Synopsis : Au camp Pendleton, base militaire située à proximité de Los Angeles, un groupe de Marines, dirigé par le sergent Michael Nantz, est appelé à riposter immédiatement à l'une des nombreuses attaques qui touchent les littoraux à travers le monde. Le sergent Nantz et ses hommes vont mener une bataille acharnée contre un ennemi mystérieux qui est déterminé à s'emparer de l'approvisionnement en eau et à détruire tout sur son passage.
D'abord, il y a eu cette bande-annonce vraiment impressionnante, bourrée d'effets spéciaux et accompagnés par le magnifique The sun’s gone dim and the sky’s turned black de Johann Johannsson. On a sérieusement l'impression qu'on va revivre La Guerre des Mondes, chef d'œuvre absolu de Spielberg qui avait fait sensation par son originalité et ses effets visuels. Arrivés dans la salle, le silence se fait, et c'est donc parti pour 2 heures de grand spectacle où on ne verra pas le temps passer et où on en prendra plein les mirettes.
Concrètement, ce Battle Los Angeles, c'est de la merde. Et j'aurai très bien pu rester sur cette thèse, sachant qu'elle rejoint celles des autres blogueurs. Mais malgré un scénario encore plus téléphoné qu'à France Télécom, des dialogues niais comme on en a rarement vu, et une fin heureuse, grotesque et très américaine, il y a quelque chose de fort dans le film de Liebesman, quelque chose qui fait monter l'adrénaline en toi, qui te saisit à la gorge, et ne te lâche que lors du générique de fin. Cinématographiquement parlant, on approche la couillonade qui schlingue à trente kilomètres. Les producteurs semblent se foutre ouvertement de leur public en offrant un long-métrage de bonne qualité, mais bien trop conventionnel, et dont la morale semble être adaptée à un public enfantin. Mais dans le même style, Avatar offrait le même genre du numéro, à la différence que le film de Cameron dégageait un budget nettement plus conséquent et tenait des promesses. Sans aucune prétention, World Invasion : Battle Los Angeles (quel titre pourri, n'empêche), se laisse regarder sans modération, et il n'y a que ça qui compte.
Il est vrai qu'un film de ce genre ne peut que répugner les cinéphiles, ce qui est compréhensible, dans l'absolu. Mais ces derniers se laissent embrouiller par les mécanismes odieux et diaboliques de leur objectivité. Ainsi, bien dégoutés par la piètre performance des acteurs (il est mignon Aaron Eckhart, mais on peut dire qu'il n'est pas gâté par les dialogues), surtout par celle de Michelle Rodriguez, hideuse comme jamais et qui nous a tout de même sorti ze réplique de l'année : « Ah, je me suis pris ce truc gluant en plein dans la bouche ! ». Avouez qu'on ne peut se retenir de rire en pensant à ce pauvre Michel Audiard qui doit sérieusement se retourner dans sa tombe. Malgré un scénario qui frise le ridicule et des dialogues de tous les superlatifs péjoratifs, on arrive tout de même à tirer beaucoup de positif dans Battle Los Angeles. Pour la simple et bonne raison que ça faisait longtemps qu'on avait pas autant jouit devant des effets spéciaux (et sans la 3D, mon Dieu que c'est un régal) et qu'on avait pas vu autant le temps passer au cinéma.
Alors je n'ai qu'une chose à dire à nos chers blogueurs qui critiquent furieusement le ''chef d'œuvre'' de Liebesman, c'est qu'il faut prendre du recul avant de voir un film, quitte à oublier tout ce que l'on sait, et vivre le moment comme une pure consommation, comme du pur divertissement. Car le cinéma d'aujourd'hui – et malgré quelques pépites rares – est hélas composé de la même matière que l'argent, devenant un commerce honteux, mais que personne ne peut contrôler. Alors videz-vous la tête, dites-vous que c'est juste un bon moment à passer et qu'au pire, vous perdrez 2 heures de votre vie. Respirez à fond et profitez du moment présent, vous verrez par vous même que ce Battle Los Angeles n'est pas si mauvais qu'il en à l'air, du moins qu'il rempli son contrat : bousiller la rétine à ta mère et te faire passer un bon moment. Et tant-pis si c'est caricatural, tant-pis si ça sent l'arnaque à plein nez et que tu te rend compte que Liebesman filme avec sa voûte plantaire, vous avez tout de même assisté à un bon film de guerre d'anticipation, sans morale (si ce n'est cette piteuse éloge du courage, de l'altruisme et de la bravoure) ni grosses recherches philosophiques (pour ne pas dire aucune), mais avec une bonne dose de fun et d'action. Ce qui est marrant, c'est de voir que je partage finalement le même avis que tous les autres blogueurs qui ont critiqués violemment ce film, mais que la note est complètement différente. Pourquoi ? Je pense que ma subjectivité l'a tout simplement emporté sur mon objectivité, peut-être parce que je suis encore jeune et que ce genre de films me fait encore triper, et qu'il faudra attendre encore quelques années avant que je me rendre compte que ce film est un navet. Mais pour l'instant, l'ivresse de ma jeune cinéphilie me permet d'apprécier ce genre de films, et il n'y a rien de mieux que de prendre son pied devant un long-métrage qui frôle le naufrage cinématographique.
En résumé, je prend sur moi, mais je suis fier de vous annoncer que j'ai aimé Battle Los Angeles, au grand risque d'être brûlé vif sur la place publique.