Synopsis : Alors que Scrat poursuit inlassablement son gland avec toujours autant de malchance, il va cette fois provoquer un bouleversement d’une ampleur planétaire… Le cataclysme continental qu’il déclenche propulse Manny, Diego et Sid dans leur plus grande aventure. Tandis que le monde bouge au sens propre du terme, Sid va retrouver son épouvantable grand-mère, et la petite troupe va affronter un ramassis de pirates bien décidés à les empêcher de rentrer chez eux...
L'excès. Durant trois films, les scénaristes talentueux de L'Âge de Glace ont poussé, à chaque fois, les limites du burlesque, de l'art comique animé. Depuis 2001, les fous-rires s'enchainent et on n'a pas l'impression que les idées manquent. Mais La Dérive des continents est arrivé... Loin d'être mauvais, ce quatrième volet pêche par gourmandise : trop de... tue le... Trop d'action, trop de personnages, trop de thèmes abordés : il est loin le temps de la simplicité. L'épisode précédent, le meilleur de la saga d'un point de vue comique, se basait, comme les deux autres, sur une panoplie restreinte de personnages, tous analysés pointilleusement. Le dernier épisode veut trop aborder des thèmes de société (l'adolescence, la différence, le fait de quitter sa famille/bande ; on peut même y trouver une critique du monde du travail : le chef des pirates exploite ses moussaillons + la hiérarchie qui change), alors qu'il était plus simple de s'attarder sur des personnages (surtout sur les nouveaux). Le problème, c'est qu'ils sont trop nombreux. Même les personnages principaux ont perdu de leur volume. Seul point positif dans le scénario : le ''secret'' sur la famille de Sid est dévoilé, et les moments (trop rares) avec Scrat sont à mourir de rire.
Il y a donc un excès, une surabondance de trop de trucs, machins et choses dans ce dernier volet. Et pourtant c'est très drôle. Les situations sont loufoques, les personnages rigolos, et l'histoire tient la route. Un manque : le quatuor initial n'a plus la même folie : la faute à l'incruste de certains personnages. C'est donc la nostalgie qui nous domine : on rêverait qu'un retour aux fondamentaux se fasse. La seule évolution visible à l'œil nu est la qualité des effets spéciaux (la scène de la tempête en pleine mer est très impressionnante). On ne va pas s'attarder trop longtemps sur ce film d'animation qui, sans briller, parvient à nous faire passer un très agréable moment. On en ressort joyeux, malgré une légère pointe de déception. La saga s'essouffle mais nous fait et fera (enfin, on l'espère) toujours aussi rire : pour le meilleur et pour le pire.
En résumé, cet Âge de Glace 4 ne casse pas trois pattes à un opossum, mais on a quand même bien rigolé.