Synopsis : Catastrophe ! Nadia fête son anniversaire et Titeuf n’est pas invité ! Pourquoi ? Comment a-t-elle pu l’oublier alors qu’il soigne son attitude over-séductive à chaque fois qu’il la croise ? Mais un séisme plus important encore va secouer la vie de Titeuf et la faire basculer dans le chaos car décidément les adultes, une fois de plus, sont vraiment trop nuls… Titeuf, pareil à lui-même, va tenter de comprendre ce qui lui arrive et va multiplier les stratagèmes désastreux pour réparer sa vie… tout en ne perdant pas de vue son objectif : être invité à l’anniversaire de Nadia !
Devenu le symbole de toute une génération, Titeuf, avec une bonne collection de BD depuis 1992 et des produits dérivés (Le Guide du Zizi-Sexuel, Poésies des quatre saisons) est le petit garçon le plus célèbre de France. Une série animée avait été créée, à l'occasion, elle s'éloignait de l'univers de la BD mais se laissait regarder facilement avec le sourire au coin des lèvres (bien que plus les années avancèrent, moins l'humour était présent). Zep, créateur et dessinateur de génie, adapte son propre chef d'œuvre au cinéma (et en 3D les gars, ça rigole plus). Son film, bien qu'assez rigolo et gardant le même esprit que la BD, s'avère être un concentré de ce qui se fait de pire dans les dessins animés d'aujourd'hui, à savoir de nombreuses mini-intrigues superposées mais sans rapport, des dessins assez banals et un humour très ''pipi-caca-prout''. Non, le passage sur grand écran n'était pas du tout une bonne idée, mais il faut dire qu'il y avait de nombreux présages que le grand oracle Copa avait ressenti, des nombreux détails qui laissaient penser que ce Titeuf, le film n'allait pas être nul, mais tout de même bien loin des subtilités et de l'humour ravageur de la BD.
Tout d'abord il y avait la 3D, véritable jouet commercial qui fait un carton au cinéma en ce moment, à ce qu'il paraît. Cette utilisation grotesque du relief combiné a des dessins classiques ne pouvait donner qu'un résultat inutile et moche (heureusement, comme je l'avais vu dans ma boule de cristal, je suis allé le voir en 2D). Une fois la technique passée, il y avait cette bande-annonce, originale et vraiment poilante. Seulement, quelques chose me disait que tous les moments drôles du film étaient concentrés dans cette BA. Ça n'a pas loupé : à part deux ou trois blagues, on aurait très bien pu se garder la bande-annonce. Après, il y avait le fait que pas mal de voix de doublages allaient être modifiées (la voix des parents de Titeuf, notamment, mais aussi celle de Jean-Claude et Ramon). L'habitude des voix de la série TV a fait que d'entendre de nouvelles voix dans la bande-annonce ne présageait rien de bon. Et enfin, pouvez-vous me dire combien d'adaptations de BD (francophones, notamment) au cinéma sont passées à la postérité ? Chez Lucky Luke, le film avec Jean Dujardin avait attisé la haine des critiques, Les Daltons avec Eric et Ramsy fait parti du top 10 des plus mauvais films selon les internautes d'Allocine, et le film d'animation Tous à l'Ouest était passé inaperçu. Et je ne parle pas des films d'animation Tintin ou encore du dernier volet des aventures d'Asterix. Comme vous pouvez le voir, tous les signes témoignaient en la défaveur de Titeuf, le film, qui s'avère être un film très moyen, mais gardant un certain charme (personnages drôles et inimitables, blagues irrésistibles).
Alors que retenir à la sortie de la salle ? Quelques petites blagues (déjà présentes dans la BA) comme le « Directeur Zou ! » ou encore les petits éléments dégueulasses (Titeuf roule une pelle à la chaussette de Puduk, Titeuf fait pipi sur le parquet et se fait chier dessus par une vache). Mais globalement, on en ressort avec déjà 99% du film déjà oublié. Ce n'est pas le fait que l'histoire soit mauvaise qui provoque cela, c'est surtout le fait que Zep regorgeait d'idées (ses caméos, Johnny Hallyday dans le train, l'anniversaire de Nadia, le clash des grand-parents, la scène d'ouverture à la préhistoire) mais qu'il n'a pas réussi à les assembler correctement. Au final, son film est une sorte de fourre-tout avec de bonnes idées, mais complètement détachées les unes des autres. Zep aurait mieux fait de faire un film comme dans sa BD, avec des mini-saynètes sans aucun rapport, l'humour du film aurait eu un autre impact et ça nous aurait peut-être plus captivé. Car à vouloir partir dans tous les sens, Zep oublie qu'il met en scène un film, et non un brouillon de son futur album. Reste cependant un univers bien particulier que j'affectionne personnellement, là où l'apocalypse se transforme en apocaslip, où le mot pédoncule est une insulte et où de nombreuses expressions (« C'est pô juste », « Lâchez-moi le slip ! », « Overmegakill » ou encore « Elle est pourrite ») font déjà parti du langage courant dans une cour de récré lambda d'école primaire. Et rien que pour ça, le film de Zep (qui respecte l'univers de la BD) mérite un semblant de respect.
En résumé, pas grand chose à se mettre sous la dent, si ce n'est les nombreux éléments qui font de Titeuf un personnage unique, même avec un scénario faible et pas mal de longueurs.