Synopsis : Parce qu’il achète la maquette d’un bateau appelé la Licorne, Tintin, un jeune reporter, se retrouve entraîné dans une fantastique aventure à la recherche d’un fabuleux secret. En enquêtant sur une énigme vieille de plusieurs siècles, il contrarie les plans d’Ivan Ivanovitch Sakharine, un homme diabolique convaincu que Tintin a volé un trésor en rapport avec un pirate nommé Rackham le Rouge. Avec l’aide de Milou, son fidèle petit chien blanc, du capitaine Haddock, un vieux loup de mer au mauvais caractère, et de deux policiers maladroits, Dupond et Dupont, Tintin va parcourir la moitié de la planète, et essayer de se montrer plus malin et plus rapide que ses ennemis, tous lancés dans cette course au trésor à la recherche d’une épave engloutie qui semble receler la clé d’une immense fortune… et une redoutable malédiction. De la haute mer aux sables des déserts d’Afrique, Tintin et ses amis vont affronter mille obstacles, risquer leur vie, et prouver que quand on est prêt à prendre tous les risques, rien ne peut vous arrêter…
On aurait tendance à légèrement idéaliser, surélever ce Secret de la Licorne, pour la simple et bonne raison que c'est monsieur Spielberg qui est derrière la caméra. On aurait tendance également à considérer ce film comme un dessin animé à part, le plaçant aux cotés des vrais films, ou bien dans une catégorie de films animés ''adultes''. De ce fait, le film est approché en majorité d'une façon étrange, où les énormes attentes des spectateurs viennent leur flouter l'image du film, leur faisant perdre toute objectivité. Succès attendu à la Avatar, Tintin était déjà un chef d'œuvre avant sa sortie, et présente, en effet, un spectacle de grande qualité. La motion-capture, plus avancée que dans Avatar ou Beowulf, est cependant décevante, là où on pensait être troublés dans le parallèle réel/animation (même si le film se rapproche encore plus de la réalité que ces prédécesseurs, c'est clairement l'animé qui domine). Cependant, dire que Tintin n'est pas un bon divertissement serait mentir, tant le rythme imposé par Spielberg est prenant. Malgré quelques pauses (en mer, dans le désert), le film est un concentré d'action où tout s'enchaine si rapidement que ça en fait mal aux yeux. L'immense plan-séquence de la descente de la ville de Bagghar est peut-être la scène la plus impressionnante de toute l'histoire du cinéma d'animation.
A l'image de cette fameuse scène, le film est un grand carnaval où tout passe par le visuel. L'humour se basant presque majoritairement sur les gags, les prouesses techniques rendant l'action plus vivante et la réalisation des plus inventives (jeu des reflets permanent : une bulle d'eau, des miroirs, des lunettes, un rétro). Mais à vouloir en faire trop, Spielberg oublie véritablement de construire les piliers essentiels. En voulant trop jouer sur les petits détails (personnages secondaires autant travaillés que les principaux), il construit à son insu, un épais mur entre les protagonistes et son public, l'animation rendant tout cela encore plus superficiel. De plus, à trop vouloir faire tout partir dans tous les sens, il récolte, en conséquence, un éparpillement de tout intérêt pour l'intrigue, une évaporation de l'attention des spectateurs. Si bien que ces derniers en oublient que c'est ''censé'' être un animé mature, et le considère rapidement comme un simple divertissement, ce qu'il est finalement.
En résumé, en vendant son Tintin comme ''un dessin animé avec un petit truc en plus'', Spielberg déçoit par la superficialité de son film, et la banalité de son scénario et (surtout) des dialogues ; visuellement, le contrat est rempli, mais la maturité d'un film se juge essentiellement sur des critères plus littéraires que techniques, et sur ce point, Spielberg échoue.