Synopsis : Le jeune Cecil Gaines, en quête d'un avenir meilleur, fuit, en 1926, le Sud des États-Unis, en proie à la tyrannie ségrégationniste. Tout en devenant un homme, il acquiert les compétences inestimables qui lui permettent d’atteindre une fonction très convoitée : majordome de la Maison-Blanche. C'est là que Cecil devient, durant sept présidences, un témoin privilégié de son temps et des tractations qui ont lieu au sein du Bureau Ovale. À la maison, sa femme, Gloria, élève leurs deux fils, et la famille jouit d'une existence confortable grâce au poste de Cecil. Pourtant, son engagement suscite des tensions dans son couple : Gloria s'éloigne de lui et les disputes avec l'un de ses fils, particulièrement anticonformiste, sont incessantes. À travers le regard de Cecil Gaines, le film retrace l'évolution de la vie politique américaine et des relations entre communautés. De l'assassinat du président Kennedy et de Martin Luther King au mouvement des "Black Panthers", de la guerre du Vietnam au scandale du Watergate, Cecil vit ces événements de l'intérieur, mais aussi en père de famille…
D'une plantation de coton lors de la ségrégation à l'élection de Barack Obama, vivez toute l'histoire de l'Amérique à travers les yeux d'un noir qui a survécu à l'Histoire, qui a arpenté les décennies en prenant beaucoup de ride, de la sagesse, vivant des choses incroyables. Le Majordome est une sorte d'attrape-Oscars qui se laisse regarder sans cligner des yeux. La réalisation est simple, le scénario rythmé, le film dans son ensemble est bourré de bons sentiments. On peinera à remarquer les caméos de Robin Williams, Alan Rickman, Mariah Carey, et on appréciera les performances de Oprah Winfrey, Lenny Kravitz et surtout le génial Forest Whitaker, qui illumine l'écran de sa bouille atypique. Son jeu est vraiment émouvant, il campe le rôle à merveille, il porte le film sur ses épaules et le fait très bien.
Dans l'ensemble, et bien qu'étant un bon film, Le Majordome est très conventionnel, un film qui se regarde, s'apprécie sur le moment, laisse quelques traces quelques minutes après puis s'oublie un petit peu. Quelques moments nous marquent, comme le règlement de compte père-fils lors du dîner et d'une discussion sur Sidney Poitier, la mort de Gloria, le KKK, les demandes d'augmentation de salaire. Anti-raciste, prônant la tolérance, le film parle d’événements qui ont marqué l'histoire de l'Amérique sans en faire des tonnes (les morts de M.L King et J.F Kennedy ellipsées, pas de prise de position réelle). C'est conventionnel et relativement bien maîtrisé, un peu tire-larme sur la fin, mais le contraire nous aurait étonné. Tout compte fait, le film est comme on aurait aimé le voir avant visionnage : une fresque historique moderne avec une réalisation classique.
En résumé, Lee Daniels réussi son film sans briller de mille-feux, mais cela suffit pour passer un bon moment dans une salle obscure, rendez-vous aux Oscars.
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