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Copa Cinema

Copa Cinema

De la critique subjective mais juste


Festival Télérama 2014

Publié par copa738 sur 23 Janvier 2014, 21:31pm

Catégories : #Critiques express

Festival Télérama 2014

La Danza de la Realidad (Alejandro Jodorowsky)

 

Synopsis : "M'étant séparé de mon moi illusoire, j'ai cherché désespérément un sentier et un sens pour la vie." Cette phrase définit parfaitement le projet biographique d'Alejandro Jodorowsky : restituer l'incroyable aventure et quête que fut sa vie. Le film est un exercice d’autobiographie imaginaire. Né au Chili en 1929, dans la petite ville de Tocopilla, où le film a été tourné, Alejandro Jodorowsky fut confronté à une éducation très dure et violente, au sein d’une famille déracinée. Bien que les faits et les personnages soient réels, la fiction dépasse la réalité dans un univers poétique où le réalisateur réinvente sa famille et notamment le parcours de son père jusqu’à la rédemption, réconciliation d’un homme et de son enfance.

 

Une pierre jetée dans l'eau qui tue tous les poissons de l'océan, une femme qui urine sur son mari pour le guérir de la peste, un prêtre qui dépose une tarentule sur la main d'un vagabond qui a les mains paralysées, une femme qui ne s'exprime qu'en chantant, un dresseur de chevaux qui met fin à ses jours en se faisant enterrer vivant : l'univers de Jodorowsky s'impose la limite de l'imaginaire, tout est donc permis. Il se raconte, se livre dans cette autobiographie un peu particulière, cette grande fresque semi-historique où la réalité danse et s'éloigne de ses lignes pour offrir un film complètement fou. Inspiré de l'enfance de son auteur, La Danza de la Realidad est un conte, une initiation à la vie, une réconciliation entre Jodorowsky et son passé (visiblement) douloureux. Voguant entre faits réels (lieux, époque, père communiste et stricte, mère un peu soumise) et vérité détournée (toutes ces extravagances, ces scènes hautes en couleur qui dépassent l'idée de surréalisme), le dernier film du cinéaste chilien est un hymne à l'amour, au courage, à la rédemption et qui prône la paix intérieure. Un grand film comme on en voit rarement, d'un réalisateur qui après deux décennies de silence, revient et revient bien, malgré quelques longueurs et scènes inutiles.

 

4 étoiles-copie-1

 

Festival Télérama 2014

Snowpiercer (Bong Joon Ho)

 

Synopsis : 2031. Une nouvelle ère glaciaire. Les derniers survivants ont pris place à bord du Snowpiercer, un train gigantesque condamné à tourner autour de la Terre sans jamais s’arrêter. Dans ce microcosme futuriste de métal fendant la glace, s’est recréée une hiérarchie des classes contre laquelle une poignée d’hommes entraînés par l’un d’eux tente de lutter. Car l’être humain ne changera jamais…

 

Quel chef d’œuvre ce Snowpiercer aurait été eu si sa fin n'avait pas été loupée. Qu'on se le dise clairement : le dernier film de Bong Joon Ho est un énorme bâton de dynamite qui ne cesse d'exploser une fois la mèche allumée. L'univers futuriste (pessimiste forcement) qui nous est offert ici est tout simplement remarquable : le train ne semble n'avoir ni de début ni de fin. La fascination devant les images (la scène dans le sauna, les jardins, la boite de nuit) et des séquences monstrueuses (baston avec les hommes cagoulés, la première offensive, la scène avec les œufs) sont de parfaites illustrations de la réussite du film. Le rythme entretenu est effréné et peu importe l'intrigue (très simple mais captivante), le spectacle est au rendez-vous. Le film atteint son apogée lors du monologue plein de détresse de Curtis (excellent Chris Evans), digne de celui de Blade Runner. Ce passage là est un véritable chef d’œuvre à lui tout seul, l'émotion y est maximale et la tension également. Tout ce qui suit cette scène est superflu (rencontre décevante avec Wilford, trop d'explications, coups de théâtres inutiles, épilogue hollywoodien), mais ne vient heureusement pas gâcher l'immense sensation d'avoir vu un très grand film.

 

4 étoiles-copie-1

 

Festival Télérama 2014

A Touch a Sin (Jia Zhang Ke)

 

Synopsis : Dahai, mineur exaspéré par la corruption des dirigeants de son village, décide de passer à l’action. San’er, un travailleur migrant, découvre les infinies possibilités offertes par son arme à feu. Xiaoyu, hôtesse d’accueil dans un sauna, est poussée à bout par le harcèlement d’un riche client. Xiaohui passe d’un travail à un autre dans des conditions de plus en plus dégradantes. Quatre personnages, quatre provinces, un seul et même reflet de la Chine contemporaine : celui d’une société au développement économique brutal peu à peu gangrenée par la violence.

 

On l'avait en général encensé, A Touch of Sin est pourtant une énigme, un film long et chiant dont on ne comprend finalement pas le but, ni le pourquoi du comment. Derrière toute cette violence, que se cache-t-il ? Les décors (ruraux et urbains) d'une Chine sous son plus mauvais aspect, sont d'une plasticité qui déroute, et le sang qui jaillit et se projette sur les visages a un impact visuel indéniable. Et ensuite ? Rien, si ce n'est le sentiment qu'à part ce déclenchement soudain de la violence chez des individus normaux, et le fait qu'ils se ''croisent'' durant le film, le lien entre les sketchs semble flou pour ne pas dire absent. Le thème est similaire mais où est la connexion ? Ou plutôt : Le film à sketch est-il un support adapté à ce thème ? Outre le fait que le film ai des qualités (bien réalisé, bien joué, aux images et aux scènes puissantes), on n'en voit pas l'objectif si bien qu'on tourne vite en rond. En plus de cela, les petites histoires sont prévisibles, ce qui en retire toute la ''magie'' (si tant est qu'il y en ait eu). A Touch of Sin est un peu un chien qui essaie de se mordre la queue mais qui ne comprends pas pourquoi il n'y arrive pas. Ça tombe bien, nous non-plus on ne comprends pas.

 

2 étoiles

 

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dasola 26/02/2014 17:48

Bonsoir, je suis contente de me sentir moins seule face aux louanges sur "A Touch of sin": c'est en effet un film pas spécialement passionnant, trop violent et que ne (dé)montre rien. Et cela manque cruellement d'humour et de second degré. Je comprends que les officiels chinois ne soient pas à la fête, ce n'est pas bon pour le tourisme. Bonne soirée.

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