premiers mots qui nous viennent à l'esprit sont « Ils ont dû vachement s'éclater pendant le tournage ». Et quand un sentiment de ce genre nous possède, c'est que quelque chose de positif s'est transmit entre l'écran et nous.
Bien au-delà des pitreries des trois acteurs (tous excellents), le film cache pas mal de bonnes choses (une belle utilisation de la musique, par exemple), on peut lui faire des compliments qu'on ferait à un grand film. Le scénario est très soigné (la découverte du corps animé de Tommy reste inventive et vraiment bien foutue) et la réalisation demeure très réussie. Alors oui, il y a certains détails vulgaires qui font un peu retomber le film dans la routine des comédies américaines contemporaines, oui, un film de ce genre comporte forcement des longueurs et un bon lot d'imbécilités, mais cela n'empêche personne de passer un agréable moment. Objectivement, ce Very Bad Trip 2 est tout ce qui se fait de pire en ce moment au cinéma, mais il a le mérite d'être un divertissement (plutôt) honnête qui peut se vanter de réussir à faire rire et même vibrer (il y a aussi du suspense).
En résumé, quoi de plus agréable que de commencer les vacances avec ce film ? Rien !