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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


The Tree of Life (Terrence Malick)

Publié par copa738 sur 18 Mai 2011, 16:15pm

Catégories : #Films (Drame)

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Synopsis : Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire...

Œuvre née du narcissisme puant d'un metteur en scène qui a légèrement tendance à se prendre pour Kubrick (enfin, surtout par le biais des médias), The Tree of Life, film médiocre au milieu des autres films médiocres de cette année (je vous refais pas la liste) est tout ce qui se fait de plus prétentieux au cinéma. C'est magnifique, certes, mais c'est également très lent. Au bout de 20 minutes, même les belles images de Malick ne parviennent pas à faire oublier les faiblesses d'un scénario, et la banalité des dialogues... Doté d'une sorte de réflexion sur le pourquoi du comment de la vie et de la mort, The Tree of Life se perd dans sa complexité, dans son non-sens. On serait presque tenté de dire qu'il n'a finalement rien à dévoiler, que c'est juste de l'étalage visuel pour de l'étalage visuel, avec beaucoup de défauts du point du vue cinématographique.

Et si on commençait par le commencement ? Tout d'abord, il y a ce scénario, bidon, impossible à suivre, presque inabordable et sans-cesse contradictoire (la mort du jeune fils que l'on voit pourtant les scènes suivantes). Il y a aussi les acteurs, ni bons ni mauvais, mais faisant office de figurants, de pantins dirigés par Malick, mais des pantins sans visage, sans émotions. Outre le fait qu'aucune empathie ne se fait ressentir chez les personnages, oserons-nous parler du fait que les talents de Pitt et de Penn sont curieusement mal exploités ? Oserons-nous dire que la quasi-totalité des dialogues du film (soit environ une centaine de mots) semble être extraite d'un tract sectaire ? Oserons-nous au moins critiquer ces nombreuses images (superbes, certes) piquées à droite à gauche dans les archives de Ushuaia Nature et les fonds d'écrans de Windows Vista ? Oserons-nous enfin, dire que la pseudo-inventivité filmique et la puissance de cadrage et la beauté de l'image de Malick sont des plus inutiles dans The Tree of Life ? Tout est si beau, si spirituel, que ça en devient ridicule. Rien n'est naturel dans ce que met en scène Malick, rien ne semble véritablement fait pour captiver. Alors quel était son but ? Nous faire réfléchir sur ce que représente la vie, les multiples possibilités symbolisées par l'arbre dont les branches illustrent les différents chemins que l'on a, aurait dû, ou pu parcourir durant notre vie (et si le fait qu'un petit dinosaure herbivore ait été épargné par un gros carnivore fait que vous êtes là aujourd'hui ?) ? Seulement, à trop vouloir illustrer des questions, Malick n'y répond pas, laissant le spectateur con, déçu de ne pas avoir vu un semblant d'idée, un semblant de subjectivité dans le film.

Ainsi, content de sa performance visuelle, Malick arbore son œuvre, laissant au passage quelconque intérêt dans son scénario. Livrant un message pro-catholique gerbant (aime, et tu seras aimé, donne, et on te donnera, etc), il s'automutile, se décompose. Lui qui, en une petite poignée de films en 30 ans avait réussit à combler un grand ensemble de cinéphiles, attise aujourd'hui la haine de toute la plèbe mangeuse de DVD. Son dernier film, aussi beau soit-il, n'est pas à la hauteur : c'est une expérience sensorielle, un film d'exploration où tout ce qui a du sens n'en a plus du tout. Il fait du figuratif avec de l'abstrait, se noie dans quelques imbécilités (les scènes avec les dinosaures) et livre un film ambiguë, chiant, et complètement inutile. Un film à ranger directement dans la case ''inclassable''. Malick a voulut faire son 2001 en pensant que le mérite que l'on attribuait à Kubrick en 1968 lui serait également attribué. Son OVNI du cinéma, bien que très proche du film de Kubrick, reste cependant à des années-lumières de son prédécesseur. Car un film expérimental se doit de contenir un fond, une structure assez solide pour pouvoir supporter de poids des nombreuses séances où les couleurs, la lumière, et l'image prennent un sens plus artistique que purement cinématographique. C'était peine perdue avec un scénario aussi pourri, et des dialogues aussi niais. Mais que restera-t-il de ce Tree of Life ? Une intrigue aussi mystérieuse que Mulholland Drive ? Des images époustouflantes à la Avatar ? Une longue réflexion sur l'humanité tel 2001 ? Rien de tout cela, malheureusement. On en retiendra surtout le fait qu'il aura fait perdre 2h20 de leur vie à une grosse foule de cinéphiles, pressés d'en finir avec ce calvaire qu'on lui proposait. The Tree of Life, dans son incompréhensible spirale, laisse sans voix, mais pas dans le sens positif du terme.

En résumé, impossible de cerner le dernier Terrence Malick ; en revanche, ce qui est sûr, c'est qu'il foire tout ce qu'il voulait faire ressentir au spectateur, vu qu'aucune émotion n'en ressort (si ce n'est l'impatience et l'ennuie) ; à moins que Malick n'avait aucune ambition, ce qui serait surprenant, lorsque l'on sent, à travers chaque image et dialogue, la prétention de son cinéma.

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Katia 22/02/2013 01:43

Bonsoir Copa738,
Avant d'aborder les sujets qui fâchent, je tiens à vous signaler que je suis votre blog avec beaucoup d'attention et que j'ai, peu importe mes opinions en matière de cinéma, beaucoup de respect
pour le travail que vous fournissez.
Ça, c'est dit!
Sachez, d'abord, que j'aime les gens qui ont des goûts tranchés, j'aime encore plus ceux qui savent les défendre envers et contre tout (et tous!).
De plus, je peux comprendre votre ennui face à "The Tree of Life". J'imagine que lorsque l'on n'entre pas dedans le film s'avère être une belle torture. Cela étant dit ce qui me gêne plus dans
votre propos, c'est que j'ai la - mauvaise - impression que vous essayez de reporter votre frustration (de cinéphile, on s'entend) sur ceux qui ont aimé le film. Détester un film est une chose. Le
critiquer aussi. Mais tenter d'argumenter pour "salir" le plaisir ressenti par certains spectateurs, est, à mon sens, un peu dommage.
Je respecte votre déception, mais évitons d'amalgamer "je n'ai pas été touché, ça ne me parle pas" avec le bon vieux (et trop facile) "ça ne sert à rien, c'est prétentieux et loupé" parce que votre
blog vole plus haut que ça. En tout objectivité!
Sur ce, je vous laisse et vous souhaite une bonne continuation.
A bientôt et bons films :)

copa738 18/06/2011 22:11

Tout d'abord, j'ai voulut commencer cette critique par une phrase qui exprime parfaitement ma colère et ma déception. Après, c'est vrai qu'elle est discutable, et qu'elle sert essentiellement de défouloir, mais le film de Malick m'a échappé, et, en plus de cela, possède pas mal de défauts (lenteur, scénario, etc).

Je crois l'avoir mentionné dans un commentaire ici ou sur un autre blog, mais j'ai bien affirmé que "Tree of Life" est un film que je dois me programmer dans 10 ans. Mais je peux te dire que quand tu passes 2h30 à regarder la porte de sortie (quitter la salle, or not quitter la salle, that is the question !) et à regarder sa montre, se défouler sur son blog est tout à fait justifiable, Malick ou non.

Car c'est ce que je ressens dans tous les commentaires qui me reprochent de m'être trop acharné sur ce film. J'ai l'impression qu'on peut ne pas aimer, mais qu'il est impossible de démolir. Si c'était Max Pécas qui avait réalisé ce même-film au plan près, ton commentaire n'aurait pas du tout été tourné de la même façon...

Beru59 18/06/2011 16:49

cinécibleA tous ceux qui se disent cinéphile, c'est à dire amateurs de cinéma tout simplement, et qui sont passés à côté de ce film, je recommande d'aller le revoir; ou peut être d'attendre quelques années et d'aller le revoir.

J'ai connu quelques films que j'ai revu 10, 20 ou 30 ans plus tard et dont j'ai pu apprécier la portée.
"The tree of life" est du cinéma. Impossible d'imaginer l'objet sur un autre support. Ce n'est que du cinéma avec cette capacité de nous faire ressentir des émotions fortes et justes. Faire vibrer des cordes.
On est dans le brut.

On peut être passé à coté de "Apocalypse now", par ex, et on peut aussi le revoir aujourd'hui et se laisser embarquer.

"Œuvre née du narcissisme puant d'un metteur en scène qui a légèrement tendance à se prendre pour Kubrick (enfin, surtout par le biais des médias), The Tree of Life, film médiocre au milieu des autres films médiocres de cette année (je vous refais pas la liste) est tout ce qui se fait de plus prétentieux au cinéma."

Démarrer une critique de film par cette phrase laisse à penser que tu n'es pas dans la critique mais le défouloir.
Je suis sur que si tu es cinéphile, un jour tu auras des frissons et la chair de poule en voyant "The tree of life".
Mais sinon, y'a rien de grave.

corsu61 06/06/2011 20:19

Je n'avais déjà pas trop envie de le voir, mais à lire tes commentaires, j'en ai encore moins envie... Il va falloir que je me forçe... En tout cas, ton blog est toujours aussi intéressant. Félicitations

copa738 31/05/2011 17:19

@ Platinoch : Je mettrai le niveau d'emmerdement aux côtés du "Voyage extraordinaire de Samy"...

@ Chritophe : Ce que je trouve dommage, c'est que beaucoup d'images ont l'ait d'être extraites de "Home" de Y-A Bertrand, le reste étant puisé des fonds d'écran Windows Vista. Donc ça me gène vraiment ce genre d'images, surtout qu'elle n'illustrent aucun but concret du film, ou alors j'ai mal compris...

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