Synopsis : Tonto, le guerrier indien, raconte comment John Reid, un ancien défenseur de la loi, est devenu un justicier légendaire. Ces deux héros à part vont devoir apprendre à faire équipe pour affronter le pire de la cupidité et de la corruption. Le tandem fait des étincelles et entraîne le public dans un tourbillon de surprises et d’humour.
Des décors d'époque (style western comme dans Rango), un Johnny Depp profondément dérangé, un montage inventif (la narration et l'histoire qui s'entremêlent), une réalisation solide (scènes d'action bien filmées, jolis paysages à la John Ford), un cheval sur un arbre, un corbeau pas tout à fait mort et des héros intouchables, la Verbinski touch se fait de plus en plus sentir à chacun de ses films, et l'alliance entre Disney et ce virtuose du divertissement ne pouvait que marcher. Évidemment, on reste bien loin de la qualité d'un Pirates des Caraïbes niveau suspense, émotion et amusement, mais Lone Ranger parvient à nous arracher plusieurs sourires, au point qu'on prend un malin plaisir à débusquer les différentes scènes téléphonées, ou les invraisemblances. En plus de nous rendre joyeux, ce pur divertissement garde un peu le suspense, nous raconte une histoire typiquement western (indiens vs. cowboys, pour faire court), il y a donc une volonté d'offrir du spectacle de qualité. Cette qualité est au niveau des effets spéciaux, très bien réalisés, et d'une réalisation fluide (les scènes d'action au cinéma comme si vous y étiez), maîtrisée, digne d'un bon réalisateur qui sait lier son script avec l'image.
On va tout de même calmer le peuple : c'est loin d'être une pépite du cinéma, loin d'être le film de l'année. On pensera notamment à quelques scènes un peu confuses (l'évasion du train), qui offrent des situations drôles mais difficiles à suivre sur le moment. On subit donc beaucoup le film et les différentes extravagances de Verbinski et Depp (un duo parfait pour le coup). Il y a peu de retenue de la part du réalisateur (de manière anecdotique, on soulignera que le film reste assez violent pour un Disney), comme si tout ce qui passait par sa tête était la solution pour faire passer un bon moment au spectateur. Ce grain de folie permanent, cette liberté de pouvoir faire n'importe quoi (tout en respectant le cahier des charges du bon blockbuster lambda) avec la caméra, les acteurs et les décors, nous rappellent les débuts d'un certain Tim Burton (H.B. Carter est là pour nous le signaler). Tout ce que l'on souhaite à Gore Verbinski, c'est qu'il ne tombe pas dans la facilité, et continue à faire ce qu'il fait de mieux pour le grand bien du consommateur.
En résumé, superproduction au projet dantesque, Lone Ranger se boit comme du petit lait.
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